Le silence pour « écouter l’âme pour l’ouvrir au Seigneur »

Le début du “Gloire à Dieu” reprend « le chant des anges à la naissance de Jésus à Bethléem, joyeuse annonce de l’étreinte entre le ciel et la terre .

Le pape a poursuivi sa catéchèse sur la messe et s’est surtout arrêté sur la collecte, oraison qui suit l’hymne du “Gloire à Dieu”.

« De la rencontre entre la misère humaine et la miséricorde divine » « prend vie la gratitude exprimée dans le “Gloire à Dieu” », a encore dit le pape.

Le prêtre invite les fidèles à se recueillir un moment en silence, a expliqué le pape, « afin de prendre conscience qu’il est en présence de Dieu et de faire émerger, chacun dans son cœur, les intentions personnelles avec lesquelles il participe à la messe ».

Le silence, a insisté le pape « ne se réduit pas à l’absence de parole, mais consiste à se disposer à écouter d’autres voix : celle de notre cœur et, surtout, la voix de l’Esprit-Saint ». Il s’agit donc « d’écouter notre âme pour l’ouvrir ensuite au Seigneur », tandis que le prêtre conclut à haute voix en rassemblant toute les intentions dans la collecte.

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

Dans le parcours de catéchèse sur la célébration eucharistique, nous avons vu que l’acte pénitentiel nous aide à nous dépouiller de nos prétentions et à nous présenter à Dieu tels que nous sommes réellement, conscients d’être pécheurs, dans l’espoir d’être pardonnés.

C’est précisément de la rencontre entre la misère humaine et la miséricorde divine que prend vie la gratitude exprimée dans le “Gloire à Dieu”, « une hymne très ancienne et vénérable par laquelle l’Église, rassemblée dans l’Esprit-Saint, glorifie et supplie Dieu le Père et l’Agneau (Présentation générale du Missel romain, 53).

Le début de cette hymne – “Gloire à Dieu au plus haut des cieux” – reprend le chant des anges à la naissance de Jésus à Bethléem, joyeuse annonce de l’étreinte entre le ciel et la terre. Ce chant nous implique nous aussi, rassemblés dans la prière : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ». Après le “Gloire à Dieu”, ou plutôt, quand il n’y a pas celui-ci, aussitôt après l’acte pénitentiel, la prière prend une forme particulière dans l’oraison nommée “collecte”, à travers laquelle est exprimé le caractère propre de la célébration, variable selon les jours et les temps de l’année (cf. ibid., 54). Par l’invitation « Prions », le prêtre exhorte le peuple à se recueillir avec lui pendant un moment de silence, afin de prendre conscience qu’il est en présence de Dieu et de faire émerger, chacun dans son cœur, les intentions personnelles avec lesquelles il participe à la messe (cf. ibid., 54). Le prêtre dit « Prions », puis vient un moment de silence et chacun pense à ce dont il a besoin, ce qu’il veut demander, dans la prière.

Le silence ne se réduit pas à l’absence de parole, mais consiste à se disposer à écouter d’autres voix : celle de notre cœur et, surtout, la voix de l’Esprit-Saint. Dans la liturgie, la nature du silence sacré dépend du moment où il a lieu : « Pendant l’acte pénitentiel et après l’invitation à la prière, il aide au recueillement ; après la lecture et l’homélie, c’est un rappel à méditer brièvement sur ce que l’on a écouté ; après la communion, il favorise la prière intérieure de louange et de supplication » (ibid., 45).

Par conséquent, avant l’oraison initiale, le silence aide à se recueillir et à penser à la raison pour laquelle nous sommes là. Il est alors important d’écouter notre âme pour l’ouvrir ensuite au Seigneur. Peut-être venons-nous un jour de fatigue, de joie, de souffrance, et nous voulons le dire au Seigneur, invoquer son aide, lui demander d’être proche de nous ; nous avons des proches et des amis malades ou qui traversent des épreuves difficiles, nous désirons confier à Dieu le sort de l’Église et du monde. Et c’est à cela que sert le bref silence avant que le prêtre, rassemblant les intentions de chacun, exprime à haute voix à Dieu, au nom de tous, la prière commune qui conclut les rites d’introduction, faisant justement la “collecte” de toutes les intentions. Je recommande vivement aux prêtres d’observer ce moment de silence et de ne pas hâter « Prions » mais de faire silence. Je recommande ceci aux prêtres. Sans ce silence, nous risquons de négliger le recueillement de l’âme.

