Le catholique « a le devoir d’être proche de ses frères les plus faibles et de prendre en charge leurs fragilités », souligne le pape François. Ainsi la communauté catholique n’est pas « une communauté dans laquelle certains sont de ‘ligue 1’, à savoir les forts, et les autres de ‘ligue 2’, à savoir les faibles ».

Le pape a continué ses catéchèses sur « l’espérance chrétienne ». Il s’est arrêté sur « deux attitudes extrêmement importantes pour notre vie et notre expérience de foi : la ‘persévérance’ et  le ‘réconfort’ ». « La Parole nous révèle que le Seigneur est vraiment ‘ le Dieu de la persévérance et du réconfort’ », a-t-il déclaré : « Il nous aime toujours » et il recouvre « nos blessures » « avec la caresse » « de sa miséricorde ».

« Saint Paul nous rappelle, a dit le pape,  que la persévérance et le réconfort nous sont transmis en particulier par les Écritures ».  Le Christ « demeure toujours fidèle à son amour pour nous, c’est-à-dire qu’il est persévérant dans l’amour avec nous », a-t-il expliqué. « Et il prend soin de nous, … il nous réconforte. »

« La persévérance » pourrait être aussi définie, selon le pape, « comme la patience : c’est la capacité de supporter, de porter sur les épaules ». Tandis que « le réconfort »  « est la grâce de savoir saisir et montrer en toute situation … la présence et l’action pleine de compassion de Dieu ».

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

Depuis déjà quelques semaines, l’apôtre Paul nous aide à mieux comprendre en quoi consiste l’espérance chrétienne. Et nous avons dit que ce n’était pas de l’optimisme, que c’était autre chose. Et l’apôtre nous aide à comprendre cela. Aujourd’hui, il le fait en la rapprochant de deux attitudes extrêmement importantes pour notre vie et notre expérience de foi : la « persévérance » et  le « réconfort » (vv.4.5). Dans le passage de la lettre aux Romains que nous venons d’écouter, elles sont nommées deux fois : d’abord en référence aux Écritures et ensuite à Dieu lui-même. Quelle est leur signification la plus profonde, la plus vraie ? Et de quelle manière font-elles la lumière sur la réalité de l’espérance ? Ces deux attitudes : la persévérance et le réconfort.

Nous pourrions également définir la persévérance comme la patience : c’est la capacité de supporter, de porter sur les épaules, « sup-porter », de rester fidèle, même quand le poids semble devenir trop grand, insoutenable, et que nous serions tentés de juger négativement et d’abandonner tout et tout le monde. Le réconfort, en revanche, est la grâce de savoir saisir et montrer en toute situation, même dans celles qui sont le plus marquées par la désillusion et par la souffrance, la présence et l’action pleine de compassion de Dieu. Maintenant, saint Paul nous rappelle que la persévérance et le réconfort nous sont transmis en particulier par les Écritures (v.4), c’est-à-dire par la Bible. En effet, la Parole de Dieu, en premier lieu, nous pousse à tourner le regard vers Jésus, à mieux le connaître et à nous conformer à lui, à lui ressembler toujours plus. En second lieu, la Parole nous révèle que le Seigneur est vraiment « le Dieu de la persévérance et du réconfort » (v.5), qui demeure toujours fidèle à son amour pour nous, c’est-à-dire qu’il est persévérant dans l’amour avec nous, il ne se lasse pas de nous aimer ! Il est persévérant : il nous aime toujours ! Et il prend soin de nous, recouvrant nos blessures avec la caresse de sa bonté et de sa miséricorde, c’est-à-dire qu’il nous réconforte. Il ne se lasse pas non plus de nous réconforter.

Dans cette perspective, on comprend aussi l’affirmation initiale de l’apôtre : « Nous, les forts, nous devons porter la fragilité des faibles, et non pas faire ce qui nous plaît » (v.1). Cette expression, « nous les forts » pourrait sembler présomptueuse, mais dans la logique de l’Évangile, nous savons qu’il n’en est pas ainsi, ou plutôt, c’est exactement le contraire parce que notre force ne vient pas de nous, mais du Seigneur. Qui fait l’expérience dans sa vie de l’amour fidèle de Dieu et de sa consolation est en mesure, ou plutôt a le devoir d’être proche de ses frères les plus faibles et de prendre en charge leurs fragilités. Si nous sommes proches du Seigneur, nous aurons cette force pour être proches des plus faibles, des plus démunis, pour les consoler et leur donner de la force. C’est ce que cela signifie. Cela nous pouvons le faire sans faire ce qui nous plaît, mais en sentant que nous sommes comme un « canal » qui transmet les dons du Seigneur ; et ainsi il devient concrètement un « semeur » d’espérance. C’est ce que le Seigneur nous demande avec cette force et cette capacité de réconforter et d’être des semeurs d’espérance. Et aujourd’hui, il est nécessaire de semer l’espérance, ce n’est pas facile…

Le fruit de ce style de vie n’est pas une communauté dans laquelle certains sont de « ligue 1 », à savoir les forts, et les autres de « ligue 2 », à savoir les faibles. Le fruit, au contraire, est, comme dit Paul, « être d’accord les uns avec les autres selon le Christ Jésus » (v.5). La parole de Dieu alimente une espérance qui se traduit concrètement dans le partage, un service réciproque. Parce que même celui qui est « fort » se retrouve tôt ou tard à expérimenter la fragilité et à avoir besoin du réconfort des autres ; et vice-versa dans la faiblesse, on peut toujours offrir un sourire ou une main au frère en difficulté. Et c’est une telle communauté qui « d’un même cœur et d’une seule voix rend gloire à Dieu » (cf. v.6). Mais tout ceci est possible si l’on met le Christ au centre avec sa Parole, parce qu’il est le « fort », il est celui qui nous donne la force, qui nous donne la patience, qui nous donne l’espérance, qui nous donne la consolation. Il est le « frère fort » qui prend soin de chacun de nous : en effet, nous avons tous besoin d’être portés sur les épaules du Bon Pasteur et de nous sentir enveloppés de son regard tendre et prévenant.

Chers amis, nous ne remercierons jamais suffisamment Dieu pour le don de sa Parole qui se rend présente dans les Écritures. C’est là que le Père de notre Seigneur Jésus-Christ se révèle comme le « Dieu de la persévérance et du réconfort ». Et c’est là que nous devenons conscients de ce que notre espérance ne se fonde pas sur nos capacités et sur nos forces, mais sur le soutien de Dieu et sur la fidélité de son amour, c’est-à-dire sur la force et le réconfort de Dieu. Merci.