Prier comme un enfant en disant « Abba », « Papa »

Le chrétien qui a « connu Jésus et écouté sa prédication », affirme le pape François, « ne considère plus Dieu comme un tyran à craindre, il n’a plus peur de lui mais il sent éclore en son cœur la confiance en lui : il peut parler avec le Créateur en l’appelant « Père ». Et le pape imagine un dialogue entre la créature et son Créateur : « Est-il possible que toi, o Dieu, tu ne connaisses que l’amour ? Tu ne connais pas la haine ? Non, répondrait Dieu, je ne connais que l’amour. Où est en toi la vengeance, l’exigence de la justice, la colère à cause de ton honneur blessé ? Et Dieu répondrait : Je ne connais que l’amour ».

Le pape François s’est arrêté sur « le premier mot » du Notre Père, dans lequel « nous trouvons tout de suite la nouveauté radicale de la prière chrétienne ».

Évoquant l’emploi par saint Paul du terme araméen « Abba », le pape explique que « dire “Abba” est quelque chose de beaucoup plus intime et plus émouvant que d’appeler simplement Dieu “Père”. Voilà pourquoi il a été parfois proposé de traduire ce mot araméen originel “Abba” par “Papa” ». Nous sommes invités, poursuit-il, « à avoir avec Dieu la même relation que celle d’un enfant avec son papa », un enfant « complètement enveloppé par l’étreinte d’un père qui éprouve pour lui une infinie tendresse ».

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

En poursuivant les catéchèses sur le Notre Père, nous partons aujourd’hui de l’observation selon laquelle, dans le Nouveau Testament, la prière semble vouloir arriver à l’essentiel, jusqu’à se concentrer en un seul mot : Abba, Père.

Nous avons entendu ce qu’écrit saint Paul dans la Lettre aux Romains : « Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions“Abba !”, c’est-à-dire : Père ! » (8,15). Et aux Galates, l’apôtre dit : « Et voici la preuve que vous êtes des fils : Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, et cet Esprit crie “Abba !”, c’est-à-dire : Père ! » (Ga 4,6). La même invocation, dans laquelle se condense toute la nouveauté de l’Évangile, revient deux fois. Après avoir connu Jésus et écouté sa prédication, le chrétien ne considère plus Dieu comme un tyran à craindre, il n’a plus peur de lui mais il sent éclore en son cœur la confiance en lui : il peut parler avec le Créateur en l’appelant « Père ». L’expression est tellement importante pour les chrétiens qu’elle a souvent été conservée intacte dans sa forme originelle : « Abba ».

Dans le Nouveau Testament, il est rare que les expressions araméennes ne soient pas traduites en grec. Nous devons imaginer que la voix de Jésus lui-même est restée comme « enregistrée » dans ces mots araméens : ils ont respecté l’idiome de Jésus. Dans le premier mot du Notre Père, nous trouvons tout de suite la nouveauté radicale de la prière chrétienne.

Il ne s’agit pas seulement d’utiliser un symbole – dans ce cas, la figure du père – à lier au mystère de Dieu ; il s’agit en fait d’avoir, pour ainsi dire, tout le monde de Jésus transvasé dans notre cœur. Si nous effectuons cette opération, nous pouvons prier en vérité le Notre Père. Dire « Abba » est quelque chose de beaucoup plus intime et plus émouvant que d’appeler simplement Dieu « Père ». Voilà pourquoi il a été parfois proposé de traduire ce mot araméen originel « Abba » par « Papa ». Au lieu de dire « Notre Père », dire « Papa ». Nous continuons de dire « Notre Père » mais, avec le cœur, nous sommes invités à dire « Papa », à avoir avec Dieu la même relation que celle d’un enfant avec son papa, qui dit « Papa ». En effet, ces expressions évoquent l’affection, elles évoquent la chaleur, quelque chose qui nous projette dans le contexte de l’âge de l’enfance : l’image d’un enfant complètement enveloppé par l’étreinte d’un père qui éprouve pour lui une infinie tendresse. Et c’est pourquoi, chers frères et sœurs, pour bien prier, il faut arriver à avoir un cœur d’enfant. Pas un cœur suffisant : on ne peut pas bien prier comme cela. Comme un enfant dans les bras de son père, de son papa.

Mais ce sont certainement les Évangiles qui nous introduisent le mieux au sens de ce mot. Que signifie ce mot pour Jésus ? Le Notre Père prend un sens et une couleur si nous apprenons à le prier après avoir lu, par exemple, la parabole du père miséricordieux, au chapitre 15 de Luc (cf. Lc 15,11-32). Imaginons cette prière prononcée par le fils prodigue, après qu’il a fait l’expérience de l’étreinte de son père qui l’avait longtemps attendu, un père qui ne se souvient pas des paroles offensives qu’il lui avait adressées, un père qui maintenant lui fait simplement comprendre combien il lui a manqué. Nous découvrons alors comment ces paroles prennent vie, prennent force. Et nous nous demandons : est-il possible que toi, o Dieu, tu ne connaisses que l’amour ? Tu ne connais pas la haine ? Non, répondrait Dieu, je ne connais que l’amour. Où est en toi la vengeance, l’exigence de la justice, la colère à cause de ton honneur blessé ? Et Dieu répondrait : Je ne connais que l’amour.

