« La règle suprême de la correction fraternelle c’est l’amour »

« La règle suprême de la correction fraternelle c’est l’amour: vouloir le bien de nos frères et sœurs ». « Et si vous élevez la voix, aimez intérieurement », a ajouté le pape.

Catéchèse sur la Lettre aux Galates – 14. Marcher selon l’Esprit

Chers frères et sœurs, bonjour !

Dans le passage de la Lettre aux Galates que nous venons d’écouter, saint Paul exhorte les chrétiens à marcher selon l’Esprit Saint (cf. 5,16.25). Il existe un style : marcher selon le Saint-Esprit. En effet, croire en Jésus signifie le suivre, aller derrière sur son chemin, comme l’ont fait les premiers disciples. Et en même temps, cela signifie éviter le chemin opposé, celui de l’égoïsme, de la recherche de son propre intérêt, que l’Apôtre appelle « le désir de la chair » (v. 16). L’Esprit est le guide de cette marche sur le chemin du Christ, un cheminement merveilleux mais aussi fatigant qui commence au baptême et dure toute la vie. Pensons à une longue randonnée en haute montagne : elle est fascinante, l’objectif nous attire, mais requiert beaucoup d’efforts et de ténacité.

Cette image peut nous être utile pour entrer dans le mérite des paroles de l’Apôtre : « marcher selon l’Esprit », « se laisser guider » par Lui. Ce sont des expressions qui indiquent une action, un mouvement, un dynamisme qui nous empêche de nous arrêter aux premières difficultés, mais nous pousse à faire confiance à la « force qui vient d’en haut » (Pasteur d’Hermas, 43, 21). En suivant ce chemin, le chrétien acquiert une vision positive de la vie. Cela ne signifie pas que le mal présent dans le monde a disparu, ni que les impulsions négatives de l’égoïsme et de l’orgueil ont disparu ; cela signifie plutôt croire que Dieu est toujours plus fort que nos résistances et plus grand que nos péchés. Et ceci est important : croire que Dieu est plus grand, toujours. Plus grand que nos résistances, plus grand que nos péchés.

En exhortant les Galates à suivre cette voie, l’Apôtre se met à leur niveau. Il abandonne le verbe à l’impératif – « marchez » (v. 16) – et il utilise le « nous » à l’indicatif: « marchons selon l’Esprit » (v. 25). Comme pour dire : marchons sur la même ligne et laissons-nous guider par l’Esprit Saint. C’est une exhortation, un mode exhortatif. Cette exhortation Saint Paul la ressent également comme nécessaire pour lui-même. Bien qu’il sache que le Christ vit en lui (cf. 2,20), il est également convaincu qu’il n’a pas encore atteint le but, le sommet de la montagne (cf. Ph 3,12).

L’Apôtre ne se place pas au-dessus de sa communauté, il ne dit pas : « Je suis le chef, vous êtes les autres ; j’ai atteint le sommet de la montagne et vous êtes en chemin » – il ne dit pas cela -mais il se place au milieu du cheminement de tous, pour donner l’exemple concret de la nécessité d’obéir à Dieu, en répondant toujours plus et toujours mieux à la direction de l’Esprit. Et comme c’est beau quand on trouve des pasteurs qui marchent avec le [il dit : son] peuple, qui ne se séparent pas ; « Non, je suis plus important, je suis un pasteur ».  Toi … », « Je suis prêtre », « Je suis évêque », avec le nez en l’air. Non : des pasteurs qui marchent avec le peuple. C’est tellement beau. Ça fait du bien à l’âme.

Cette « marche selon l’Esprit » n’est pas seulement une action individuelle : elle concerne aussi la communauté dans son ensemble. En effet, construire la communauté en suivant le chemin indiqué par l’Apôtre est enthousiasmant, mais exigeant. Les « convoitises de la chair », « les tentations » – pour ainsi dire – que tous nous avons, c’est-à-dire les envies, les préjugés, les hypocrisies et les ressentiments continuent à se faire sentir, et le recours à des préceptes rigides peut être une tentation facile, mais ce faisant, on s’écarterait du chemin de la liberté et, au lieu de monter au sommet, on retournerait vers le bas. Suivre le chemin de l’Esprit exige tout d’abord que nous fassions de la place à la grâce et à la charité. Faire place à la grâce de Dieu.

Ne pas avoir peur. Après avoir fait entendre sa voix de manière sévère, Paul invite les Galates à prendre en charge les difficultés des uns et des autres et, si quelqu’un devait commettre une erreur, à faire preuve de douceur (cf. 5,22). Écoutons ses paroles : « Frères, si quelqu’un est pris en faute, vous, les spirituels, remettez-le dans le droit chemin en esprit de douceur ; mais prenez garde à vous-mêmes : vous pourriez être tentés, vous aussi. Portez les fardeaux les uns des autres : ainsi vous accomplirez la loi du Christ » (6,1-2). Une attitude très différente de celle qui consiste à jaser quand on voit quelque chose, jacasser contre cela, n’est-ce pas ? Éplucher [cancaner sur] son prochain. Non, cela n’est pas selon l’Esprit. Selon l’Esprit, c’est avoir cette douceur avec notre frère pour le corriger et veiller sur nous-mêmes pour ne pas tomber dans ces péchés, c’est l’humilité.

