Nouvelles catéchèses sur les commandements

 « Trouver l’original de la vie, pas la copie », c’est le défi que lance le pape François. « Jésus n’offre pas de succédané, mais la vraie vie, le vrai amour, la vraie richesse », explique-t-il en poursuivant : « Comment les jeunes pourront-ils nous suivre dans la foi s’ils ne nous voient pas choisir l’original, s’ils nous voient habitués aux demi-mesures ? C’est triste de trouver des chrétiens de la demi-mesure ».

Le pape François a lancé un nouveau cycle de catéchèses sur le thème des Commandements. Il a centré cette première catéchèse sur « le désir d’une vie pleine ».

Le pape s’est en particulier tourné vers les jeunes : « Combien de jeunes cherchent à « vivre » et puis se détruisent en allant derrière des choses éphémères ! », a-t-il déploré. C’est pourquoi « il faut demander à notre Père céleste pour les jeunes d’aujourd’hui le don d’une saine inquiétude », car « la vie du jeune consiste à avancer, à être inquiet, la saine inquiétude, la capacité de ne pas se contenter d’une vie sans beauté, sans couleur ».

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

Aujourd’hui, c’est la fête de saint Antoine de Padoue. Qui parmi vous s’appelle Antoine ? On applaudit tous les Antoine ! Nous commençons aujourd’hui un nouvel itinéraire de catéchèses sur le thème des commandements. Les commandements de la loi de Dieu. Pour l’introduire, nous partons du passage que nous venons d’écouter : la rencontre entre Jésus et un homme – c’est un jeune – qui, à genoux, lui demande comment pouvoir hériter de la vie éternelle (cf. Mc 10, 17-21). Et dans cette question, se trouve le défi de toute existence, et donc la nôtre : le désir d’une vie pleine, infinie. Mais comment faire pour y arriver ? Quel sentier parcourir ? Vivre pour de vrai, vivre une existence noble… Combien de jeunes cherchent à « vivre » et puis se détruisent en allant derrière des choses éphémères !

Certains pensent qu’il vaut mieux éteindre cette impulsion – l’impulsion pour vivre – parce que c’est dangereux. Je voudrais dire, surtout aux jeunes : notre pire ennemi, ce ne sont pas les problèmes concrets, aussi sérieux et dramatiques soient-ils : le plus grand danger de notre vie est un mauvais esprit d’adaptation qui n’est ni douceur ni humilité, mais médiocrité, pusillanimité.1 Un jeune médiocre est-il un jeune avec un avenir ou non ? Non ! Il reste là, il ne grandit pas, il n’aura pas de succès. La médiocrité ou la pusillanimité. Ces jeunes qui ont peur de tout : « Non, je suis comme cela… » Ces jeunes n’avanceront pas. Douceur, force et pas de pusillanimité, pas de médiocrité. Le bienheureux Pier Giorgio Frassati – qui était un jeune – disait qu’il faut vivre et ne pas vivoter.2 Les médiocres vivotent. Vivre avec la force de la vie. Il faut demander à notre Père céleste pour les jeunes d’aujourd’hui le don d’une saine inquiétude. Mais à la maison, dans vos maisons, dans chaque famille, quand on voit un jeune qui reste assis toute la journée, parfois maman et papa pensent : « Mais il est malade, il a quelque chose » et ils l’emmènent chez le médecin. La vie du jeune consiste à avancer, à être inquiet, la saine inquiétude, la capacité de ne pas se contenter d’une vie sans beauté, sans couleur. Si les jeunes ne sont pas affamés d’une vie authentique, je m’interroge, où ira l’humanité ? Où ira l’humanité avec des jeunes tranquilles au lieu d’être inquiets ?

La question de l’homme de l’Évangile, que nous avons entendue, est à l’intérieur de chacun de nous : comment se trouve la vie, la vie en abondance, le bonheur ? Jésus répond : « Tu connais les commandements » (v.19) et il cite une partie du Décalogue. C’est un processus pédagogique, par lequel Jésus veut guider vers un lieu précis ; en effet, il est déjà clair, à partir de sa question, que cet homme n’a pas une vie pleine, il cherche davantage, il est inquiet. Que doit-il donc comprendre ? Il dit : « Maître, tout cela, je l’ai observé dès ma jeunesse » (v.20).