Le père de cette parabole a dans sa façon de faire quelque chose qui rappelle beaucoup l’esprit d’une mère. Ce sont surtout les mères qui excusent leurs enfants, qui les couvrent, qui ne cessent d’éprouver de l’empathie pour eux, qui continuent de les aimer, même si ceux-ci ne méritaient plus rien.

Il suffit d’évoquer cette seule expression – Abba – pour que se développe une prière chrétienne. Et dans ses lettres, saint Paul suit cette voie et il ne pourrait pas en être autrement parce que c’est la voie enseignée par Jésus : dans cette invocation, il y a une force qui attire tout le reste de la prière.

Dieu te cherche, même si tu ne le cherches pas. Dieu t’aime, même si tu l’as oublié. Dieu voit en toi une beauté, même si tu penses que tu as inutilement gaspillé tous tes talents. Dieu est non seulement un père, il est comme une mère qui ne cesse jamais d’aimer sa créature. D’autre part, il y a une « gestation » qui dure toujours, bien au-delà des neuf mois de la gestation physique ; c’est une gestation qui génère un circuit infini d’amour.

Pour un chrétien, prier c’est dire simplement : « Abba », dire « Papa », dire « Père », mais avec la confiance d’un enfant.

Il se peut qu’il nous arrive aussi de marcher sur des sentiers loin de Dieu, comme c’est arrivé au fils prodigue ; ou de plonger dans une solitude qui nous fait nous sentir abandonnés dans le monde ; ou encore de nous tromper et d’être paralysés par un sentiment de culpabilité. Dans ce moments difficiles, nous pouvons encore trouver la force de prier, en repartant de ce mot « Père », mais dit avec la signification tendre d’un enfant : « Abba », « Papa ». Il ne nous cachera pas son visage. Souvenez-vous bien : peut-être quelqu’un a-t-il dans son cœur des choses mauvaises, des choses qu’il ne sait pas comment résoudre, beaucoup d’amertume d’avoir fait ceci et cela… Lui, il ne cachera pas son visage. Il ne s’enfermera pas dans le silence. Toi, dis-lui : « Père » et il te répondra. Tu as un père. « – Oui, mais je suis un délinquant… – Mais tu as un père qui t’aime ! Dis-lui : “Père”, commence à prier ainsi et, dans le silence, il nous dira qu’il ne nous a jamais perdus de vue. – Mais Père, j’ai fait ceci… – Jamais je ne t’ai perdu de vue, j’ai tout vu. Mais je suis resté là, près de toi, fidèle à mon amour pour toi ». Voilà quelle sera la réponse. N’oubliez jamais de dire « Père ». Merci.

 

 

Dieu n’oublie pas ses enfants qui souffrent

Dieu est « Père » : « ce mot si beau à prononcer. Nous pouvons passer tout le temps de la prière avec ce mot uniquement : “Père” », c’est ainsi que le pape François introduit à la prière du Notre Père. « Et sentir que nous avons un père : non pas un patron ni un beau-père. Non, un père. Le chrétien s’adresse à Dieu en l’appelant avant tout “Père” ».

Le pape explique que « Jésus fait comprendre que Dieu répond toujours, qu’aucune prière ne restera sans réponse, pourquoi ? Parce qu’il est Père et qu’il n’oublie pas ses enfants qui souffrent ». Et, ajoute-t-il, « vous avez tous cette expérience, quand votre fils demande, vous lui donnez à manger ce qu’il demande, pour son bien ».

Pourtant, il semble parfois que la prière n’obtienne pas de résultat, « nous en avons tous l’expérience », précise le pape qui invite à une confiance absolue : « Nous pouvons être certains que Dieu répondra… L’unique incertitude est due au temps, mais ne doutons pas qu’il répondra… Il n’y a rien de plus certain : le désir de bonheur que nous portons tous dans notre cœur s’accomplira un jour ».

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

La catéchèse d’aujourd’hui se réfère à l’Évangile de Luc. En effet, c’est surtout cet Évangile, depuis les récits de l’enfance, qui décrit la figure du Christ dans une atmosphère dense de prière. En lui sont contenus les trois hymnes qui rythment chaque jour la prière de l’Église : le Benedictus, le Magnificat et le Nunc dimittis.

