2020 : un bien beau nombre mais une année qui débute mal avec la Covid-19. Comment fêter sainte Germaine cette année en juin ? Parler de pèlerinage, pas facile : près de trois mois après le confinement, encore en phase de déconfinement, les organisateurs ont suggéré d’appeler modestement « Fête » les cérémonies en l’honneur de sainte Germaine. Il y aura des déçus, on le sait bien, mais quand s’imposent le respect des distances entre les personnes et tous les gestes barrière qui vont avec, chacun acceptera, nous l’espérons, dans l’intérêt de tous, les conditions exceptionnelles de la fête. Pour que même éloignés de Pibrac les amis de sainte Germaine se sentent proches tout sera mis en œuvre pour que la diffusion des célébrations eucharistiques soit accessible à tous par Internet.

   Sainte Germaine est habituée aux situations exceptionnelles. Le confinement, elle l’a vécu tout au long de sa vie, elle qui n’avait droit la nuit qu’à la compagnie de ses moutons dans la petite bergerie et qu’on préférait isoler le jour, dans les prés et les bois loin des enfants de la maison par crainte de contamination due à sa maladie des écrouelles. Elle, dans son cœur, ne se confinait guère puisqu’elle n’hésitait pas à se rendre à la messe dans l’église, quitte à confier son troupeau à sa quenouille et à affronter les crues du Courbet. Après sa mort, silence complet pendant quarante-quatre ans, avant la découverte de son corps parfaitement conservé, devenant objet de vénération pour les petites gens, de doutes pour les bien-pensants de la société et de l’Eglise, sans parler de l’opposition des obscurs révolutionnaires.

  Nous allons fêter sainte Germaine, bien sûr et sans hésiter, parce que nous avons confiance dans sa prière. Nous mettons nos pas dans les pas de tous ses amis qui viennent, depuis près de quatre siècles, confier leurs joies et leurs peines auprès de ses reliques et de ses statues. Nous avons tant à lui dire, de nos familles, de nos malades, de nos difficultés, de nos attentes et de nos échecs mais aussi de nos joies. Comme elle, nous aimons recevoir la communion et accueillir en nos cœurs le Corps de Celui qui a vaincu le mal et la mort et qui répand en nos vies la lumière de son Esprit. Avec elle, nous aspirons et travaillons à un monde meilleur pour qu’il devienne de plus en plus la maison commune voulue par le Créateur.

  « Sainte Germaine, toi qui as su mettre de grandes intentions à faire de petites choses, fais de chacun de nous un missionnaire de la tendresse de Dieu ».

Jean-Marie