DROIT DE REPONSE
ADRESSE AU DIRECTEUR DE PUBLICATION / REDACTEUR EN CHEF DE NOTRE VOIE
Droit de réponse de Mgr Marcellin YAO KOUADIO, Evêque de Yamoussoukro

Dans la parution de Notre Voie n.3750 du Mardi 7 Décembre 2010, en première page, était écrit de manière évidente et étonnante : Toumodi : Monseigneur Marcellin YAO attise la haine, Notre Voie déchiré dans les kiosques. A la page 8 du même quotidien, j’ai lu avec attention, lucidité, clairvoyance et objectivité l’article se rapportant à ma personne et à mon passage à la Paroisse st Michel de Toumodi. Après avoir reçu et écouté le Curé et le Conseil de ladite paroisse, suite au trouble et à la confusion que cet article pourrait susciter dans l’esprit de bien des personnes tant au niveau national qu’international, mesurant le discrédit qui pourrait naître sur ma personne et sur l’Eglise dont je suis l’humble serviteur, et habité par la sagesse de Dieu, j’ai mûri l’idée de faire ce droit de réponse, non pas pour susciter la polémique mais pour une mise au point par rapport à cet article que je considère comme une calomnie et une diffamation. En tant que pasteur et guide du peuple de Dieu, mon rôle et mon devoir en cette période post électorale n’est certainement pas d’attiser la haine et de semer la division mais plutôt de prêcher la paix, la tolérance et la réconciliation qui sont d’ailleurs des valeurs évangéliques.
Je veux ici remercier ceux qui ont su écouter et apprécier la profondeur de mon interpellation en ce Dimanche 5 Décembre 2010 à l’église de Toumodi. Je profite de cette tribune pour éclairer la conscience collective, lever toute équivoque et rassurer le peuple de Dieu ainsi que ceux qui me lisent  et/ou  m’écoutent. Je souhaite vivement que la vérité et la lumière soient faites. En outre, que l’objectivité, la rigueur et l’honnêteté intellectuelle soient rendues par rapport à mes propos tenus en ce jour. Au demeurant, relevons que la dignité, l’honneur et la liberté qui me caractérisent ne permettent pas que je sois à la solde d’une personne, d’un parti politique ou d’une quelconque structure ou institution. Je refuse, au nom de ma foi et de mes vives et profondes convictions, toute sorte de prise en otage par qui que ce soit.
Rappelons à juste titre que dans mes prédications habituelles et de manière constante, j’invite mes fidèles au travail, à la culture de l’effort, à la conscience professionnelle et à la pratique des vertus évangéliques jour après jour. Aujourd’hui, nos églises se remplissent alors que notre comportement et notre vie quotidienne ne démontrent pas toujours que nous sommes chrétiens. Pourquoi vivre en contradiction avec notre foi alors que nous nous disons chrétiens et que nous clamons fièrement que notre pays est la seconde patrie du Christ ? La Côte d’Ivoire aujourd’hui n’est ni attrayante ni un modèle alors que nous chrétiens, nous devons être des repères pour l’édification d’une société solide et prospère qui repose sur des valeurs de vérité, de justice, du bien et du beau. Que tous, sans exception, nous mettions notre savoir et notre énergie au service de ces vertus. Dans un pays déclaré Pays Pauvre Très Endetté (PPTE), la lutte contre la pauvreté par le travail et dans la dignité s’impose à tous et à chacun. Cela, je le crois, je le soutiens et je le dis dans chacune de mes interventions. L’effort est à poursuivre tant au niveau spirituel qu’humain. Que nos prières montent vers Dieu qui seul apaise les cœurs et qu’il ouvre à notre pays les vrais chemins de la paix.
Tout en vous remerciant pour l’attention que vous porterez à ce message ainsi qu’à sa large diffusion, veuillez croire en mon profond désir de travailler pour une société ivoirienne modèle, prospère et vertueuse qui repose sur des bases solides et indestructibles.
En cette situation socio-politique qui prévaut dans notre pays après le second tour des élections présidentielles, à chacun de nous, Dieu dit : « j’ai fait de toi la lumière des nations » Isaïe 42, 6.  Paix et Bénédiction.

Monseigneur Marcellin YAO Kouadio
Evêque de Yamoussoukro