Et dans cette catéchèse sur le Notre Père, nous avançons, nous voyons Jésus priant. Jésus prie. Dans le récit de Luc, par exemple, l’épisode de la transfiguration jaillit d’un moment de prière. Il dit ceci : « Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante » (9,29). Mais chaque pas de la vie de Jésus est comme poussé par le souffle de l’Esprit qui le guide dans toutes ses actions. Jésus prie au baptême dans le Jourdain, il dialogue avec son Père avant de prendre ses décisions les plus importantes, il se retire souvent dans la solitude pour prier, il intercède pour Pierre qui bientôt le reniera. Il dit ceci : « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le blé. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas » (Lc 22,31-32). C’est consolant : savoir que Jésus prie pour nous, prie pour moi, pour chacun de nous pour que notre foi ne défaille pas. Et c’est vrai. « Mais Père, il le fait encore ? » Il le fait encore, devant son Père. Jésus prie pour moi. Chacun de nous peut dire cela. Et nous pouvons aussi dire à Jésus : « Tu pries pour moi, continue de prier parce que j’en ai besoin ». Comme cela : courageusement.

Même la mort du Messie est immergée dans un climat de prière, au point que les heures de la passion semblent marquées par un calme surprenant : Jésus console les femmes, il prie pour ceux qui le crucifient, il promet le paradis au bon larron et il expire en disant : « Père, en tes mains je remets mon esprit » (Lc 23,46). La prière de Jésus semble atténuer les émotions les plus violentes, les désirs de vengeance et de revanche, elle réconcilie l’homme avec son ennemi acharné, elle réconcilie l’homme avec cette ennemie qu’est la mort.

C’est toujours dans l’Évangile de Luc que nous trouvons la demande, exprimée par un des disciples, de pouvoir être éduqués à la prière par Jésus lui-même. Et il dit ceci : « Seigneur, apprends-nous à prier » (Lc 11,1). Ils le voyaient prier. « Apprends-nous – nous aussi nous pouvons le dire au Seigneur – Seigneur, tu pries pour moi, je le sais, mais apprends-moi à prier, pour que je puisse prier moi aussi ».

De cette demande – « Seigneur, apprends-nous à prier » – nait un enseignement assez étendu, à travers lequel Jésus explique à ses disciples avec quels mots et quels sentiments ils doivent s’adresser à Dieu.

La première partie de cet enseignement est précisément le Notre Père. Priez ainsi : « Père, qui es aux cieux ». « Père » : ce mot si beau à prononcer. Nous pouvons passer tout le temps de la prière avec ce mot uniquement : « Père ». Et sentir que nous avons un père : non pas un patron ni un beau-père. Non, un père. Le chrétien s’adresse à Dieu en l’appelant avant tout « Père ».

Dans cet enseignement que Jésus donne à ses disciples, il est intéressant de s’arrêter sur quelques instructions qui servent de couronne au texte de la prière. Pour nous donner confiance, Jésus explique certaines choses. Elles insistent sur les attitudes du croyant qui prie. Par exemple, il y a la parabole de l’ami importun, qui va déranger toute une famille qui dort parce qu’à l’improviste une personne est arrivée d’un voyage et qu’il n’a pas de pain à lui offrir. Que dit Jésus de celui qui frappe à la porte et qui réveille son ami : « Eh bien ! Je vous le dis : même s’il ne se lève pas pour donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut » (Lc 11,9). Il veut ainsi nous apprendre à prier et à insister dans la prière. Et aussitôt après, il donne l’exemple d’un père qui a un fils affamé. Vous tous, pères et grands-pères, qui êtes ici, quand votre fils ou votre petit-fils demande quelque chose, a faim et demande, demande, et puis il pleure, il crie, il a faim : « Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu du poisson ? » (v. 11). Et vous avez tous cette expérience, quand votre fils demande, vous lui donnez à manger ce qu’il demande, pour son bien.

Par ces paroles, Jésus fait comprendre que Dieu répond toujours, qu’aucune prière ne restera sans réponse, pourquoi ? Parce qu’il est Père et qu’il n’oublie pas ses enfants qui souffrent.

Certes, ces affirmations nous remettent en cause, parce qu’il semble que beaucoup de nos prières n’aient obtenu aucun résultat. Combien de fois avons-nous demandé sans obtenir – nous en avons tous l’expérience – combien de fois avons-nous frappé et trouvé une porte fermée ? Dans ces moments-là, Jésus nous recommande d’insister et de ne pas nous avouer vaincus. La prière transforme toujours la réalité, toujours. Si nous ne changeons pas les choses autour de nous, au moins nous changeons nous-mêmes, notre cœur change. Jésus a promis le don de l’Esprit-Saint à tous les hommes et à toutes les femmes qui prient.