Le prêtre récite cette supplication, cette oraison de collecte, les bras étendus dans l’attitude du priant, assumée par les chrétiens depuis les premiers siècles – comme en témoignent les fresques des catacombes romaines – pour imiter le Christ les bras ouverts sur le bois de la croix. Et là, le Christ est le priant et il est aussi la prière ! Sur le crucifix, nous reconnaissons le prêtre qui offre à Dieu le culte qui lui plaît, c’est-à-dire l’obéissance filiale.

Dans le rite romain, les oraisons sont concises mais riches de signification : on peut faire beaucoup de belles méditations sur ces oraisons. Très belles ! Revenir sur ces textes pour les méditer, même en dehors de la messe, peut nous aider à apprendre comment nous adresser à Dieu, quoi demander et quels mots employer. Puisse la liturgie devenir pour nous tous une véritable école de prière !

 

 

 « J’ai péché par ma faute, et non par la faute des autres »

 « Il ne suffit pas de ne pas faire de mal au prochain, il faut encore choisir d’accomplir le bien en saisissant les occasions », a souligné le pape François dans sa catéchèse du 3 janvier 2018. Méditant sur l’acte pénitentiel, au début de la liturgie de la messe, le pape a fait observer : « Que Dieu pourrait-il donner à celui qui a déjà le cœur rempli de lui-même, de son succès ? Rien, parce que le présomptueux est incapable de recevoir le pardon, rassasié qu’il est de sa prétendue justice. »

Pour la première audience générale de l’année civile, le pape a poursuivi ses catéchèses sur la messe. L’acte pénitentiel, a-t-il expliqué, « permet de reconnaître que nos pensées sont éloignées des pensées divines, que nos paroles et nos actions sont souvent mondaines, guidées par des choix contraires à l’Evangile ».

Durant la messe, a ajouté le pape, « nous confessons aussi bien à Dieu qu’aux frères que nous sommes pécheurs : cela nous aide à comprendre la dimension du péché qui, alors qu’elle nous sépare de Dieu, nous sépare aussi de nos frères, et vice-versa. Le péché coupe : il coupe la relation avec Dieu et il coupe la relation avec les frères, la relation dans la famille, dans la société, dans la communauté. Le péché coupe toujours, sépare, divise ».

Il a aussi invité à reconnaître « que j’ai péché par ma faute, et non par la faute des autres. Il arrive souvent en effet que, par peur ou par honte, nous pointions le doigt pour accuser les autres. Il coûte d’admettre que l’on est coupable, mais cela nous fait du bien de le confesser avec sincérité ».

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

En reprenant les catéchèses sur la célébration eucharistique, nous considérons aujourd’hui, dans le contexte des rites d’introduction, l’acte pénitentiel. Dans sa sobriété, il favorise l’attitude par laquelle se disposer à célébrer dignement les saints mystères, c’est-à-dire en reconnaissant nos péchés devant Dieu et devant les frères, en reconnaissant que nous sommes pécheurs. L’invitation du prêtre est en effet adressée à toute la communauté en prière, parce que nous sommes tous pécheurs. Que Dieu pourrait-il donner à celui qui a déjà le cœur rempli de lui-même, de son succès ? Rien, parce que le présomptueux est incapable de recevoir le pardon, rassasié qu’il est de sa prétendue justice. Pensons à la parabole du pharisien et du publicain, où seul le second – le publicain – rentre chez lui justifié, c’est-à-dire pardonné (cf. Lc 18,9-14). Celui qui est conscient de sa misère et baisse les yeux avec humilité, sent se poser sur lui le regard miséricordieux de Dieu. Nous savons par expérience que seul celui qui sait reconnaître ses erreurs et demander pardon reçoit la compréhension et le pardon des autres.