Comment passe-t-on de la jeunesse à la maturité ? Quand on commence à accepter ses limites. On devient adulte quand on relativise et que l’on prend conscience de « ce qui manque » (cf. v.21). Cet homme est contraint à reconnaître que tout ce qu’il peut « faire » ne dépasse pas le plafond, ne pas pas au-delà d’une certaine limite.

Comme il est beau d’être des hommes et des femmes ! Comme notre existence est précieuse. Et pourtant, il y a une vérité que l’homme a souvent refusée, dans l’histoire de ces derniers siècles, avec des conséquences tragiques : la vérité de ses limites.

Dans l’Évangile, Jésus dit quelque chose qui peut nous aider : « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir » (Mt 5, 17). Le Seigneur Jésus offre l’accomplissement, il est venu pour cela. Cet homme devait arriver au seuil d’un saut, où s’ouvre la possibilité d’arrêter de vivre de soi, de ses œuvres, de ses biens et – justement parce qu’il manque une vie pleine – de laisser tout pour suivre le Seigneur.3 À bien regarder, dans l’invitation finale de Jésus – immense, merveilleuse – il n’y a pas la proposition de la pauvreté, mais de la richesse, la vraie : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. » (v.21).

Qui, pouvant choisir entre un original et une copie, choisirait la copie ? Voilà le défi : trouver l’original de la vie, pas la copie. Jésus n’offre pas de succédané, mais la vraie vie, le vrai amour, la vraie richesse ! Comment les jeunes pourront-ils nous suivre dans la foi s’ils ne nous voient pas choisir l’original, s’ils nous voient habitués aux demi-mesures ? C’est triste de trouver des chrétiens de la demi-mesure, des chrétiens – je me permets la parole – « nains » ; ils grandissent jusqu’à une certaine stature et puis non ; des chrétiens au cœur rabougri, fermé. C’est triste quand on trouve cela. Il faut l’exemple de quelqu’un qui m’invite à un « au-delà », à un « plus », à grandir un peu. Saint Ignace l’appelait le « magis », « le feu, la ferveur de l’action, qui secoue ceux qui sont endormis ».4

La voie de ce qui manque passe par ce qu’il y a. Jésus n’est pas venu abolir la loi ou les prophètes mais pour les accomplir. Nous devons partir de la réalité pour faire le saut dans « ce qui manque ». Nous devons scruter l’ordinaire pour nous ouvrir à l’extraordinaire.

Dans ces catéchèses, nous prendrons les deux tables de Moïse en chrétiens, en nous tenant à Jésus par la main, pour passer des illusions de la jeunesse au trésor qui est au ciel, en marchant derrière lui. Nous découvrirons, dans chacune de ces lois, anciennes et sages, la porte ouverte du Père qui est dans les cieux pour que le Seigneur Jésus, qui l’a franchie, nous conduise à la vraie vie. Sa vie. La vie des enfants de Dieu.
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[1] Les Pères parlent de pusillanimité (oligopsychìa). Saint Jean Damascène la définit comme « la peur d’accomplir une action » (Exposition exacte de la foi orthodoxe, II,15) et saint Jean Climaque ajoute « que la pusillanimité est une disposition puérile dans une âme qui n’est plus jeune » (L’échelle, XX, 1,2).

[2] Cf. Lettera à Isidoro Bonini, 27 février 1925.

[3] « L’œil a été créé pour la lumière, l’oreille pour les sons, chaque chose pour sa fin et le désir de l’âme pour s’élancer vers le Christ » (Nicola Cabasilas, La vie dans le Christ, II, 90).

[4] Discours à la XXXVI Congrégation générale de la Compagnie de Jésus, 24 octobre 2016 : « Il s’agit de ‘magis’, de ce ‘plus’ qui pousse Ignace à initier des processus, à les accompagner et à évaluer leur réelle incidence dans la vie des personnes, en matière de foi, ou de justice, ou de miséricorde et de charité ».