Nous pouvons être certains que Dieu répondra. L’unique incertitude est due au temps, mais ne doutons pas  qu’il répondra. Peut-être devrons-nous insister toute notre vie, mais il répondra. Il nous l’a promis : il n’est pas comme un père qui donne un serpent au lieu d’un poisson. Il n’y a rien de plus certain : le désir de bonheur que nous portons tous dans notre cœur s’accomplira un jour.

Jésus dit : « Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? (Lc 18,7). Si, il fera justice, il nous écoutera. Quel jour de gloire et de résurrection ce sera ! La prière est dès maintenant la victoire sur la solitude et sur le désespoir. Prier. La prière change la réalité, ne l’oublions pas. Ou elle change les choses, ou elle change notre cœur, mais elle change toujours. La prière est dès maintenant la victoire sur la solitude et sur le désespoir. C’est comme de voir chaque fragment de la création qui grouille dans la torpeur d’une histoire dont souvent nous ne saisissons pas le pourquoi. Mais elle est en mouvement, elle est en chemin et au bout de toute route, qu’y a-t-il au bout de notre route ? À la fin de la prière, à la fin d’un temps où nous prions, à la fin de la vie, qu’y a-t-il ? Il y a un Père qui attend tout et qui attend tout le monde les bras grands-ouverts. Regardons ce Père.

 

 

 

Depuis Noël, Dieu vit avec nous, il chemine avec nous.

À Noël, « prends un peu de temps pour toi, va devant la crèche et reste en silence » : telle est l’invitation du pape François. Parce que, explique-t-il, « Noël, c’est préférer la voix silencieuse de Dieu au tapage du consumérisme. Si nous savons rester en silence devant la crèche, Noël sera aussi pour nous une surprise, et non quelque chose de déjà vu ». Alors, assure le pape, « tu sentiras, tu verras la surprise ».

Le pape François a centré sa méditation sur le thème : Noël, les surprises qui plaisent à Dieu (cf. Jn 1,9-12). Il a interrompu ses catéchèses sur le Notre Père pour réfléchir au sens de Noël.

Pour vraiment vivre Noël, a encore affirmé le pape, « il faut que nous ouvrions notre cœur et que nous soyons disposés à avoir des surprises, c’est-à-dire un changement de vie inattendu ». En effet, « Noël inaugure une époque nouvelle, où la vie ne se programme pas, mais se donne ; où on ne vit plus pour soi, en se fondant sur ses propres goûts, mais pour Dieu ; et avec Dieu, parce que depuis Noël, Dieu est le Dieu-avec-nous, qui vit avec nous, qui chemine avec nous ».

À la fin de sa catéchèse, selon l’usage, le pape s’est adressé aux jeunes, aux personnes âgées, aux malades et aux nouveaux époux : « J’adresse une pensée particulière aux jeunes, aux personnes âgées, aux personnes malades et aux nouveaux époux », a-t-il déclaré. « La naissance du Seigneur Jésus est imminente. Que la fête que nous célèbrerons aussi cette année, en la nuit sainte de sa naissance, réveille en nous la tendresse de Dieu pour toute l’humanité quand, en Jésus, il n’a pas dédaigné prendre, sans aucune réserve, notre nature humaine. Confions-nous à Marie et à Joseph, pour qu’ils nous apprennent à accueillir un don aussi grand : l’Emmanuel, le Dieu avec nous ».

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

Dans six jours, ce sera Noël. Partout, les arbres, les décorations et les lumières rappellent que cette année encore, ce sera la fête. La machine publicitaire invite à s’échanger des cadeaux toujours nouveaux pour se faire des surprises. Mais je me demande : est-ce cela, la fête qui plaît à Dieu ? Quel Noël voudrait-il, quels cadeaux, quelles surprises ?

Regardons le premier Noël de l’histoire pour découvrir les goûts de Dieu. Ce premier Noël de l’Histoire fut plein de surprises. Cela commence avec Marie, qui était fiancée à Joseph : l’ange arrive et change sa vie. Elle qui est vierge, elle sera mère. Cela continue avec Joseph, appelé à être le père d’un enfant sans l’engendrer. Un fils qui – coup de théâtre – arrive au moment le moins indiqué, c’est-à-dire quand Marie et Joseph étaient fiancés et que, selon la loi, ils ne pouvaient pas habiter ensemble. Devant le scandale, le bon sens de l’époque invitait Joseph à répudier Marie pour sauver sa réputation, mais lui, qui pourtant en avait le droit, surprend : pour ne pas faire de tort à Marie, il pense la renvoyer en secret, au risque de perdre sa réputation. Et puis une autre surprise : en rêve, Dieu change ses plans et lui demande de prendre Marie chez lui. Une fois que Jésus est né, alors qu’il avait ses projets pour sa famille, encore dans un rêve, il lui est dit de se lever et d’aller en Égypte. En somme, Noël apporte des changements de vie inattendus. Et si nous voulons vivre Noël, il faut que nous ouvrions notre cœur et que nous soyons disposés à avoir des surprises, c’est-à-dire un changement de vie inattendu.