Ecouter en silence la voix de la conscience permet de reconnaître que nos pensées sont éloignées des pensées divines, que nos paroles et nos actions sont souvent mondaines, guidées par des choix contraires à l’Evangile. C’est pourquoi, au début de la messe, nous accomplissons communautairement l’acte pénitentiel par une formule de confession générale, prononcée à la première personne du singulier. Chacun confesse à Dieu et à ses frères “d’avoir péché en pensées, en paroles, par action et par omission”. Oui, aussi par omission, c’est-à-dire d’avoir omis de faire le bien que j’aurais pu faire. Souvent nous nous sentons bons parce que – disons-nous – “je n’ai fait de mal à personne”. En réalité, il ne suffit pas de ne pas faire de mal au prochain, il faut encore choisir d’accomplir le bien en saisissant les occasions pour bien témoigner que nous sommes disciples de Jésus. Il est bon de souligner que nous confessons aussi bien à Dieu qu’aux frères que nous sommes pécheurs : cela nous aide à comprendre la dimension du péché qui, alors qu’elle nous sépare de Dieu, nous sépare aussi de nos frères, et vice-versa. Le péché coupe : il coupe la relation avec Dieu et il coupe la relation avec les frères, la relation dans la famille, dans la société, dans la communauté. Le péché coupe toujours, sépare, divise.

Les paroles que nous disons avec la bouche sont accompagnées du geste de se frapper la poitrine, en reconnaissant que j’ai péché par ma faute, et non par la faute des autres. Il arrive souvent en effet que, par peur ou par honte, nous pointions le doigt pour accuser les autres. Il coûte d’admettre que l’on est coupable, mais cela nous fait du bien de le confesser avec sincérité. Confesser ses péchés. Je me souviens d’une anecdote que racontait un vieux missionnaire, d’une femme qui est allée se confesser et qui a commencé à dire les fautes de son mari ; puis elle a raconté les fautes de sa belle-mère et puis les péchés des voisins. A un certain moment, le confesseur lui a dit : “Mais, madame, dites-moi, vous avez fini ? – Très bien : vous avez fini avec les péchés des autres. Maintenant commencez à dire les vôtres”. Dire ses propres péchés !

Après la confession du péché, nous supplions la Bienheureuse Vierge Marie, les Anges et les Saints de prier le Seigneur pour nous. En cela aussi la communion des Saints est précieuse : l’intercession de ces « amis et modèles de vie » (Préface du 1er novembre) nous soutient sur le chemin vers la pleine communion avec Dieu, quand le péché sera définitivement anéanti.

Outre le “Je confesse”, on peut faire l’acte pénitentiel avec d’autres formules, par exemple : « Prends pitié de nous, Seigneur / Contre toi nous avons péché. / Montre-nous, Seigneur, ta miséricorde. / Et donne-nous ton salut » (cf. Ps 123,3; 85,8; Jr 14,20). Le dimanche spécialement, on peut accomplir la bénédiction et l’aspersion de l’eau en mémoire du Baptême (cf. OGMR, 51), qui efface tous les péchés. Il est aussi possible, comme partie de l’acte pénitentiel, de chanter le Kyrie eleison: avec cette ancienne expression grecque, nous acclamons le Seigneur – Kyrios – et nous implorons sa miséricorde (ibid., 52).

La Sainte Ecriture nous offre des exemples lumineux de figures “pénitentes” qui, en rentrant en elles après avoir commis le péché, trouvent le courage de faire tomber le masque et de s’ouvrir à la grâce qui renouvelle le cœur. Pensons au roi David et aux paroles qui lui ont été attribuées dans le Psaume: « Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché. » (50,3). Pensons au fils prodigue qui retourne au père ; ou à l’invocation du publicain : « Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis ! » (Lc 18,13). Pensons aussi à saint Pierre, à Zachée, à la femme samaritaine. Se mesurer avec la fragilité de l’argile dont nous sommes formés est une expérience qui nous fortifie : tandis que nous faisons face à notre faiblesse, elle nous ouvre le cœur à invoquer la miséricorde divine qui transforme et convertit. Et c’est ce que nous faisons dans l’acte pénitentiel au début de la messe.