En effet, lorsque nous sommes tentés de mal juger les autres, comme c’est souvent le cas, nous devons d’abord réfléchir à notre propre fragilité. Comme il est facile de critiquer les autres ! Mais il y a des gens qui semblent avoir un diplôme en commérage. Tous les jours, ils critiquent les autres. Mais regarde-toi toi-même ! Il est bon de se demander ce qui nous pousse à corriger un frère ou une sœur, et si nous ne sommes pas en quelque sorte coresponsables de son erreur. L’Esprit Saint, en plus de nous faire le don de la douceur, nous invite à la solidarité, à porter les fardeaux des autres. Combien de fardeaux existent-ils dans la vie d’une personne : maladie, manque de travail, solitude, douleur… ! Et tant d’autres épreuves qui nécessitent la proximité et l’amour de nos frères et sœurs !

Les paroles de Saint Augustin peuvent également nous aider lorsqu’il commente ce même passage : «  Ainsi donc, frères, si quelqu’un est pris en défaut, […] corrigez-le de cette manière, avec douceur, avec douceur. Et si vous élevez la voix, aimez intérieurement. Soit que tu encourages, que tu te montres paternel, soit que tu reprennes, que tu sois sévère, aime » (Sermons 163/B 3). Aime toujours. La règle suprême de la correction fraternelle est l’amour : vouloir le bien de nos frères et sœurs. Et il s’agit aussi de tolérer les problèmes des autres, les défauts des autres en silence dans la prière, pour ensuite trouver la méthode adéquate pour l’aider à se corriger. Et ce n’est pas facile. Le moyen le plus simple c’est le bavardage. Raconter des ragots sur l’autre personne [l’éplucher] comme si moi j’étais parfait. Et on ne devrait pas faire comme cela. Douceur. Patience. Prière. Proximité.

 

Marchons joyeusement et patiemment sur ce chemin, en nous laissant guider par l’Esprit Saint. Merci.

Le primat de la vie dans l’Esprit Saint

« Seul l’Esprit d’amour peut changer le cœur de l’homme »

Le pape a fustigé ce qu’il appelle la « bureaucratie » de l’Eglise : « La vie de l’Esprit qui s’exprime dans les sacrements ne peut être étouffée par une bureaucratie qui empêche l’accès à la grâce de l’Esprit, auteur de la conversion du cœur. Et, si souvent, nous-mêmes, prêtres ou évêques, nous faisons beaucoup de bureaucratie pour donner un sacrement, pour accueillir les gens, qui par conséquent disent : « Non, celui-là ne me plaît pas », et ils s’en vont, et ils ne voient pas en nous, si souvent, la force de l’Esprit qui régénère, qui nous rend nouveaux. »

« Nous avons donc la grande responsabilité d’annoncer le Christ crucifié et ressuscité animés par le souffle de l’Esprit d’amour. Car seul cet Amour a la force d’attirer et de changer le cœur de l’homme », a conclu le pape.

 

13e catéchèse du pape François sur l’Epître aux Galates

Chers frères et sœurs, bonjour !

La prédication de saint Paul est centrée sur Jésus et sur son mystère pascal. En effet, l’Apôtre se présente comme héraut du Christ, et du Christ crucifié (cf. 1 Co 2, 2). Aux Galates, tentés de fonder leur religiosité sur l’observance des préceptes et des traditions, il rappelle le centre du salut et de la foi : la mort et la résurrection du Seigneur. Il le fait en plaçant devant eux le réalisme de la croix de Jésus. Il écrit ceci : « Qui vous a enchanté ? Justement vous, aux yeux de qui Jésus-Christ crucifié a été représenté vivant ! » (Ga 3, 1). Qui vous a enchanté pour vous éloigner du Christ crucifié ? C’est un mauvais moment pour les Galates…

Aujourd’hui encore, beaucoup recherchent la sécurité religieuse plutôt que le Dieu vivant et vrai, se concentrant sur les rituels et les préceptes plutôt que d’embrasser complètement le Dieu de l’amour. Voilà la tentation des nouveaux fondamentalistes, ceux pour qui le chemin à parcourir semble effrayant et qui n’avancent pas mais reculent parce qu’ils se sentent plus en sécurité : ils recherchent la sécurité de Dieu et non le Dieu de la sécurité. C’est pourquoi Paul demande aux Galates de revenir à l’essentiel, à Dieu qui nous donne la vie dans le Christ crucifié. Il en témoigne en première personne : « J’ai été crucifié avec le Christ, et je ne vis plus, mais c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2,20). Et vers la fin de la Lettre, il affirme : « Quant à moi, qu’e je n’aie d’autre gloire que dans la croix de notre Seigneur Jésus-Christ » (6, 14).