Mais c’est dans la nuit de Noël qu’arrive la plus grande surprise : le Très-haut est un petit enfant. La Parole divine est un enfant, ce qui signifie littéralement « incapable de parler ». Et la Parole divine devient « incapable de parler ». Il n’y a pas les autorités de l’époque ou du lieu ou les ambassadeurs pour accueillir le Sauveur : non, ce sont de simples pasteurs qui, surpris par les anges, alors qu’ils travaillaient de nuit, accourent sans tarder. Qui se serait attendu à cela ? Noël, c’est célébrer l’inédit de Dieu, ou mieux, c’est célébrer un Dieu inédit, qui renverse nos logiques et nos attentes.

Faire Noël, alors, c’est accueillir sur terre les surprises du ciel. On ne peut pas vivre « terre à terre » quand le ciel a apporté ses nouveautés dans le monde. Noël inaugure une époque nouvelle, où la vie ne se programme pas, mais se donne ; où on ne vit plus pour soi, en se fondant sur ses propres goûts, mais pour Dieu ; et avec Dieu, parce que depuis Noël, Dieu est le Dieu-avec-nous, qui vit avec nous, qui chemine avec nous. Vivre Noël, c’est se laisser secouer par sa surprenante nouveauté. Le Noël de Jésus n’offre pas la tiédeur rassurante d’une cheminée, mais le frisson divin qui secoue l’histoire. Noël est la revanche de l’humilité sur l’arrogance, de la simplicité sur l’abondance, du silence sur le vacarme, de la prière sur « mon temps », de Dieu sur mon ego.

Faire Noël, c’est faire comme Jésus, venu pour nous qui sommes indigents, et descendre vers ceux qui ont besoin de nous. C’est faire comme Marie : faire confiance, dociles à l’égard de Dieu, même sans comprendre ce qu’il fera. Faire Noël, c’est faire comme Joseph : se lever pour réaliser ce que Dieu veut, même si ce n’est pas selon nos plans. Saint Joseph est surprenant : dans l’Évangile, il ne parle jamais : il n’y a pas un mot de Joseph dans l’Évangile ; et le Seigneur lui parle dans le silence, il lui parle carrément dans son sommeil. Noël, c’est préférer la voix silencieuse de Dieu au tapage du consumérisme. Si nous savons rester en silence devant la crèche, Noël sera aussi pour nous une surprise, et non quelque chose de déjà vu. Se tenir en silence devant la crèche : c’est l’invitation pour Noël. Prends un peu de temps pour toi, va devant la crèche et reste en silence. Et tu sentiras, tu verras la surprise.

Mais malheureusement, on peut se tromper de fête et préférer aux nouveautés du ciel les choses habituelles de la terre. Si Noël reste seulement une belle fête traditionnelle, où nous sommes au centre, et non pas lui, ce sera une occasion perdue. S’il vous plaît, ne mondanisons pas Noël ! Ne mettons pas de côté celui qui est fêté comme dans le passé, lorsqu’il « est venu chez les siens, mais les siens ne l’ont pas accueilli » (Jn 1,11). Dès le premier Évangile de l’Avent, le Seigneur nous a mis en garde, demandant de ne pas nous appesantir dans les « beuveries » et les « soucis de la vie » (Lc 21,34). Ces jours-ci, on court, peut-être comme jamais pendant l’année. Mais ainsi, on fait le contraire de ce que veut Jésus. Nous accusons toutes les choses qui remplissent les journées, le monde qui va vite. Et pourtant Jésus n’a pas inculpé le monde, c’est à nous qu’il a demandé de ne pas nous laisser entraîner, de veiller à tout moment en priant (cf. v.36).

Voilà, ce sera Noël si, comme Joseph, nous faisons place au silence ; si, comme Marie, nous disons « Me voici » à Dieu ; si, comme Jésus, nous sommes proches de celui qui est seul ; si, comme les bergers, nous sortons de nos enclos pour être avec Jésus. Ce sera Noël, si nous trouvons la lumière dans la pauvre grotte de Bethléem. Ce ne sera pas Noël, si nous cherchons les lumières brillantes du monde, si nous nous remplissons de cadeaux, de déjeuners et de dîners mais si nous n’aidons pas même un pauvre, qui ressemble à Dieu, parce qu’à Noël, Dieu est venu pauvre.