 

 

 

« Recevoir l’Esprit Saint pour le donner aux autres »

Par le sacrement de la confirmation, le don de l’Esprit Saint « entre en nous et fait porter du fruit, pour que nous puissions ensuite le donner aux autres. Toujours recevoir pour donner : ne jamais recevoir et garder les choses à l’intérieur, comme si l’âme était un magasin », explique le pape François : « Les grâces de Dieu se reçoivent pour être données aux autres. C’est la vie du chrétien ».

Le pape François a poursuivi sa catéchèse sur le sacrement de la confirmation. Il a centré sa réflexion sur le don de l’Esprit Saint.

Le pape a conclu en invitant les confirmés à « ne pas mettre l’Esprit Saint “en cage” », à ne pas opposer de résistance au vent qui souffle pour les pousser à marcher dans la liberté, à ne pas suffoquer le feu ardent de la charité qui pousse à consumer sa vie pour Dieu et pour ses frères ». En un mot à avoir « le courage apostolique de communiquer l’Évangile, par les œuvres et par les paroles ».

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

Nous poursuivons notre réflexion sur le sacrement de la Confirmation, en considérant les effets que le don de l’Esprit Saint fait mûrir chez les confirmés, les conduisant à devenir à leur tour un don pour les autres. L’Esprit-Saint est un don. Souvenons-nous que, quand l’évêque nous donne l’onction avec l’huile, il dit : « Reçois la marque de l’Esprit Saint qui t’est donné ». Ce don de l’Esprit Saint entre en nous et fait porter du fruit, pour que nous puissions ensuite le donner aux autres. Toujours recevoir pour donner : ne jamais recevoir et garder les choses à l’intérieur, comme si l’âme était un magasin. Non : toujours recevoir pour donner. Les grâces de Dieu se reçoivent pour être données aux autres. C’est la vie du chrétien. C’est donc le propre de l’Esprit-Saint de nous décentrer de notre moi pour nous ouvrir au « nous » de la communauté : recevoir pour donner. Nous ne sommes pas au centre : nous sommes un instrument de ce don pour les autres. Complétant dans les baptisés la ressemblance avec le Christ, la Confirmation les unit plus fortement comme membres vivants au corps mystique de l’Église (cf. Rite de la Confirmation, n.25).

La mission de l’Église dans le monde procède à travers l’apport de tous ceux qui en font partie. Certains pensent que, dans l’Église, il y a des patrons : le pape, les évêques, les prêtres, et ensuite il y a les autres. Non : l’Église, c’est nous tous ! Et nous avons tous la responsabilité de nous sanctifier mutuellement, de prendre soin des autres. L’Église, c’est nous tous. Chacun a son travail dans l’Église, mais c’est nous tous.

En effet, nous devons penser à l’Église comme à un organisme vivant, composé de personnes que nous connaissons et avec lesquelles nous cheminons, et non comme à une réalité abstraite et lointaine. L’Église, c’est nous qui marchons, l’Église, c’est nous qui, aujourd’hui, sommes sur cette place. Nous : voilà l’Église. La Confirmation lie à l’Église universelle, dispersée sur toute la terre, mais en impliquant activement les confirmés dans la vie de l’Église particulière à laquelle ils appartiennent, avec à sa tête l’évêque qui est le successeur des apôtres. Et c’est pour cela que l’évêque est le ministre originaire de la Confirmation (cf. Lumen gentium, 26), parce que c’est lui qui insère le confirmé dans l’Église. Le fait que, dans l’Église latine, ce sacrement soit d’ordinaire conféré par l’évêque souligne son « effet d’unir plus étroitement à l’Église, à ses origines apostoliques et à sa mission de témoigner du Christ ceux qui le reçoivent » (Catéchisme de l’Église catholique, 1313).