Si nous perdons le fil de la vie spirituelle, si mille problèmes et pensées nous hantent, faisons nôtre le conseil de Paul : plaçons-nous devant le Christ Crucifié, repartons de Lui. Prenons le Crucifix dans nos mains, tenons-le serré sur nos coeurs. Ou arrêtons-nous en adoration devant l’Eucharistie, où Jésus est le Pain rompu pour nous, le Crucifié ressuscité, puissance de Dieu qui déverse son amour dans nos cœurs.

Et maintenant, toujours guidés par Saint Paul, faisons un pas de plus. Demandons-nous : que se passe-t-il lorsque nous rencontrons Jésus Crucifié dans la prière ? Ce qui s’est passé sous la croix se produit : Jésus remet l’Esprit (cf. Jn 19, 30), c’est-à-dire qu’il donne sa vie. Et l’Esprit, qui jaillit de la Pâque de Jésus, est le principe de la vie spirituelle. C’est Lui qui change le cœur : pas nos œuvres. C’est Lui qui change le cœur, pas les choses que nous faisons, mais l’action du l’Esprit Saint en nous change nos cœurs ! C’est lui qui guide l’Église, et nous sommes appelés à obéir à son action, qui souffle où et comme il veut.

D’autre part, c’est précisément le constat que l’Esprit Saint descendait sur tous et que sa grâce opérait sans exclusion qui convainquit même les plus réticents des Apôtres que l’Évangile de Jésus était destiné à tous et non à quelques privilégiés. Et ceux qui cherchent la sécurité, un petit groupe, des choses claires comme alors, s’éloignent de l’Esprit, ils ne laissent pas entrer en eux la liberté de l’Esprit. Ainsi, la vie de la communauté est régénérée dans l’Esprit Saint ; et c’est toujours grâce à lui que nous nourrissons notre vie chrétienne et que nous menons notre combat spirituel.

Le combat spirituel c’est justement un autre grand enseignement de la Lettre aux Galates. L’Apôtre présente deux faces opposées : d’une part les « œuvres de la chair », d’autre part les « fruits de l’Esprit ». Quelles sont les œuvres de la chair ? Ce sont des comportements contraires à l’Esprit de Dieu. L’Apôtre les appelle œuvres de la chair non pas parce qu’il y aurait quelque chose de mal ou de mauvais dans notre chair humaine; au contraire, nous avons vu comment il insiste sur le réalisme de la chair humaine portée par le Christ en croix ! La chair, c’est un mot qui désigne l’homme dans sa seule dimension terrestre, enfermé sur lui-même, dans une vie horizontale, où l’on suit les instincts mondains et où l’on ferme la porte à l’Esprit, qui nous élève et nous ouvre à Dieu et aux autres. .

Mais la chair rappelle aussi que tout cela vieillit, que tout cela passe, pourrit, tandis que l’Esprit donne la vie. Paul énumère donc les œuvres de la chair, qui renvoient à l’usage égoïste de la sexualité, aux pratiques magiques qui sont de l’idolâtrie et à ce qui mine les relations interpersonnelles, comme « la discorde, la jalousie, les dissensions, les divisions, les factions, l’envie… » ( cf Ga 5 , 19-21). Tout cela c’est le fruit – pour ainsi dire – de la chair, d’un comportement qui n’est qu’humain, humain  de façon« maladive », car l’humain a ses valeurs, mais tout cela est humain de façon « maladive » .

Le fruit de l’Esprit, d’autre part, est « amour, joie, paix, magnanimité, bienveillance, bonté, fidélité, douceur, maîtrise de soi » (Ga 5,22), dit Paul. Les chrétiens qui, dans le baptême, « sont revêtus du Christ » (Ga 3,27), sont appelés à vivre de cette manière. Ce peut être un bon exercice spirituel, par exemple, de lire la liste de saint Paul et de regarder sa propre conduite, pour voir si elle correspond, si notre vie est vraiment selon l’Esprit Saint, si elle porte ces fruits. Ma vie produit-elle ces fruits d’amour, de joie, de paix, de magnanimité, de bienveillance, de bonté, de fidélité, de douceur, de maîtrise de soi ? Par exemple, les trois premiers énumérés sont l’amour, la paix et la joie : à cela nous reconnaissons une personne habitée par l’Esprit Saint. Une personne qui est en paix, qui est joyeuse et qui aime : à ces trois traces on voit l’action de l’Esprit.

Cet enseignement de l’Apôtre pose un grand défi à nos communautés aussi. Parfois, ceux qui s’approchent de l’Église ont l’impression d’être confrontés à une masse dense de commandements et de préceptes : mais non, cela ce n’est pas l’Église ! Cela peut être n’importe quelle association. Car, en réalité, on ne peut pas saisir la beauté de la foi en Jésus-Christ en partant de trop de commandements et d’une vision morale qui, en se développant dans de nombreux courants, peut faire oublier la fécondité originelle de l’amour, nourri par la prière qui donne la paix, et d’un témoignage joyeux.

