Assumer « un esprit créatif et renouvelé » afin de « guérir ce monde qui souffre de graves maladies » : c’est l’invitation du pape François, qui a débuté une nouvelle série de catéchèses sur ce thème.

« Comme disciples du Seigneur Jésus, qui est médecin des âmes et des corps, nous sommes appelés à poursuivre son oeuvre de guérison et de salut dans le sens physique, social et spirituel », a-t-il expliqué depuis la bibliothèque du palais apostolique du Vatican. Il s’agit de « guérir en profondeur les structures injustes et les pratiques destructrices qui nous séparent les uns des autres, en menaçant la famille humaine et notre planète ».

Le pape a aussi indiqué qu’il aborderait « les questions urgentes que la pandémie a mises en relief, surtout les maladies sociales », à la lumière de l’Évangile, des vertus théologales et des principes de la doctrine sociale de l’Eglise (dignité de la personne, bien commun, option préférentielle pour les pauvres, destination universelle des biens, solidarité, subsidiarité, soin de notre maison commune).

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

La pandémie continue à causer de profondes blessures, démasquant nos vulnérabilités. Il y a de nombreux défunts, de très nombreux malades, sur tous les continents. De nombreuses personnes et de nombreuses familles vivent un temps d’incertitude, à cause des problèmes socio-économiques, qui touchent spécialement les plus pauvres.

C’est pourquoi nous devons tenir notre regard bien ferme sur Jésus (cf. He 12,2) et dans cette foi embrasser l’espérance du Royaume de Dieu que Jésus lui-même nous apporte (cf. Mc 1,5; Mt 4,17; CEC, 2816). Un Royaume de guérison et de salut qui est déjà présent au milieu de nous (cf. Lc 10,11). Un Royaume de justice et de paix qui se manifeste par des œuvres de charité, qui à leur tour augmentent l’espérance et renforcent la foi (cf. 1 Co 13,13). Dans la tradition chrétienne, foi, espérance et charité sont beaucoup plus que des sentiments ou des attitudes. Ce sont des vertus insufflées en nous par la grâce de l’Esprit Saint (cf. CEC, 1812-1813): des dons qui nous guérissent et qui nous rendent guérisseurs, des dons qui nous ouvrent à de nouveaux horizons, tandis que nous naviguons dans les eaux difficiles de notre temps.

Une nouvelle rencontre avec l’Évangile de la foi, de l’espérance et de l’amour nous invite à assumer un esprit créatif et renouvelé. De cette façon, nous serons en mesure de transformer les racines de nos infirmités physiques, spirituelles et sociales. Nous pourrons guérir en profondeur les structures injustes et les pratiques destructrices qui nous séparent les uns des autres, en menaçant la famille humaine et notre planète.

Le ministère de Jésus offre de nombreux exemples de guérison. Quand il guérit ceux qui sont affectés de fièvre (cf. Mc 1,29-34), de lèpre (cf. Mc 1,40-45), de paralysie (cf. Mc 2,1-12); quand il redonne la vue (cf. Mc 8,22-26; Jn 9,1-7), la parole ou l’ouïe (cf. Mc 7,31-37), en réalité il guérit non seulement un mal physique, mais toute la personne. En faisant cela il la ramène aussi au sein de la communauté ; il la libère de son isolement car il l’a guérie.

Pensons au très beau récit de la guérison du paralytique à Capharnaüm (cf. Mc 2,1-12), que nous avons entendu au début de l’audience. Tandis que Jésus prêche à l’entrée de la maison, quatre hommes apportent leur ami paralytique à Jésus ; et ne pouvant entrer, parce que la foule est nombreuse, ils font un trou dans le toit et font descendre la civière devant lui alors qu’il est en train de prêcher. « Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. » (v. 5). Et puis, comme signe visible, il ajoute : « Je te le dis, lève-toi, prends ton brancard, et rentre dans ta maison » (v. 11).