Et cette incorporation ecclésiale est bien signifiée par le signe de la paix qui conclut le rite de la Confirmation. En effet, l’évêque dit à chaque confirmé : « La paix soit avec toi ». Rappelant le salut du Christ à ses disciples le soir de Pâques, rempli de l’Esprit Saint (cf. Jn 20,19-23) – nous l’avons entendu – ces paroles éclairent un geste qui « exprime la communion ecclésiale avec l’évêque et avec tous les fidèles » (cf. CEC, 1301). À la Confirmation, nous recevons l’Esprit Saint et la paix : cette paix que nous devons donner aux autres. Mais réfléchissons : que chacun pense à sa communauté paroissiale, par exemple. Il y a la cérémonie de la confirmation, et ensuite nous nous donnons la paix : l’évêque la donne au confirmé et ensuite, pendant la messe, nous l’échangeons entre nous. Cela signifie l’harmonie, cela signifie la charité pour nous, cela signifie la paix. Mais que se passe-t-il ensuite ? Nous sortons et nous commençons à dire du mal des autres, à « écorcher » les autres. Nous commençons les commérages. Et les commérages, c’est la guerre. Cela ne va pas ! Si nous avons reçu le signe de la paix avec la force de l’Esprit Saint, nous devons être des hommes et des femmes de paix et ne pas détruire, avec la langue, la paix qu’a faite l’Esprit. Pauvre Esprit Saint, le travail qu’il a avec nous, avec cette habitude du commérage ! Réfléchissez bien : le commérage n’est pas l’œuvre de l’Esprit Saint, ce n’est pas une œuvre de l’unité de l’Église. Le commérage détruit ce que fait Dieu. Mais s’il vous plaît : arrêtons de faire des commérages !

La Confirmation se reçoit une seule fois, mais le dynamisme spirituel suscité par la sainte onction est persévérant dans le temps. Nous ne finirons jamais de réaliser le mandat de répandre partout la bonne odeur d’une vie sainte, inspirée par la fascinante simplicité de l’Évangile. Personne ne reçoit la Confirmation que pour soi, mais pour coopérer à la croissance spirituelle des autres. C’est seulement ainsi, en nous ouvrant et en sortant de nous-mêmes pour rencontrer les frères, que nous pouvons vraiment grandir et ne pas simplement nous leurrer. Ce que nous recevons comme don de la part de Dieu doit être effectivement donné – le don doit être donné – afin d’être fécond, et non pas enseveli sous le prétexte de peurs égoïstes, comme l’enseigne la parabole des talents (cf. Mt 25,14-30).

 

La graine aussi, quand nous avons la graine dans la main, mais ce n’est pas pour la mettre là, dans l’armoire, la laisser là : c’est pour la semer. Le don de l’Esprit Saint, nous devons le donner à la communauté. J’exhorte les confirmés à ne pas mettre l’Esprit Saint « en cage », à ne pas opposer de résistance au vent qui souffle pour les pousser à marcher dans la liberté, à ne pas suffoquer le feu ardent de la charité qui pousse à consumer sa vie pour Dieu et pour ses frères. Que l’Esprit Saint nous accorde à tous le courage apostolique de communiquer l’Évangile, par les œuvres et par les paroles, à ceux que nous rencontrons sur notre route. Par les œuvres et par les paroles, mais les bonnes paroles : celles qui édifient. Pas les paroles des commérages qui détruisent. S’il vous plaît, quand vous sortez de l’église, pensez que la paix que vous avez reçue, c’est pour la donner aux autres : pas pour la détruire par les ragots. N’oubliez pas cela.

 

« Comment voit-on que nous avons reçu le don de l’Esprit ? » s’est demandé le pape François : « Si nous accomplissons les œuvres de l’Esprit, si nous prononçons des paroles enseignées par l’Esprit… Le témoignage chrétien consiste à faire seulement et tout ce que l’Esprit du Christ nous demande, en nous donnant la force de l’accomplir. »

Lors de l’audience générale place Saint-Pierre, le pape a entamé un nouveau cycle de catéchèse sur le sacrement de la confirmation, qui fait suite à celui du baptême. « La Pentecôte, a-t-il souligné… est pour l’Eglise ce que fut pour le Christ l’onction de l’Esprit reçue au Jourdain… la Pentecôte est l’impulsion missionnaire à consommer sa vie pour la sanctification des hommes, à la gloire de Dieu. »

« Si dans le Baptême, c’est l’Esprit Saint qui nous immerge en Christ, dans la Confirmation c’est le Christ qui nous remplit de son Esprit, en nous consacrant comme ses témoins, participant de son principe de vie et de sa mission », a ajouté le pape.