De même, la vie de l’Esprit qui s’exprime dans les sacrements ne peut être étouffée par une bureaucratie qui empêche l’accès à la grâce de l’Esprit, auteur de la conversion du cœur. Et si souvent nous-mêmes, prêtres ou évêques, nous faisons beaucoup de bureaucratie pour donner un sacrement, pour accueillir les gens, qui par conséquent disent : « Non, celui-là ne me plaît pas », et ils s’en vont, et ils ne voient pas en nous, si souvent, la force de l’Esprit qui régénère, qui nous rend nouveaux. Nous avons donc la grande responsabilité d’annoncer le Christ crucifié et ressuscité animés par le souffle de l’Esprit d’amour. Car seul cet amour a la force d’attirer et de changer le cœur de l’homme.

 

 

« La liberté chrétienne, ferment universel de libération »

« La liberté chrétienne, ferment universel de libération »: c’est le thème de la 11e catéchèse du pape François sur l’épître de saint Paul aux Galates..

Le pape a expliqué le rapport de la foi aux cultures: « Dans l’appel à la liberté, nous découvrons le vrai sens de l’inculturation de l’Évangile. Quel est ce vrai sens ? Être capable d’annoncer la Bonne Nouvelle du Christ Sauveur tout en respectant ce qui est bon et vrai dans les cultures. Ce n’est pas facile ! »

Le pape a aussi évoqué l’évolution des cultures et l’annonce de l’Evangile aux jeunes: « La culture est, par sa nature même, en constante transformation. Pensez à la manière dont nous sommes appelés à proclamer l’Évangile en ce moment historique de grands changements culturels, où une technologie toujours plus avancée semble avoir la suprématie. Si nous prétendions parler de la foi comme nous le faisions dans les siècles passés, nous risquerions de ne plus être compris par les nouvelles générations. »

« Et c’est le grand don que nous a fait Jésus-Christ. Le Seigneur nous a libérés de l’esclavage gratuitement et nous a mis sur le chemin pour marcher en toute liberté », a conclu le pape François.

AB

Catéchèse sur la Lettre aux Galates – 11. La liberté chrétienne, ferment universel de libération

Chers frères et sœurs, bonjour !

Dans notre itinéraire de catéchèse sur la Lettre aux Galates, nous avons pu nous focaliser sur ce que Saint Paul considère comme le noyau central de la liberté : le fait que, par la mort et la résurrection de Jésus-Christ, nous avons été libérés de l’esclavage du péché et de la mort. En d’autres termes : nous sommes libres parce que nous avons été libérés, libérés par grâce – et non par paiement -, libéré par l’amour, qui devient la loi suprême et nouvelle de la vie chrétienne. L’amour : nous sommes libres parce que nous avons été libérés gratuitement. C’est précisément le point-clé.

Aujourd’hui, je voudrais souligner comment cette nouveauté de vie nous ouvre à l’accueil de chaque peuple et de chaque culture et, en même temps, ouvre chaque peuple et chaque culture à une liberté plus grande. Saint Paul en fait dit que pour qui adhère au Christ, il n’importe plus d’être juif ou païen. Ce qui compte, c’est seulement « la foi, qui agit par la charité » (Ga 5,6). Croire que nous avons été libérés et croire en Jésus-Christ qui nous a libérés : c’est la foi agissant par la charité. Les détracteurs de Paul – ces fondamentalistes qui étaient arrivés là – l’attaquaient pour cette nouveauté, affirmant qu’il avait pris cette position par opportunisme pastoral, c’est-à-dire pour « plaire à tout le monde », en minimisant les exigences reçues de sa plus étroite tradition religieuse. C’est le même discours des fondamentalistes d’aujourd’hui : l’histoire se répète toujours. Comme on voit, la critique de toute nouveauté évangélique n’est pas seulement de notre époque, mais a une longue histoire. Paul, cependant, ne reste pas silencieux. Il répond avec la parrhésie – c’est un mot grec qui désigne le courage, la force – et s’exprime en disant : « Est-ce par des hommes ou par Dieu que je veux me faire approuver ? Est-ce donc à des hommes que je cherche à plaire ? Si j’en étais encore à plaire à des hommes, je ne serais pas serviteur du Christ ! » (Ga 1,10). Déjà dans sa première Lettre aux Thessaloniciens, il s’était exprimé en des termes similaires, disant que dans sa prédication il n’avait jamais usé « de mot de flatterie, ni […] de motifs intéressés, […] ». Il n’a pas non plus […] recherché la gloire qui vient des hommes, » (1Th 2, 5-6), qui sont les manières de « faire semblant » ; une foi qui n’est pas la foi, c’est la mondanité.