Quel magnifique exemple de guérison ! L’action du Christ est une réponse directe à la foi de ces personnes, à l’espérance qu’ils mettent en Lui, à l’amour qu’ils expriment les uns pour les autres. Et donc Jésus guérit, mais il ne guérit pas simplement la paralysie, il guérit tout, il pardonne les péchés, il renouvelle la vie du paralytique et de ses amis. Il fait naître à nouveau, disons-le ainsi. Une guérison physique et spirituelle à la fois, fruit d’une rencontre personnelle et sociale. Imaginons comment cette amitié, et la foi de tous ceux qui sont présents dans cette maison, ont grandi grâce au geste de Jésus. La rencontre de guérison avec Jésus !

Et alors demandons-nous : de quelle façon pouvons-nous aider à guérir notre monde, aujourd’hui ? Comme disciples du Seigneur Jésus, qui est médecin des âmes et des corps, nous sommes appelés à poursuivre « son oeuvre de guérison et de salut » (CEC, 1421) dans le sens physique, social et spirituel.

L’Eglise, bien qu’elle administre la grâce de guérison du Christ par les Sacrements, et bien qu’elle fournisse des services de santé dans les coins les plus reculés de la planète, n’est pas experte dans la prévention ou dans le soin de la pandémie. Et elle ne donne pas non plus d’indications socio-politiques spécifiques (cf. S. Paul VI, Lett. ap. Octogesima adveniens, 14 maggio 1971, 4). C’est le devoir des dirigeants politiques et sociaux. Cependant, au long des siècles, et à la lumière de l’Évangile, l’Eglise a développé certains principes sociaux qui sont fondamentaux (cf. Compendium de la Doctrine Sociale de l’Eglise, 160-208), principes qui peuvent nous aider à avancer, pour préparer l’avenir dont nous avons besoin. Je cite les principaux, étroitement reliés entre eux : le principe de la dignité de la personne, le principe du bien commun, le principe de l’option préférentielle pour les pauvres, le principe de la destination universelle des biens, le principe de la solidarité, de la subsidiarité, le principe du soin de notre maison commune. Ces principes aident les dirigeants, les responsables de la société à continuer à faire grandir, et également, comme dans notre cas de pandémie, à guérir le tissu personnel et social. Tous ces principes expriment, de façon différente, les vertus de la foi, de l’espérance et de l’amour.

 

Dans les prochaines semaines, je vous invite à affronter ensemble les questions urgentes que la pandémie a mises en relief, surtout les maladies sociales. Et nous le ferons à la lumière de l’Évangile, des vertus théologales et des principes de la doctrine sociale de l’Eglise. Nous découvrirons ensemble comment notre tradition sociale catholique peut aider la famille humaine à guérir ce monde qui souffre de graves maladies. Je souhaite que nous réfléchissions et travaillions tous ensemble, comme des disciples de Jésus qu guérit, pour construire un monde meilleur, plein d’espérance pour les futures générations (cf. Exhort. ap. Evangelii gaudium, 24 novembre 2013, 183).

la prière, « un étonnement devant le mystère de la vie » 

Dans « le monde qui se présente à ses yeux », le regard du roi David « saisit, derrière le déroulement des choses, un mystère plus grand », a affirmé le pape François : « La prière naît justement de là : de la conviction que la vie n’est pas quelque chose qui nous tombe dessus, mais un mystère stupéfiant qui provoque en nous la poésie, la musique, la gratitude, la louange ou la plainte, la supplique ».

Le pape François a consacré au roi David sa huitième catéchèse sur la prière. Le pape a souligné combien la prière permet « d’assurer notre relation avec Dieu, qui est le véritable compagnon de voyage de l’homme, au milieu des mille difficultés de la vie, bonnes ou mauvaises ».

La prière de David, a poursuivi le pape, est le « seul fil rouge » qui « fait l’unité de tout ce qui se produit » dans sa vie. « C’est la voix qui ne s’éteint jamais ». Ainsi, il « nous apprend à tout faire entrer dans le dialogue avec Dieu : la joie comme la faute, l’amour comme la souffrance, l’amitié comme la maladie. Tout peut devenir une parole adressée au « Tu » qui nous écoute toujours ».