Chers frères et sœurs, je vous souhaite un bon Noël, un Noël riche des promesses de Jésus ! Cela pourra sembler être des surprises inconfortables, mais ce sera les goûts de Dieu. Si nous les épousons, nous nous ferons à nous-mêmes une surprise splendide. Chacun de nous a, caché dans son cœur, la capacité de se laisser surprendre. Laissons-nous surprendre par Jésus pendant ce Noël.

 

 

 

Se souvenir de l’amour du Père

Dieu, affirme le pape, « demande à ses enfants de l’invoquer avec le nom de “Père”, de se laisser renouveler par sa puissance et de refléter un rayon de sa bonté pour ce monde si assoiffé de bien, tellement en attente de belles nouvelles ». Dans la prière chrétienne, explique-t-il, « se noue de manière très intense un dialogue continuel avec le Père ». Et de conclure : « Au fond, il suffit de se mettre sous le regard de Dieu, de se souvenir de son amour de Père et c’est suffisant pour être exaucé ».

Le pape a souligné que, dans l’Évangile de Matthieu, l’enseignement du Notre Père se situe au cœur du « Discours sur la montagne », après les Béatitudes dans lesquelles « Jésus couronne de bonheur une série de catégories de personnes qui, à son époque – mais aussi à la nôtre ! – n’étaient pas très considérées ».

« Bienheureux les pauvres, les doux, les miséricordieux, les personnes humbles de cœur… Voilà la révolution de l’Évangile », a déclaré le pape François avec insistance : « Voilà la révolution de l’Évangile. Là où il y a l’Évangile, il y a une révolution. L’Évangile ne laisse pas tranquille, il nous pousse : il est révolutionnaire ».

 

Chers frères et sœurs, bonjour et aussi bonne année !

Nous poursuivons nos catéchèses sur le « Notre Père », éclairés par le mystère de Noël que nous venons de célébrer.

L’Évangile de Matthieu situe le texte du « Notre Père » à un point stratégique, au centre du discours sur la montagne (cf. 6,9-13). Observons d’abord la scène : Jésus monte sur la colline près du lac et se met à s’asseoir ; autour de lui, il a le cercle de ses disciples les plus intimes et puis une grande foule de visages anonymes. C’est cette assemblée hétérogène qui reçoit la première la remise du « Notre Père ».

La situation, comme nous l’avons dit, est très significative ; parce que, dans ce long enseignement, qui est intitulé le « discours sur la montagne » (cf. Mt 5,1-7,27), Jésus condense les aspects fondamentaux de son message. Le début est comme une voute décorée pour une fête : les Béatitudes. Jésus couronne de bonheur une série de catégories de personnes qui, à son époque – mais aussi à la nôtre ! – n’étaient pas très considérées. Bienheureux les pauvres, les doux, les miséricordieux, les personnes humbles de cœur… Voilà la révolution de l’Évangile. Là où il y a l’Évangile, il y a une révolution. L’Évangile ne laisse pas tranquille, il nous pousse : il est révolutionnaire. Toutes les personnes capables d’amour, les artisans de paix qui, jusqu’alors, avaient fini en marge de l’histoire, sont au contraire les bâtisseurs du Royaume de Dieu. C’est comme si Jésus disait : avancez, vous qui portez dans votre cœur le mystère d’un Dieu qui a révélé sa toute-puissance dans l’amour et dans le pardon !

De cette porte d’entrée, qui renverse les valeurs de l’histoire, jaillit la nouveauté de l’Évangile. La loi ne doit pas être abolie mais elle a besoin d’une nouvelle interprétation qui la reconduise à son sens originel. Si une personne a le cœur bon, prédisposé à l’amour, elle comprend alors que chaque parole de Dieu doit être incarnée jusque dans ses conséquences ultimes. L’amour n’a pas de frontières : on peut aimer son conjoint, son ami et même son ennemi dans une perspective tout à fait nouvelle. Jésus dit : « Eh bien ! Moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. » (Mt 5,44-45).

Voilà le grand secret qui est à la base de tout le discours sur la montagne : soyez les fils de votre Père qui est aux cieux. Apparemment, ces chapitres de l’Évangile de Matthieu semblent être un discours moral, ils semblent évoquer une éthique si exigeante qu’elle paraît impraticable, et au contraire, nous découvrons qu’ils sont surtout un discours théologique. Le chrétien n’est pas quelqu’un qui s’engage à être meilleur que les autres : il sait qu’il est pécheur comme tout le monde. Le chrétien est simplement l’homme qui se tient devant le nouveau Buisson ardent, la révélation d’un Dieu qui ne porte pas l’énigme d’un nom imprononçable, mais qui demande à ses enfants de l’invoquer avec le nom de « Père », de se laisser renouveler par sa puissance et de refléter un rayon de sa bonté pour ce monde si assoiffé de bien, tellement en attente de belles nouvelles.