La pensée de Paul se révèle une fois de plus d’une profondeur inspirée. Pour lui, accepter la foi signifie renoncer non pas au cœur des cultures et des traditions, mais seulement à ce qui fait obstacle à la nouveauté et à la pureté de l’Évangile. Parce que la liberté obtenue par la mort et la résurrection du Seigneur n’entre pas en conflit avec les cultures, avec les traditions que nous avons reçues, mieux elle y introduit une liberté nouvelle, une nouveauté libératrice, celle de l’Évangile. La libération obtenue par le baptême, en effet, nous permet d’acquérir la pleine dignité d’enfants de Dieu, de sorte que, tout en restant fermement enracinés dans nos racines culturelles, en même temps nous nous ouvrons à l’universalisme de la foi, qui entre dans chaque culture, en reconnaît les germes de vérité présents et les développe, en portant à sa plénitude le bien qu’elle contient. Accepter que nous avons été libérés par le Christ – sa passion, sa mort, sa résurrection – c’est accepter et apporter la plénitude même aux différentes traditions de chaque peuple. La vraie plénitude.

Dans l’appel à la liberté, nous découvrons le vrai sens de l’inculturation de l’Évangile. Quel est ce vrai sens ? Être capable d’annoncer la Bonne Nouvelle du Christ Sauveur tout en respectant ce qui est bon et vrai dans les cultures. Ce n’est pas facile ! Les tentations sont nombreuses d’imposer son propre modèle de vie comme s’il était le plus évolué et le plus désirable. Combien d’erreurs ont été commises dans l’histoire de l’évangélisation en voulant imposer un seul modèle culturel ! L’uniformité comme règle de vie n’est pas chrétienne ! L’unité oui, l’uniformité non ! Parfois, on n’a même pas renoncé à la violence pour faire prévaloir son propre point de vue. Pensons aux guerres. L’Église a ainsi été privée de la richesse de tant d’expressions locales qui portent en elles les traditions culturelles de populations entières. Mais c’est exactement le contraire de la liberté chrétienne ! Par exemple, je me souviens de quand s’est établie la manière de faire l’apostolat en Chine avec le Père Ricci ou en Inde avec le Père De Nobili. … [Quelqu’un disait] : « Et non, ce n’est pas chrétien ! ». Oui, c’est chrétien, c’est dans la culture du peuple.

En définitive, xC’est le sens de se dire catholique, de parler de l’Église catholique : ce n’est pas une dénomination sociologique pour nous distinguer des autres chrétiens. Catholique est un adjectif qui signifie universel. Catholique est un adjectif qui signifie universel : la catholicité, l’universalité. Église universelle, c’est-à-dire catholique, veut dire, veut dire que l’Église a en elle-même, dans sa nature même, l’ouverture à tous les peuples et à toutes les cultures de tous les temps, parce que le Christ est né, est mort et est ressuscité pour tous.

La culture, en revanche, est, par sa nature même, en constante transformation. Pensez à la manière dont nous sommes appelés à proclamer l’Évangile en ce moment historique de grands changements culturels, où une technologie toujours plus avancée semble avoir la suprématie. Si nous prétendions parler de la foi comme nous le faisions dans les siècles passés, nous risquerions de ne plus être compris par les nouvelles générations. La liberté de la foi chrétienne – la liberté chrétienne – n’indique pas une vision statique de la vie et de la culture, mais une vision dynamique, une vision dynamique aussi de la tradition. La tradition croit mais toujours avec la même nature. Nous ne prétendons donc pas être en possession de la liberté. Nous avons reçu un don que nous devons garder. Il s’agit plutôt d’une liberté qui demande à chacun d’entre nous d’être constamment en marche, orienté vers sa plénitude. C’est la condition des pèlerins ; c’est l’état des voyageurs, dans un exode continu : libérés de l’esclavage pour marcher vers la plénitude de la liberté. Et c’est le grand don que nous a fait Jésus-Christ. Le Seigneur nous a libérés de l’esclavage gratuitement et nous a mis sur le chemin pour marcher en toute liberté.

 

 

La Lettre aux Galates - 12. La liberté se réalise dans la charité

Ces jours-ci, nous parlons de la liberté de la foi, en écoutant la Lettre aux Galates. Mais il m’est venu à l’esprit ce que Jésus disait sur la spontanéité et la liberté des enfants, quand cet enfant a eu la liberté de s’approcher et de se comporter comme s’il était chez lui... Et Jésus nous dit: «Vous aussi, si vous ne devenez pas comme des enfants, vous n’entrerez pas dans le -Royaume des cieux». Le courage de s’approcher du Seigneur, d’être ouverts au Seigneur, de ne pas avoir peur du Seigneur: je remercie cet enfant pour la leçon qu’il nous a donnée à tous. Et que le Seigneur l’aide dans ses limites, dans sa croissance, parce qu’il a apporté ce témoignage qui lui est venu du cœur.  Les enfants n’ont pas de traducteur automatique du cœur à la vie: le cœur va de l’avant.