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

Après les catéchèses sur le Baptême, ces journées qui suivent la solennité de Pentecôte nous invitent à réfléchir sur le témoignage que l’Esprit suscite dans les baptisés, en mettant en mouvement leur vie, en l’ouvrant au bien des autres. Jésus a confié à ses disciples une grande mission : « Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde » (cf. Mt 5,13-16). Ce sont des images qui font penser à notre comportement, car aussi bien la carence que l’excès de sel rendent le plat dégoûtant, tout comme le manque ou l’excès de lumière empêchent de voir. C’est seulement l’Esprit du Christ qui peut vraiment faire de nous un sel qui donne de la saveur et préserver de la corruption, et une lumière qui éclaire le monde ! Et c’est le don que nous recevons dans le Sacrement de la Confirmation, sur lequel je désire réfléchir avec vous. Il s’appelle “Confirmation” parce qu’il confirme le Baptême et en renforce la grâce (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, 1289); nous recevons l’Esprit par l’onction du “chrême” – huile mélangée à un parfum consacré par l’évêque –, terme qui renvoie au “Christ” l’Oint de l’Esprit Saint.

Renaître à la vie divine par le Baptême est le premier pas. Il faut ensuite se comporter en enfant de Dieu, se conformer au Christ qui agit dans l’Église pour être associé à sa mission dans le monde. C’est à cela que pourvoit l’onction de l’Esprit Saint : « Sans ta puissance divine, il n’est rien en aucun homme » (cf. Séquence de Pentecôte). Sans la force de l’Esprit Saint, nous ne pouvons rien faire : c’est l’Esprit qui nous donne la force pour avancer. Comme toute la vie de Jésus fut animée de l’Esprit, ainsi la vie de l’Eglise et de chacun de ses membres doit être sous la conduite de ce même Esprit.

Conçu de la Vierge par l’opération du Saint Esprit, Jésus entreprend sa mission après que, sorti de l’eau du Jourdain, il ait été consacré par l’Esprit qui descend et demeure sur Lui (cf. Mc 1,10; Jn 1,32). Il le déclare explicitement dans la synagogue de Nazareth : c’est beau comme Jésus se présente, la carte d’identité de Jésus dans la synagogue de Nazareth ! Écoutons la façon dont il le fait : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres » (Lc 4,18). Jésus se présente, dans la synagogue de son village, comme l’Oint, Celui qui a été oint par l’Esprit.

Jésus est rempli de l’Esprit Saint et il est la source de l’Esprit promis par le Père (cf. Jn 15,26; Lc 24,49; At 1,8; 2,33). En réalité, le soir de Pâques, le Ressuscité souffle sur ses disciples en disant : « Recevez l’Esprit Saint » (Jn 20,22); et au jour de la Pentecôte la force de l’Esprit descend sur les Apôtres sous une forme extraordinaire (cf. Ac 2,1-4), comme nous le savons.

Le “Souffle” du Christ Ressuscité remplit de vie les poumons de l’Eglise ; et en effet les lèvres des disciples, « remplis de l’Esprit Saint », s’ouvrent pour proclamer à tous les grandes œuvres de Dieu (cf. Ac 2,1-11).

La Pentecôte – que nous avons célébrée dimanche dernier – est pour l’Eglise ce que fut pour le Christ l’onction de l’Esprit reçue au Jourdain, c’est-à-dire que la Pentecôte est l’impulsion missionnaire à consommer sa vie pour la sanctification des hommes, à la gloire de Dieu. Si en tout sacrement l’Esprit agit, il le fait de façon spéciale dans la Confirmation où « les fidèles reçoivent l’Esprit Saint comme don » (Paul VI, Const. ap., Divinae consortium naturae). Et au moment de donner l’onction, l’évêque dit cette parole : “Sois marqué de l’Esprit Saint, le Don de Dieu”: c’est le grand don de Dieu, l’Esprit Saint. Et nous avons tous l’Esprit en nous. L’Esprit est dans notre cœur, dans notre âme. Et l’Esprit nous conduit dans la vie pour que nous devenions juste sel et juste lumière pour les hommes.