 

 

Le chrétien y puise force, confiance, courage et espérance

 

« Pourquoi aller à la messe le dimanche ? », interroge le pape François. Parce que « la célébration dominicale de l’Eucharistie est au centre de la vie de l’Église », répond-il, ajoutant que les chrétiens vont « à la messe le dimanche pour rencontrer le Seigneur ressuscité ou, mieux, pour [se] laisser rencontrer par lui ».

 « Sans le Christ, poursuit le pape, nous sommes condamnés à être dominés par la fatigue du quotidien, avec ses préoccupations, et par la peur du lendemain. La rencontre dominicale avec le Seigneur nous donne la force de vivre l’aujourd’hui avec confiance et courage et d’avancer avec espérance. C’est pourquoi nous, les chrétiens, nous allons rencontrer le Seigneur le dimanche, dans la célébration eucharistique. »

 

Cher frères et sœurs, bonjour !

Reprenant notre chemin de catéchèses sur la messe, aujourd’hui nous nous demandons : pourquoi aller à la messe le dimanche ?

La célébration dominicale de l’Eucharistie est au centre de la vie de l’Église (cf. Catéchisme de l’Église catholique, n.2177). Nous, les chrétiens, nous allons à la messe le dimanche pour rencontrer le Seigneur ressuscité ou, mieux, pour nous laisser rencontrer par lui, écouter sa parole, nous nourrir à son repas et ainsi devenir l’Église, c’est-à-dire son Corps mystique vivant dans le monde.

Dès la première heure, les disciples de Jésus l’ont compris, eux qui ont célébré la rencontre eucharistique avec le Seigneur le jour de la semaine que les juifs appelaient « le premier de la semaine » et les Romains « jour du soleil » parce que, ce jour-là, Jésus était ressuscité des morts et était apparu aux disciples, parlant avec eux, mangeant avec eux et leur donnant l’Esprit Saint (cf. Mt 28,1 ; Mc16,9.14 ; Lc 24,1.13 : Jn 20,1.19), comme nous l’avons entendu dans la lecture biblique. La grande effusion de l’Esprit à la Pentecôte s’est aussi produite un dimanche, le cinquantième jour après la résurrection de Jésus. Pour ces raisons, le dimanche est un jour saint pour nous, sanctifié par la célébration eucharistique, présence vivante du Seigneur parmi nous et pour nous. C’est donc la messe qui fait que le dimanche est chrétien ! Le dimanche chrétien tourne autour de la messe. Quel est, pour un chrétien, un dimanche où il manque la rencontre avec le Seigneur ?

Il y a des communautés chrétiennes qui, malheureusement, ne peuvent pas participer à la messe tous les dimanches et elles aussi, toutefois, sont appelées en ce jour saint à se recueillir dans la prière au nom du Seigneur, écoutant la Parole de Dieu et gardant un vif désir de l’Eucharistie.

Certaines sociétés sécularisées ont perdu le sens chrétien du dimanche éclairé par l’Eucharistie. C’est dommage, cela ! Dans ces contextes, il est nécessaire de raviver cette conscience, pour retrouver la signification de la fête, la signification de la joie, de la communauté paroissiale, de la solidarité, du repos qui restaure l’âme et le corps (cf. Catéchisme de l’Église catholique, nn. 2177-2188). L’Eucharistie est pour nous la maîtresse de toutes ces valeurs, dimanche après dimanche. C’est pourquoi le Concile Vatican II a voulu redire que « le dimanche est le jour de fête primordial, qui doit être proposé et inculqué à la piété des fidèles, de sorte qu’il devienne aussi un jour de joie et d’abstention du travail » (Const. Sacrosanctum Concilium, 106).

L’abstention dominicale du travail n’existait pas dans les premiers siècles : c’est un apport spécifique du christianisme. Par tradition biblique, les juifs se reposent le samedi alors que, dans la société romaine, il n’était pas prévu un jour de la semaine d’abstention des travaux serviles. C’est le sens chrétien de notre vie comme fils et non comme esclaves, animé par l’Eucharistie, qui fait du dimanche – presque universellement – le jour du repos.