L’apôtre Paul, dans sa Lettre aux Galates, nous introduit dans la grande nouveauté de la foi, lentement. C’est véritablement une grande nouveauté, parce qu’elle ne renouvelle pas seulement certains aspects de la vie, mais nous conduit dans cette «vie nouvelle» que nous avons reçue à travers le baptême. C’est là que s’est déversé sur nous le don le plus grand, celui d’être fils de Dieu. Renés dans le Christ, nous sommes passés d’une religiosité faite de préceptes à la foi vivante,  qui a son centre dans la communion avec Dieu et avec nos frères, c’est-à-dire dans la charité. Nous sommes passés de l’esclavage de la peur et du péché à la liberté des fils de Dieu. Encore une fois le mot liberté.  

Nous cherchons aujourd’hui à mieux comprendre quel est pour l’apôtre le cœur de cette liberté. Paul affirme qu’elle n’est absolument pas «prétexte pour la chair» (Ga 5, 13): c’est-à-dire que la liberté ne signifie pas vivre en libertin, selon la chair, c’est-à-dire selon l’instinct, les envies individuelles et ses pulsions égoïstes; au contraire, la liberté de Jésus nous conduit à être — écrit l’apôtre — «au service les uns des autres» (ibid.). Mais cela est-il de l’esclavage? Et oui, la liberté dans le Christ possède certains «esclavages», des dimensions qui nous conduisent au service, à vivre pour les autres. La véritable liberté, en d’autres termes, s’exprime pleinement dans la charité. Une fois de plus, nous nous trouvons devant le paradoxe de l’Evangile: nous sommes libres en servant, pas en faisant ce que nous voulons. Nous sommes libres en servant, et c’est de là que vient la liberté; nous nous trouvons pleinement dans la mesure où nous nous donnons. Nous nous trouvons pleinement dans la mesure où nous nous donnons, nous avons le courage de nous donner; nous possédons la vie si nous la perdons (cf. Mc 8, 35). Cela est pur Evangile. 

Mais comment s’explique ce paradoxe? La réponse de l’apôtre est aussi simple qu’exigeante: «par l’amour» (Ga 5, 13). Il n’y a pas de liberté sans amour. La liberté égoïste de faire ce que je veux n’est pas une liberté, parce qu’elle tourne sur elle-même, elle n’est pas féconde. C’est  l’amour du Christ qui nous a libérés et c’est encore l’amour qui nous libère du pire des esclavages, celui de notre ego; la liberté croît donc avec l’amour. Mais attention: pas avec l’amour de l'intimité, avec l’amour des feuilletons, pas avec la passion qui cherche simplement ce qui nous convient et ce qui nous plaît, mais avec l’amour que nous voyons dans le Christ, la charité: c’est l’amour qui est vraiment libre et libérateur. C’est l’amour qui resplendit dans le service gratuit, modelé sur celui de Jésus, qui lave les pieds de ses disciples et dit: «Car c’est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi comme moi j’ai fait pour vous» (Jn 13, 15). Servir les uns les autres.

Pour Paul donc, la liberté n’est pas de «faire ce qu’il me plaît». Ce type de liberté, sans fin et sans référence, serait une liberté vide, une liberté de cirque: cela ne va pas. En effet, elle laisse un vide à l’intérieur: combien de fois, après avoir suivi uniquement notre instinct, nous nous apercevons que nous restons avec un grand vide à l’intérieur et que nous avons mal utilisé le trésor de notre liberté, la -beauté de pouvoir choisir le véritable bien pour nous et pour les autres. Seule cette liberté est pleine, concrète, et nous insère pleinement dans la vie réelle de chaque jour. La véritable liberté nous libère toujours, en revanche, quand nous recherchons la liberté de «ce qui me plaît et ne me plaît pas», à la fin nous restons -vides.

Dans une autre lettre, la première aux Corinthiens, l’apôtre répond à ceux qui soutiennent une idée erronée de liberté. «Tout est permis!» disent-ils. «Oui, mais tout n’est pas profitable», répond Paul. «Tout est permis; mais tout n’édifie pas», répond l’apôtre, qui ajoute ensuite: «Que personne ne cherche son propre intérêt, mais celui d'autrui» (1 Co 10, 23-24). Telle est la règle pour démasquer toute liberté égoïste. Devant ceux qui sont tentés de réduire la liberté uniquement à leurs propres goûts, Paul place l’exigence de l’amour. La liberté guidée par l’amour est la seule qui rende libres les autres et nous-mêmes, qui sait écouter sans imposer, qui sait aimer sans contraindre, qui édifie et ne détruit pas, qui n’exploite pas les autres pour son propre intérêt et qui leur fait du bien sans rechercher de profit personnel. En somme, si la liberté n’est pas au service — cela est le test  — si la liberté n’est pas au service du bien, elle risque d’être stérile et de ne pas porter de fruit. En revanche, la liberté animée par l’amour conduit vers les pauvres, en reconnaissant dans leur visage celui du Christ. C’est pourquoi le service des uns envers les autres permet à Paul, en écrivant aux Galates, de souligner quelque chose de très important: ainsi, en parlant de la liberté que les autres apôtres lui ont donnée d’évangéliser, il souligne qu’ils ne lui recommandèrent qu’une chose: de se rappeler des pauvres (cf. Ga 2, 10). Cela est intéressant. Quand, après la lutte idéologique entre Paul et les apôtres, ils se sont mis d’accord,  que lui ont dit les apôtres? «Va de l’avant, va de l’avant et n’oublie pas les pauvres», c’est-à-dire que ta liberté de prédication soit une liberté au service des autres, non pas pour toi-même, pour faire ce qu’il te plaît. 