Si dans le Baptême c’est l’Esprit Saint qui nous immerge en Christ, dans la Confirmation c’est le Christ qui nous remplit de son Esprit, en nous consacrant comme ses témoins, participant de son principe de vie et de sa mission, selon le dessein du Père céleste. Le témoignage rendu par les confirmés manifeste la réception de l’Esprit-Saint et la docilité à son inspiration créative. Je me demande : comment voit-on que nous avons reçu le Don de l’Esprit ? Si nous accomplissons les œuvres de l’Esprit, si nous prononçons des paroles enseignées par l’Esprit (cf. 1 Co 2,13). Le témoignage chrétien consiste à faire seulement et tout ce que l’Esprit du Christ nous demande, en nous donnant la force de l’accomplir.

 

 

L’Esprit-Saint, un don à accueillir avec gratitude

 « L’Esprit est un don non mérité, à accueillir avec gratitude, en faisant de la place à son inépuisable créativité », a affirmé le pape François qui a poursuivi : « C’est un don à conserver avec soin, auquel se soumettre avec docilité, en se laissant façonner, comme la cire, par sa brûlante charité, “pour réfléchir Jésus-Christ dans le monde d’aujourd’hui” ».

Le pape a poursuivi le nouveau cycle de catéchèses sur le sacrement de la Confirmation, soulignant le « lien intime de ce sacrement avec toute l’initiation chrétienne ». « L’onction spirituelle, a-t-il dit, confirme et renforce la grâce du baptême ».

Il a aussi expliqué qu’ « en recevant sur le front le signe de croix avec l’huile parfumée, le confirmé reçoit donc une empreinte spirituelle indélébile, le « caractère » qui le configure plus parfaitement au Christ et lui donne la grâce de répandre parmi les hommes son « bon parfum ».

 

Chers frères et sœurs,

En poursuivant le thème de la Confirmation, je désire aujourd’hui mettre en lumière le « lien intime de ce sacrement avec toute l’initiation chrétienne » (Sacrosanctum Concilium, 71).

Avant de recevoir l’onction spirituelle qui confirme et renforce la grâce du baptême, les confirmands sont appelés à renouveler les promesses faites un jour par les parents et les parrain et marraine. Maintenant, ce sont eux-mêmes qui professent la foi de l’Église, prêts à répondre « je crois » aux questions que leur adresse l’évêque ; prêts, en particulier, à croire « en l’Esprit-Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie et qui, aujourd’hui, par le biais du sacrement de la Confirmation, [leur] est conféré, de manière spéciale, comme autrefois aux apôtres le jour de la Pentecôte » (Rite de la Confirmation, n.26).

Puisque la venue de l’Esprit Saint exige des cœurs recueillis dans l’oraison (cf. Ac 1,14), après la prière silencieuse de la communauté, l’évêque, les mains tendues sur les confirmands, supplie Dieu de répandre sur eux son Esprit Paraclet. C’est le même Esprit (cf. 1 Cor 12,4), mais en venant à nous il apporte avec lui une richesse de dons : sagesse, intelligence, conseil, force, science, piété et sainte crainte de Dieu (cf. Rite de la Confirmation, nn.28-29). Nous avons entendu le passage de la Bible avec ces dons qu’apporte l’Esprit Saint. Selon le prophète Isaïe (11,2), ce sont les sept vertus de l’Esprit répandues sur le Messie pour l’accomplissement de sa mission. Saint Paul aussi décrit le fruit abondant de l’Esprit qui est « amour, joie, paix, patience, bienveillance, bonté, fidélité, douceur, maîtrise de soi » (Gal 5,22). L’unique Esprit distribue les multiples dons qui enrichissent l’unique Église : il est l’auteur de la diversité, mais en même temps le Créateur de l’unité. Ainsi, l’Esprit donne toutes ces richesses qui sont différentes mais de la même manière il fait l’harmonie, c’est-à-dire l’unité de toutes ces richesses spirituelles que nous avons, nous, les chrétiens.