Sans le Christ, nous sommes condamnés à être dominés par la fatigue du quotidien, avec ses préoccupations, et par la peur du lendemain. La rencontre dominicale avec le Seigneur nous donne la force de vivre l’aujourd’hui avec confiance et courage et d’avancer avec espérance. C’est pourquoi nous, les chrétiens, nous allons rencontrer le Seigneur le dimanche, dans la célébration eucharistique.

La communion eucharistique avec Jésus, ressuscité et vivant pour l’éternité, anticipe le dimanche sans couchant, quand il n’y aura plus ni fatigue ni douleur ni larmes, mais seulement la joie de vivre pleinement et pour toujours avec le Christ. La messe du dimanche nous parle aussi de ce bienheureux repos, nous enseignant, au fur et à mesure de la semaine, à nous confier dans les mains du Père qui est aux cieux.

Que pouvons-nous répondre à ceux qui disent que cela ne sert à rien d’aller à la messe, même le dimanche, parce que l’important est de vivre bien et d’aimer son prochain ? C’est vrai que la qualité de la vie chrétienne se mesure à la capacité d’aimer, comme l’a dit Jésus : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jn 13,35) ; mais comment pouvons-nous pratiquer l’Évangile sans puiser l’énergie nécessaire pour le faire, un dimanche après l’autre, à la source inépuisable de l’Eucharistie ? Nous n’allons pas à la messe pour donner quelque chose à Dieu, mais pour recevoir de lui ce dont nous avons vraiment besoin. La prière de l’Église, qui s’adresse ainsi à Dieu, le rappelle : « Tu n’as pas besoin de notre louange, mais par un don de ton amour tu nous appelle à te rendre grâce ; nos hymnes de bénédiction n’accroissent pas ta grandeur mais nous obtiennent la grâce qui nous sauve » (Missel romain, préface commune IV).

En conclusion, pourquoi aller à la messe le dimanche ? Il ne suffit pas de répondre que c’est un précepte de l’Église ; cela aide à en conserver la valeur, mais tout seul, cela ne suffit pas. Nous, les chrétiens, nous avons besoin de participer à la messe dominicale parce que c’est seulement avec la grâce de Jésus, avec sa présence vivante en nous et parmi nous, que nous pouvons mettre en pratique son commandement, et ainsi être ses témoins crédibles.

 

 

 

Les rites d’introduction manifestent que nous sommes une communauté

 

La célébration de la messe s’ouvre par des rites d’introduction : « ces gestes, qui risquent de passer inobservés, sont très importants parce qu’ils expriment dès le début que la messe est une rencontre d’amour avec le Christ », explique le pape François.

Le pape a annoncé qu’il expliquerait « ses différents moments » pour « une meilleure compréhension » bien que la célébration soit « un unique corps » que l’on « ne peut pas séparer ».

 « La messe commence par le Signe de croix, par ces rites d’introduction, parce que c’est là que nous commençons à adorer Dieu en communauté », a poursuivi le pape. « Et c’est pourquoi il est important de prévoir de ne pas arriver en retard, mais au contraire à l’avance, pour préparer son cœur à ce rite, à cette célébration de la communauté ».

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

Aujourd’hui, je voudrais entrer dans le vif de la célébration eucharistique. La messe est composée de deux parties qui sont la liturgie de la Parole et la liturgie eucharistique,  si étroitement liées entre elles qu’elles forment un unique acte de culte (cf Sacrosanctum Concilium, 56; Présentation générale du Missel romain, 28). Introduite par quelques rites préparatoires et conclue par d’autres, la célébration est donc un unique corps et l’on ne peut pas séparer mais, pour une meilleure compréhension, je chercherai à expliquer ses différents moments, chacun desquels est capable de toucher et d’impliquer une dimension de notre humanité. Il est nécessaire de connaître ces signes saints pour vivre pleinement la messe et goûter toute sa beauté.