Nous savons en revanche qu’une des conceptions modernes les plus répandues sur la liberté est celle-ci: «Ma liberté finit là où commence la tienne». Mais ici manque la relation, le rapport! C’est une vision individualiste. Au contraire, celui qui a reçu le don de la libération opérée par Jésus ne peut penser que la liberté  consiste à se tenir éloigné des autres, les considérant comme une gêne, il ne peut voir l’être humain retranché sur lui-même, mais toujours inséré dans une communauté. La dimension sociale est fondamentale pour les chrétiens, et leur permet de regarder le bien commun et non l’intérêt privé.

Surtout en ce moment historique, nous avons besoin de redécouvrir la dimension communautaire, pas individualiste, de la liberté: la pandémie nous a enseigné  que nous avons besoin les uns des autres, mais il ne suffit pas de le savoir, il faut le choisir chaque jour concrètement, décider de suivre cette voie. Nous décidons et nous -croyons que les autres ne sont pas un obstacle à ma liberté, mais sont la possibilité de la réaliser pleinement. Parce que notre liberté naît de l’amour de Dieu et croît dans la charité.

 

 

«Le difficile chemin de la vérité et de la liberté»

« Demeurer en Jésus, source de la vérité qui nous rend libres » 

 « Le chemin de la vérité et de la liberté est un chemin difficile qui dure toute la vie », affirme le pape François. Sur ce chemin, « nous sommes guidés et soutenus par l’amour qui vient de la Croix : l’amour qui révèle la vérité et nous donne la liberté ».

C’est ce que le pape a dit dans sa catéchèse sur la liberté chrétienne à l’audience générale de ce mercredi matin, 6 octobre 2021, dans la salle Paul VI du Vatican.

Le pape a cité saint Paul qui, dans la Lettre aux Galates, « invite les chrétiens à tenir bon dans la liberté qu’ils ont reçue par le baptême, sans se laisser remettre sous le  » joug de l’esclavage  » ». L’apôtre, a expliqué le pape, invite « avant tout de demeurer en Jésus, source de la vérité qui nous rend libres ».

« La véritable liberté, la libération de l’esclavage du péché, a jailli de la Croix du Christ », a affirmé le pape. « Là même où Jésus s’est laissé clouer, Dieu a placé la source de la libération radicale de l’homme. » Cela peut provoquer un grand étonnement, a-t-il noté: « que le lieu où nous sommes dépouillés de toute liberté, à savoir la mort, puisse devenir la source de la liberté ». « Mais c’est le mystère de l’amour de Dieu ! », a déclaré le pape.

Voici la traduction officielle de la catéchèse donnée en italien.

– 10. Le Christ nous a libérés

Chers frères et sœurs, bonjour !

Nous reprenons aujourd’hui, notre réflexion sur la lettre aux Galates. Saint Paul y a écrit des paroles immortelles sur la liberté chrétienne. Qu’est-ce que la liberté chrétienne ? Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur ce thème : la liberté chrétienne.

La liberté est un trésor que l’on n’apprécie vraiment que lorsqu’on le perd. Pour beaucoup d’entre nous, habitués à vivre dans la liberté, celle-ci apparaît souvent plus comme un droit acquis que comme un don et un héritage à préserver. Combien de malentendus autour du thème de la liberté, et combien de visions différentes se sont affrontées au cours des siècles !

Dans le cas des Galates, l’Apôtre ne pouvait supporter que ces chrétiens, après avoir connu et accueilli la vérité du Christ, se laissent attirer par des propositions trompeuses, passant de la liberté à l’esclavage : de la présence de Jésus qui libère à l’esclavage du péché et du légalisme et ainsi de suite. Encore aujourd’hui, le légalisme est notre problème, le problème de nombreux chrétiens qui se réfugient dans le légalisme, dans la casuistique. Paul invite donc les chrétiens à tenir bon dans la liberté qu’ils ont reçue par le baptême, sans se laisser remettre sous le  » joug de l’esclavage  » (Ga 5,1). Paul est à juste titre jaloux de la liberté. Il est conscient que certains « faux frères » – c’est ainsi qu’il les désigne- se sont infiltrés comme des espions pour « épier », comme il l’écrit, « la liberté nous avons dans le Christ Jésus, afin de nous réduire en esclavage » (Ga 2,4), retourner en arrière, et cela Paul ne peut le tolérer. Une prédication qui entraverait la liberté dans le Christ n’est jamais évangélique : ce serait peut-être pélagien ou janséniste ou quelque chose du genre, mais pas évangélique. On ne peut jamais contraindre quelqu’un, ni le rendre esclave au nom de Jésus qui nous rend libres. La liberté est un don qui nous est donné dans le baptême.