Selon la tradition attestée par les apôtres, l’Esprit qui complète la grâce du baptême est communiqué à travers l’imposition des mains (cf. Ac 8,15-17 ; 19,5-6 ; Hé 6,2). À ce geste biblique, pour mieux exprimer l’effusion de l’Esprit qui envahit ceux qui la reçoivent, on a très rapidement ajouté une onction d’huile parfumée, appelée « chrême » [1], restée en usage jusqu’à aujourd’hui, en Orient comme en Occident (cf. Catéchisme de l’Église catholique, 1289).

L’huile – le chrême – est une substance thérapeutique et cosmétique qui, en entrant dans les tissus du corps, soigne les blessures et parfume les membres ; pour ces qualités, il a été emprunté par la symbolique biblique et liturgique pour exprimer l’action de l’Esprit Saint qui consacre et imprègne le baptisé, l’embellissant de charismes. Le sacrement est conféré par l’onction du chrême sur le front, effectuée par l’évêque avec l’imposition des mains et à travers ces paroles : « Sois marqué par l’Esprit Saint, le don de Dieu » [2]. L’Esprit Saint est le don invisible dispensé et le chrême en est le sceau visible.

En recevant sur le front le signe de croix avec l’huile parfumée, le confirmé reçoit donc une empreinte spirituelle indélébile, le « caractère » qui le configure plus parfaitement au Christ et lui donne la grâce de répandre parmi les hommes son « bon parfum » (cf. 2 Cor 2,15).

Réécoutons l’invitation de saint Ambroise aux nouveaux confirmés. Il dit ceci : « Rappelle-toi donc que tu as reçu le signe spirituel (…) et garde ce que tu as reçu. Dieu le Père t’a marqué de son signe, le Christ Seigneur t’a confirmé et il a mis en ton cœur le gage de l’Esprit » (De mysteriis 7,42 : CSEL 73,106 ; cf. CEC, 1303). L’Esprit est un don non mérité, à accueillir avec gratitude, en faisant de la place à son inépuisable créativité. C’est un don à conserver avec soin, auquel se soumettre avec docilité, en se laissant façonner, comme la cire, par sa brûlante charité, « pour réfléchir Jésus-Christ dans le monde d’aujourd’hui » (Exhort. ap. Gaudete et exsultate, 23).

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[1] Voici un passage de la prière de bénédiction du chrême : « Nous te prions maintenant, o Père : sanctifie par ta bénédiction cette huile, don de ta providence ; imprègne-la de la force de ton Esprit et de la puissance qui émane du Christ, nom à partir duquel est appelé chrême l’huile qui consacre les prêtres, les rois, les prophètes et les martyrs. […] Que cette onction les pénètre et les sanctifie pour que, libres de la corruption originelle et consacrés temple de ta gloire, ils répandent le parfum d’une vie sainte » (Bénédiction des huiles, n.22).

 [2] La formule « recevoir l’Esprit Saint » – « le don de l’Esprit Saint » se trouve dans Jn 20,22, Ac 2,38 et 10,45-47.

 

 

Nous ne sommes pas la lumière, Jésus est la lumière

 « Il a semblé naturel, depuis les premiers siècles, a expliqué le pape François, de revêtir les nouveaux baptisés d’un vêtement nouveau, blanc, par analogie avec la splendeur de la vie reçue dans le Christ et dans l’Esprit-Saint. Le vêtement blanc, tandis qu’il exprime symboliquement ce qui s’est réalisé dans le sacrement, annonce la condition de ceux qui ont été transformés dans la gloire divine. »

Le pape François a prononcé sa dernière catéchèse sur le sacrement du baptême.

Quant à « la remise rituelle de la flamme allumée au cierge pascal », a poursuivi le pape, elle « rappelle l’effet du baptême » : « Nous ne sommes pas la lumière », mais « Jésus-Christ est la lumière ». « Comme la flamme du cierge pascal donne la lumière aux bougies, ainsi la charité du Seigneur ressuscité enflamme les cœurs des baptisés, les comblant de lumière et de chaleur. »

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

Aujourd’hui, nous concluons le cycle de catéchèses sur le baptême. Les effets spirituels de ce sacrement, invisibles aux yeux mais efficaces dans le cœur de celui qui est devenu une nouvelle créature, sont explicités par la remise du vêtement blanc et du cierge allumé.