Quand le peuple est rassemblé, la célébration s’ouvre par les rites d’introduction, qui comprennent l’entrée des célébrants ou du célébrant, la salutation – « Le Seigneur soit avec vous », « La paix soit avec vous » -, l’acte pénitentiel – « Je confesse », où nous demandons pardon pour nos péchés -, le Kyrie eleison, l’hymne du Gloire à Dieu et l’oraison collecte : on l’appelle « collecte », non pas parce qu’on fait la collecte des offrandes ; c’est la collecte des intentions de prière de tous les peuples ; et cette collecte de l’intention des peuples monte au ciel comme une prière. Leur but – de ces rites d’introduction – est de faire « que les fidèles, réunis ensemble, forment une communauté et se disposent à écouter avec foi la Parole de Dieu et à célébrer dignement l’Eucharistie » (Présentation générale du Missel romain, 46). Ce n’est pas une bonne habitude de regarder sa montre en disant : « Je suis dans les temps, j’arrive après le sermon et comme cela, j’accomplis le précepte ». La messe commence par le Signe de croix, par ces rites d’introduction, parce que c’est là que nous commençons à adorer Dieu en communauté. Et c’est pourquoi il est important de prévoir de ne pas arriver en retard, mais au contraire à l’avance, pour préparer son cœur à ce rite, à cette célébration de la communauté.

Tandis que, normalement, on chante le chant d’entrée, le prêtre et les autres ministres rejoignent en procession le presbyterium et là, ils saluent l’autel en s’inclinant et, en signe de vénération, ils l’embrassent et, quand il y a de l’encens, il l’encense. Pourquoi ? Parce que l’autel est le Christ : c’est la figure du Christ. Quand nous regardons l’autel, nous regardons précisément là où est le Christ. L’autel est le Christ. Ces gestes, qui risquent de passer inobservés, sont très importants parce qu’ils expriment dès le début que la messe est une rencontre d’amour avec le Christ qui, « en offrant son corps sur la croix […] devient l’autel, la victime et le prêtre » (préface de Pâques V). L’autel, en effet, en tant que signe du Christ, « est le centre de l’action de grâce qui s’accomplit par l’Eucharistie » (Présentation générale du Missel romain, 296) et toute la communauté autour de l’autel qui est le Christ ; non pas pour se regarder mais pour regarder le Christ, parce que le Christ est au centre de la communauté, il n’en est pas loin.
Ensuite il y a le signe de croix. Le prêtre qui préside le trace sur lui-même et tous les membres de l’assemblée font la même chose, conscients que l’acte liturgique s’accomplit « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». Et ici, je passe à un autre tout petit sujet. Avez-vous vu comment les enfants font le signe de croix ? Ils ne savent pas ce qu’ils font : parfois, il font un dessin qui n’est pas le signe de la croix. S’il vous plaît, mamans et papas, grands-parents, enseignez aux enfants, dès le début – tout petits – à bien faire le signe de croix. Et expliquez-lui que c’est comme la protection de la croix de Jésus. Et la messe commence par le signe de croix. Toute la prière se déroule, pour ainsi dire, dans l’espace de la très Sainte Trinité – « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » -, qui est un espace de communion infinie ; il a comme origine et comme fin l’amour de Dieu un et trine, qui nous est manifesté et donné dans la croix du Christ. En effet, son mystère pascal est le don de la Trinité et l’Eucharistie jaillit toujours de son cœur transpercé. En nous marquant du signe de la croix, par conséquent, non seulement nous faisons mémoire de notre baptême, mais nous affirmons que la prière liturgique est la rencontre avec Dieu dans le Christ Jésus qui, pour nous, s’est incarné, est mort sur la croix et est ressuscité glorieux.

Ensuite le prêtre prononce la salutation liturgique par l’expression : « Le Seigneur soit avec vous », ou une autre semblable – il y en a plusieurs – et l’assemblée répond : « Et avec ton esprit ». Nous sommes en dialogue ; nous sommes au début de la messe et nous devons penser à la signification de tous ces gestes et paroles. Nous entrons dans une « symphonie » dans laquelle résonnent différentes tonalités de voix, y compris des temps de silence, en vue de créer l’ « accord » entre tous les participants, c’est-à-dire de nous reconnaître animés par un unique Esprit et pour un même but. En effet, « la salutation sacerdotale et la réponse du peuple manifestent le mystère de l’Église rassemblée (Présentation générale du Missel romain, 50). On exprime ainsi la foi commune et le désir mutuel de rester avec le Seigneur et de vivre l’unité avec toute la communauté.