Voilà donc comment Jésus introduit l’enseignement de la prière du « Notre Père ». Il le fait en prenant ses distances par rapport à deux groupes de son époque. Avant tout les hypocrites : « ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient » (Mt 6,5). Il y a des gens qui sont capables de combiner des prières athées, sans Dieu, et ils le font pour être admirés par les hommes. Et bien souvent, nous voyons le scandale de ces personnes qui vont à l’église et restent là toute la journée ou qui y vont tous les jours et qui ensuite vivent en haïssant les autres ou en disant du mal des autres. C’est un scandale ! Mieux vaut ne pas aller à l’église : tu vis comme cela, comme si tu étais athée. Mais si tu vas à l’église, vis en fils, en frère, et donne un vrai témoignage, et non un contre-témoignage. La prière chrétienne, elle, n’a pas d’autre témoin crédible que notre propre conscience, où se noue de manière très intense un dialogue continuel avec le Père : « quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret » (Mt 6,6).

Ensuite Jésus prend ses distances par rapport à la prière des païens : « ne rabâchez pas […] ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés » (Mt 6,7). Ici Jésus fait peut-être allusion à cette « captatio benevolentiae » qui était la prémisse nécessaire de nombreuses prières antiques : la divinité devait être, d’une certaine manière, apprivoisée par une longue série de louanges, et même de prières. Pensons à cette scène sur le Mont Carmel, quand le prophète Élie défia les prêtres de Baal. Ils criaient, dansaient, demandaient beaucoup de choses pour que leur dieu les écoute. Et Élie, lui, se taisait et le Seigneur se révéla à Élie. Les païens pensent qu’en parlant, parlant, parlant, parlant, on prie. Et je pense aussi à de nombreux chrétiens qui croient que prier, c’est – excusez-moi – « parler à Dieu comme un perroquet ». Non ! Prier se fait en partant du cœur, de l’intérieur. Toi, au contraire – dit Jésus – quand tu pries, adresse-toi à Dieu comme un enfant à son père qui sait de quoi il a besoin avant même qu’il le lui demande (cf. Mt 6,8). Cela pourrait aussi être une prière silencieuse, le « Notre Père » : au fond, il suffit de se mettre sous le regard de Dieu, de se souvenir de son amour de Père et c’est suffisant pour être exaucé.

C’est beau de penser que notre Dieu n’a pas besoin de sacrifices pour conquérir ses faveurs ! Il n’a besoin de rien, notre Dieu : dans la prière, il demande seulement que nous gardions ouvert un canal de communication avec lui pour nous découvrir toujours ses enfants bien-aimés. Et il nous aime beaucoup.

 

 

 

« Jésus n’enseigne pas des formules »

Le « Notre Père », composé de « sept demandes » est une prière « audacieuse », affirme le pape François, car « si le Christ ne l’avait pas suggérée, personne de nous n’oserait probablement prier Dieu de cette manière ».

Après la lecture du passage de l’Évangile selon saint Luc (11, 9-13), le pape a centré sa méditation sur le thème de la confiance filiale.

« Dans la prière », poursuit-il, « Jésus ne veut pas éteindre l’humain, il ne veut pas l’anesthésier. Il ne veut pas que nous atténuions nos demandes et nos requêtes en apprenant à tout supporter. Il veut au contraire que toute souffrance, toute inquiétude, s’élance vers le ciel et devienne un dialogue ».

« Jésus n’enseigne pas des formules pour “s’attirer les bonnes grâces” du Seigneur », a expliqué le pape. « Dieu est notre Père qui a une immense compassion pour nous, et qui veut que ses enfants lui parlent sans peur, en l’appelant directement “Père” », a-t-il poursuivi. C’est pourquoi « nous pouvons tout lui raconter, même les choses de notre vie qui restent tordues et incompréhensibles ». La prière se trouve « partout où il y a un homme, n’importe quel homme qui a faim, qui pleure, qui lutte, qui souffre et se demande “pourquoi” ».

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

Nous poursuivons notre chemin de catéchèses sur le « Notre Père », commencé la semaine dernière. Jésus met sur les lèvres de ses disciples une prière brève, audacieuse, faite de sept demandes – un nombre qui n’est pas fortuit dans la Bible, qui indique la plénitude. Je dis audacieuse parce que, si le Christ ne l’avait pas suggérée, personne de nous – ou plutôt aucun des théologiens les plus connus – n’oserait probablement prier Dieu de cette manière.

En effet, Jésus invite ses disciples à s’approcher de Dieu et à lui adresser avec confiance certaines demandes : qui le concernent, lui, avant tout, et ensuite qui nous concernent. Il n’y a pas de préambules dans le « Notre Père ». Jésus n’enseigne pas des formules pour « s’attirer les bonnes grâces » du Seigneur, au contraire, il invite à le prier en faisant tomber les barrières de la suggestion et de la peur. Il ne dit pas de s’adresser à Dieu en l’appelant « Tout-puissant », « Très-haut », « Toi, qui es tellement loin de nous, moi, je suis misérable » : non, il ne dit pas cela, mais simplement « Père », en toute simplicité, comme les enfants s’adressent à leur papa. Et ce mot « Père » exprime la confiance filiale.