Après le bain de régénération, capable de recréer l’homme selon Dieu dans la véritable sainteté (cf. Ép 4,24), il a semblé naturel, depuis les premiers siècles, de revêtir les nouveaux baptisés d’un vêtement nouveau, blanc, par analogie avec la splendeur de la vie reçue dans le Christ et dans l’Esprit-Saint. Le vêtement blanc, tandis qu’il exprime symboliquement ce qui s’est réalisé dans le sacrement, annonce la condition de ceux qui ont été transformés dans la gloire divine.

Saint Paul rappelle ce que signifie revêtir le Christ en expliquant quelles sont les vertus que les baptisés doivent cultiver : « Puisque vous avez été choisis par Dieu, que vous êtes sanctifiés, aimés par lui, revêtez-vous de tendresse et de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience. Supportez-vous les uns les autres, et pardonnez-vous mutuellement si vous avez des reproches à vous faire. Le Seigneur vous a pardonnés : faites de même. Par-dessus tout cela, ayez l’amour, qui est le lien le plus parfait » (Col 3,12-14).

La remise rituelle de la flamme allumée au cierge pascal rappelle l’effet du baptême : « Recevez la lumière du Christ », dit le prêtre. Ces paroles rappellent que nous ne sommes pas la lumière, mais que Jésus-Christ est la lumière (Jn 1,9 ; 12,46), lui qui, ressuscité d’entre les morts, a vaincu les ténèbres du mal. Nous sommes appelés à recevoir sa splendeur ! Comme la flamme du cierge pascal donne la lumière aux bougies, ainsi la charité du Seigneur ressuscité enflamme les cœurs des baptisés, les comblant de lumière et de chaleur. Et c’est pourquoi, dès les premiers siècles, le baptême s’appelait aussi « illumination » et celui qui était baptisé était dit « l’illuminé ».

Voici en effet la vocation chrétienne : « marcher toujours comme des enfants de la lumière, persévérant dans la foi » (cf. Rite de l’initiation chrétienne des adultes, n.226 ; Jn 12,36). S’il s’agit d’enfants, c’est la tâche des parents, avec les parrains et les marraines, de veiller à alimenter la flamme de la grâce du baptême chez leurs petits, les aidant à persévérer dans la foi (cf. Rite du baptême des enfants, n.73). « L’éducation chrétienne est un droit des enfants ; elle tend à les guider graduellement à connaître le dessein de Dieu dans le Christ : ils pourront ainsi ratifier personnellement la foi dans laquelle ils ont été baptisés » (ibid., Introduction, 3).

La présence vivante du Christ, à protéger, défendre et dilater en nous, est lampe qui éclaire nos pas, lumière qui oriente nos choix, flamme qui réchauffe les cœur pour aller à la rencontre du Seigneur, nous rendant capables d’aider ceux qui suivent ce chemin avec nous, jusqu’à la communion inséparable avec lui. Ce jour-là, dit encore l’Apocalypse, « la nuit aura disparu, ils n’auront plus besoin de la lumière d’une lampe ni de la lumière du soleil, parce que le Seigneur Dieu les illuminera ; ils régneront pour les siècles des siècles » (cf. 22,5).

La célébration du baptême se conclut par la prière du Notre Père, propre à la communauté des enfants de Dieu. En effet, les enfants nés à nouveau dans le baptême recevront la plénitude du don de l’Esprit dans la Confirmation et participeront à l’Eucharistie, apprenant ce que signifie s’adresser à Dieu en l’appelant « Père ».

Au terme de ces catéchèses sur le baptême, je redis à chacun de vous l’invitation que j’ai exprimée ainsi dans l’exhortation apostolique Gaudete et Exsultate : « Laisse la grâce de ton baptême porter du fruit dans un cheminement de sainteté. Permets que tout soit ouvert à Dieu et pour cela choisis-le, choisis Dieu sans relâche. Ne te décourage pas, parce que tu as la force de l’Esprit Saint pour que ce soit possible ; et la sainteté, au fond, c’est le fruit de l’Esprit Saint dans ta vie (Cf. Gal 5,22-23) » (n.15).