Et c’est une symphonie priante qui se crée et qui présente aussitôt un moment très touchant parce que celui qui préside invite tout le monde à reconnaître ses proches péchés. Nous sommes tous pécheurs. Je ne sais pas, peut-être que l’un d’entre vous n’est pas un pécheur… Si quelqu’un n’est pas un pécheur, qu’il lève la main s’il vous plaît, comme cela nous verrons tous. Mais il n’y a pas de mains levées, cela va bien : vous êtes de bonne foi ! Nous sommes tous pécheurs ; et c’est pourquoi nous demandons pardon au début de la messe. C’est l’acte pénitentiel. Il ne s’agit pas seulement de penser aux péchés commis, mais c’est beaucoup plus : c’est l’invitation à se confesser pécheurs devant Dieu et devant la communauté, devant les frères, avec humilité et sincérité, comme le publicain au temple. Si vraiment l’Eucharistie rend présent le mystère pascal, à savoir le passage du Christ de la mort à la vie, alors la première chose que nous devons faire est de reconnaître quelles sont nos situations de mort pour pouvoir ressusciter avec lui à une vie nouvelle. Cela nous fait comprendre combien l’acte pénitentiel est important. Et c’est pourquoi nous reprendrons ce sujet dans la prochaine catéchèse.

Nous avançons pas à pas dans l’explication de la messe. Mais j’insiste : enseignez bien à vos enfants à faire le signe de croix, s’il vous plaît !

 

 

 

 « La messe, c’est cela : entrer dans cette passion, cette mort, cette résurrection et cette ascension de Jésus », a expliqué le pape François, qui a ajouté : « quand nous allons à la messe, c’est comme si nous allions au calvaire ».

Il a abordé le thème suivant : « La messe est le mémorial du mystère pascal du Christ ».

« Participer à la messe, en particulier le dimanche, signifie entrer dans la victoire du Ressuscité, être éclairés par sa lumière, réchauffés par sa chaleur, a poursuivi le pape. « À travers la célébration eucharistique, l’Esprit Saint nous rend participants de la vie divine qui est capable de transfigurer tout notre être mortel. »

Il a invité à réfléchir : « si, au moment de la messe, nous allons au calvaire – réfléchissons avec notre imagination – et si nous savons que cet homme, là, est Jésus. Mais est-ce que nous nous permettrions de bavarder, de faire des photos, de faire un peu de spectacle ? Non ! Parce que c’est Jésus ! Nous resterions certainement en silence, en pleurs et aussi dans la joie d’être sauvés. » Et le pape de conclure : « La messe, c’est revivre le calvaire, ce n’est pas un spectacle. »

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

En poursuivant les catéchèses sur la messe, nous pouvons nous interroger : qu’est-ce que la messe essentiellement ? La messe est le mémorial du mystère pascal du Christ. Elle nous rend participants de sa victoire sur le péché et la mort et donne sa pleine signification à notre vie.

C’est pourquoi, pour comprendre la valeur de la messe, nous devons avant tout comprendre la signification biblique du « mémorial ». Ce « n’est pas seulement le souvenir des événements du passé mais, d’une certaine manière, elle les rend présents et actuels. C’est exactement comme cela qu’Israël comprend sa libération de l’Égypte : chaque fois que la Pâque est célébrée, les événements de l’Exode sont rendus présents à la mémoire des croyants afin qu’ils conforment leur vie à ceux-ci » (Catéchisme de l’Église catholique, 1363). Jésus-Christ, par sa passion, sa mort, sa résurrection et son ascension dans le ciel, a accompli la Pâque. Et la messe est le mémorial de sa Pâque, de son « exode », qu’il a accompli pour nous, pour nous faire sortir de l’esclavage et nous introduire dans la terre promise de la vie éternelle. Ce n’est pas seulement un souvenir, non, c’est davantage : c’est rendre présent ce qui s’est produit il y a vingt siècles.