La prière du « Notre Père » plonge ses racines dans la réalité concrète de l’homme. Par exemple, elle nous fait demander le pain, le pain quotidien : une demande simple mais essentielle, qui dit que la foi n’est pas une question « de décor », détachée de la vie, qui intervient quand tous les autres besoins ont été satisfaits. Au contraire, la prière commence avec la vie même. La prière, nous enseigne Jésus, ne commence pas dans l’existence humaine une fois que l’estomac est plein : elle se niche plutôt partout où il y a un homme, n’importe quel homme qui a faim, qui pleure, qui lutte, qui souffre et se demande « pourquoi ». Notre première prière, en un certain sens, a été le vagissement qui a accompagné notre première respiration. Dans ces pleurs du nouveau-né c’est le destin de toute notre vie qui s’annonçait : notre faim continuelle, notre soif continuelle, notre recherche de bonheur.

Dans la prière, Jésus ne veut pas éteindre l’humain, il ne veut pas l’anesthésier. Il ne veut pas que nous atténuions nos demandes et nos requêtes en apprenant à tout supporter. Il veut au contraire que toute souffrance, toute inquiétude, s’élance vers le ciel et devienne un dialogue.

Avoir foi, disait quelqu’un, c’est avoir l’habitude de crier.

Nous devrions tous être comme Bartimée dans l’Évangile (cf. Mc 10, 46-52) – souvenons-nous de ce passage de l’Évangile, Bartimée, le fils de Timée – cet homme aveugle qui mendiait aux portes de Jéricho. Autour de lui il avait beaucoup de braves gens qui lui intimaient l’ordre de se taire : « Mais tais-toi ! Le Seigneur passe. Tais-toi. Ne dérange pas. Le maître a tant à faire ; ne le dérange pas. Tu es ennuyeux avec tes cris. Ne dérange pas ! » Mais lui, il n’écoutait pas ces conseils : avec une sainte insistance, il voulait que sa misérable condition puisse enfin rencontrer Jésus. Et il criait plus fort ! Et les gens bien élevés : « Mais non, c’est le Maître, s’il te plaît ! Tu as l’air malin ! ». Et lui il criait parce qu’il voulait voir, il voulait être guéri : « Jésus, aie pitié de moi ! » (v.47). Jésus lui rend la vue et lui dit : « Ta foi t’a sauvé » (v.52), comme s’il expliquait que ce qui avait été décisif pour sa guérison, c’était cette prière, cette invocation criée avec foi, plus forte que le « bon sens » de tant de gens qui voulaient le faire taire. La prière, non seulement précède le salut, mais d’une certaine façon le contient déjà, parce qu’elle libère du désespoir de celui qui ne croit pas à une issue à tant de situations insupportables.

Certes, ensuite, les croyants ressentent aussi le besoin de louer Dieu. Les Évangiles nous rapportent l’exclamation de jubilation qui éclate du cœur de Jésus, plein d’étonnement reconnaissant envers le Père (cf. Mt 11,25-27). Les premiers chrétiens ont même senti l’exigence d’ajouter une doxologie au texte du « Notre Père » : « Car c’est à toi qu’appartiennent la puissance et la gloire pour les siècles des siècles » (Didaché, 8,2).

Mais personne d’entre nous n’est tenu d’embrasser la théorie que quelqu’un a proposé dans le passé, à savoir que la prière de demande est une forme de faiblesse de la foi, tandis que la prière plus authentique serait la pure louange, celle qui cherche Dieu sans le poids d’aucune requête. Non, ce n’est pas vrai. La prière de demande est authentique, spontanée, c’est un acte de foi en Dieu qui est le Père, qui est bon, qui est tout-puissant. C’est un acte de foi en moi, qui suis petit, pécheur et indigent. Et c’est pourquoi la prière pour demander quelque chose est très noble. Dieu est notre Père qui a une immense compassion pour nous, et qui veut que ses enfants lui parlent sans peur, en l’appelant directement « Père » ; ou dans les difficultés en disant : « Mais Seigneur, que m’as-tu fait ? » C’est pourquoi nous pouvons tout lui raconter, même les choses de notre vie qui restent tordues et incompréhensibles. Et il nous a promis qu’il serait toujours avec nous, jusqu’au dernier des jours que nous passerons sur cette terre. Prions le « Notre Père » en commençant ainsi, simplement : « Père » ou « Papa ». Et lui, il nous comprend et nous aime beaucoup.