Mais l’enseignement de saint Paul sur la liberté est avant tout positif. L’Apôtre propose l’enseignement de Jésus, que nous trouvons également dans l’Évangile de Jean : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. » (8,31-32). L’appel, par conséquent, est avant tout de demeurer en Jésus, source de la vérité qui nous rend libres. La liberté chrétienne repose donc sur deux piliers fondamentaux : premièrement, la grâce du Seigneur Jésus ; deuxièmement, la vérité que le Christ nous révèle et qui est lui-même.

Avant tout, c’est un don du Seigneur. La liberté que les Galates ont reçue – et nous comme eux avec le baptême – est le fruit de la mort et de la résurrection de Jésus. L’Apôtre concentre toute sa prédication sur le Christ, qui l’a libéré des liens de sa vie passée : c’est seulement de lui que jaillissent les fruits de la vie nouvelle selon l’Esprit. En fait, la véritable liberté, la libération de l’esclavage du péché, a jailli de la Croix du Christ.  Nous sommes libres de l’esclavage du péché par la croix du Christ. Là même où Jésus s’est laissé suspendre, s’est fait esclave, Dieu a placé la source de la libération radicale de l’homme. Cela ne cesse de nous étonner : que le lieu où nous sommes dépouillés de toute liberté, à savoir la mort, puisse devenir la source de la liberté. Mais c’est le mystère de l’amour de Dieu : on ne le comprend pas facilement, on le vit. Jésus lui-même l’avait annoncé lorsqu’il dit : « Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau. Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau » (Jn 10, 17-18). Jésus réalise sa pleine liberté en se livrant à la mort ; il sait qu’ainsi seulement, il peut obtenir la vie pour tous.

Paul, nous le savons, avait fait l’expérience directe de ce mystère d’amour. C’est pourquoi il dit aux Galates, avec une expression extrêmement audacieuse : « J’ai été crucifié avec le Christ » (Ga 2,19). Dans cet acte d’union suprême avec le Seigneur, il sait qu’il a reçu le plus grand don de sa vie : la liberté. Sur la Croix, en effet, il a cloué « la chair avec ses passions et ses désirs » (5,24). Nous comprenons combien la foi animait l’Apôtre, combien grande était son intimité avec Jésus et si, d’un côté, nous sentons que cela nous manque, de l’autre, le témoignage de l’Apôtre nous encourage à aller en avant dans cette vie de liberté. Le chrétien est libre, doit être libre et est appelé à ne pas retourner à être esclave de préceptes, de choses étranges.

 

Le deuxième pilier de la liberté est la vérité. Ici aussi, il est nécessaire de se rappeler que la vérité de la foi n’est pas une théorie abstraite, mais la réalité du Christ vivant, qui touche directement le sens quotidien et global de la vie personnelle. Combien de personnes qui n’ont pas étudié, ni même ne savent ni lire ni écrire, mais ont bien compris le message du Christ, ont cette sagesse qui les rend libres. C’est la sagesse du Christ qui est entrée par l’Esprit Saint avec le baptême. Combien de personnes trouvons-nous qui vivent la vie du Christ plus que les grands théologiens par exemple, offrant un grand témoignage de la liberté de l’Évangile. La liberté nous rend libres dans la mesure où elle transforme la vie d’une personne et l’oriente vers le bien. Pour être vraiment libres, nous avons besoin non seulement de nous connaître, au niveau psychologique, mais surtout de faire la vérité en nous-mêmes, à un niveau plus profond. Et là, dans le cœur, nous ouvrir à la grâce du Christ. La vérité doit nous inquiéter – revenons à ce mot très chrétien : l’inquiétude. Nous savons qu’il y a des chrétiens qui jamais ne s’inquiètent : ils vivent toujours de la même manière, il n’y a pas d’impulsion dans leur cœur, il n’y a pas l’inquiétude. Pourquoi ? Car l’inquiétude est le signe que l’Esprit Saint est en train de travailler en nous à l’intérieur, et la liberté est une liberté active, suscitée par la grâce de l’Esprit Saint. C’est pourquoi je dis que la liberté doit nous inquiéter, doit nous poser sans cesse des questions, afin que nous puissions aller toujours plus au fond de ce que nous sommes vraiment. Nous découvrons ainsi que le chemin de la vérité et de la liberté est un chemin difficile qui dure toute la vie. C’est difficile de rester libre, c’est difficile, mais ce n’est pas impossible. Courage, allons-y, ça nous fera du bien. C’est un chemin où nous sommes guidés et soutenus par l’amour qui vient de la Croix : l’amour qui révèle la vérité et nous donne la liberté. Et c’est le chemin du bonheur. La liberté nous rend libres, nous rends joyeux, nous rends heureux.