L’Eucharistie nous conduit toujours au sommet de l’action du salut de Dieu : le Seigneur Jésus, se faisant pain rompu pour nous, reverse sur nous toute sa miséricorde et son amour, comme il l’a fait sur la croix, afin de renouveler notre cœur, notre existence et notre manière d’être en relation avec lui et avec nos frères. Le Concile Vatican II affirme : « Chaque fois que le sacrifice de la croix, par lequel le Christ, notre agneau pascal, a été immolé, est célébré sur l’autel, l’œuvre de notre rédemption s’effectue » (Const. dogm. Lumen gentium, 3).

Chaque célébration de l’Eucharistie est un rayon de ce soleil sans couchant qu’est Jésus ressuscité. Participer à la messe, en particulier le dimanche, signifie entrer dans la victoire du Ressuscité, être éclairés par sa lumière, réchauffés par sa chaleur. À travers la célébration eucharistique, l’Esprit Saint nous rend participants de la vie divine qui est capable de transfigurer tout notre être mortel. Et dans son passage de la mort à la vie, du temps à l’éternité, le Seigneur Jésus nous entraîne nous aussi avec lui pour faire la Pâque. Pendant la messe, on fait la Pâque. À la messe, nous sommes avec Jésus, mort et ressuscité, et il nous entraîne vers la vie éternelle. À la messe, nous nous unissons à lui. Ou plutôt, le Christ vit en nous et nous vivons en lui. « Avec le Christ, je suis crucifié. Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. Ce que je vis aujourd’hui dans la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi. » (Ga 2,19-20). C’est ce que pensait Paul.

Son sang, en effet, nous libère de la mort et de la peur de la mort. Il nous libère non seulement de la domination de la mort physique, mais de la mort spirituelle qu’est le mal, le péché qui nous prend chaque fois que nous tombons, victimes de notre péché ou de celui des autres. Alors notre vie est polluée, elle perd sa beauté, elle perd sa signification, elle se fane.

Le Christ, lui, nous redonne la vie ; le Christ est la plénitude de la vie et quand il a affronté la mort, il l’annihile pour toujours : « Par sa résurrection, il a détruit la mort et a renouvelé la vie » (Prière eucharistique IV). La Pâque du Christ est la victoire définitive sur la mort, parce qu’il a transformé sa mort en un suprême acte d’amour. Il est mort par amour ! Et dans l’Eucharistie, il veut nous communiquer son amour pascal, victorieux. Si nous le recevons avec foi, nous aussi nous pouvons vraiment aimer Dieu et notre prochain, nous pouvons aimer comme il nous a aimés, en donnant sa vie.

Si l’amour du Christ est en moi, je peux me donner pleinement à l’autre, dans la certitude intérieure que, même si l’autre devait me blesser, je ne mourrais pas ; sinon, je devrais me défendre. Les martyrs ont donné leur vie justement en raison de cette certitude de la victoire du Christ sur la mort. C’est seulement si nous faisons l’expérience de ce pouvoir du Christ, le pouvoir de son amour, que nous sommes vraiment libres de nous donner sans peur. La messe, c’est cela : entrer dans cette passion, cette mort, cette résurrection et cette ascension de Jésus ; quand nous allons à la messe, c’est comme si nous allions au calvaire, la même chose. Mais réfléchissez : si, au moment de la messe, nous allons au calvaire – réfléchissons avec notre imagination – et si nous savons que cet homme, là, est Jésus. Mais est-ce que nous nous permettrions de bavarder, de faire des photos, de faire un peu de spectacle ? Non ! Parce que c’est Jésus ! Nous resterions certainement en silence, en pleurs et aussi dans la joie d’être sauvés. Quand nous entrons dans une église pour célébrer la messe, pensons à cela : j’entre au calvaire, où Jésus donne sa vie pour moi. Et ainsi, le spectacle disparaît, les bavardages disparaissent, les commentaires et ce genre de choses qui nous éloignent de cette chose si belle qu’est la messe, le triomphe de Jésus.

Je pense que c’est maintenant plus clair que la Pâque se rend présente et opérante chaque fois que nous célébrons la messe, c’est-à-dire le sens du mémorial. La participation à l’Eucharistie nous fait entrer dans le mystère pascal du Christ, nous donnant de passer avec lui de la mort à la vie, c’est-à-dire là, sur le calvaire. La messe, c’est revivre le calvaire, ce n’est pas un spectacle.