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

Dans notre cycle de catéchèse sur la prière, nous rencontrons aujourd’hui le roi David. Bien-aimé de Dieu dès sa jeunesse, il est choisi pour une mission unique qui jouera un rôle central dans l’histoire du peuple de Dieu et de notre foi. Dans les Evangiles, Jésus est appelé plusieurs fois « Fils de David » ; en effet, comme lui, il est né à Bethléem. Le Messie est de la descendance de David, selon les promesses : un roi totalement selon le cœur de Dieu, dans une parfaite obéissance au Père, dont l’action réalise fidèlement son plan de salut (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, 2579)

L’histoire de David commence sur les collines autour de Bethléem, où il fait paître le troupeau de son père, Jessé. C’est encore un jeune garçon, le dernier de nombreux frères. Au point que, lorsque, sur l’ordre de Dieu, le prophète Samuel se met à la recherche du nouveau roi, il semble presque que son père ait oublié ce fils plus jeune (cf. 1 Sam 16,1-13). Il travaillait en plein air : nous l’imaginons comme un ami du vent, des sons de la nature, des rayons du soleil. Il n’a qu’une seule compagnie pour réconforter son âme : sa harpe ; et pendant les longues journées de solitude, il aime jouer et chanter à son Dieu. Il jouait aussi avec sa fronde.

David est donc avant tout un pasteur : un homme qui prend soin des animaux, qui les défend quand surgit le danger, qui pourvoit à leur subsistance. Quand, selon la volonté de Dieu, David devra se préoccuper du peuple, il n’accomplira pas d’actions très différentes de celles-ci. C’est pour cette raison que, dans la Bible, l’image du pasteur revient souvent. Jésus aussi se définit comme « le bon pasteur », son comportement est différent de celui du mercenaire ; lui, il offre sa vie pour ses brebis, il les guide, il connaît chacune d’elles par son nom (cf. Jn 10,11-18).

De son premier métier, David a beaucoup appris. Ainsi, quand le prophète Nathan lui reprochera son très grave péché (cf. 2 Sam 12,1-15), David comprend aussitôt qu’il a été un mauvais pasteur, qu’il a dépouillé un autre homme de son unique brebis qu’il aimait, qu’il n’est plus un humble serviteur, mais un malade du pouvoir, un braconnier qui tue et qui pille.

Un second trait caractéristique présent dans la vocation de David est son âme de poète. De cette petite observation, nous déduisons que David n’était pas un homme vulgaire, comme cela peut souvent arriver à des individus contraints à vivre longtemps isolés de la société. Au contraire, c’est une personne sensible, qui aime la musique et le chant. Sa harpe l’accompagnera toujours : parfois pour élever à Dieu un hymne de joie (cf. 2 Sm 6,16), d’autres fois pour exprimer une plainte, ou pour confesser son péché (cf. Ps 51,3).

Le monde qui se présente à ses yeux n’est pas une scène muette : son regard saisit, derrière le déroulement des choses, un mystère plus grand. La prière naît justement de là : de la conviction que la vie n’est pas quelque chose qui nous tombe dessus, mais un mystère stupéfiant qui provoque en nous la poésie, la musique, la gratitude, la louange ou la plainte, la supplique. Quand une personne n’a pas cette dimension poétique, disons, quand il lui manque la poésie, son âme boîte. C’est pourquoi la tradition veut que David soit le grand artisan de la composition des psaumes. Au début, ils font souvent explicitement référence au roi d’Israël et à certains épisodes plus ou moins nobles de sa vie.

David a donc un rêve : celui d’être un bon pasteur. Parfois, il parviendra à être à la hauteur de cette tâche, d’autres fois, non ; mais ce qui importe, dans le contexte de l’histoire du salut, c’est qu’il est la prophétie d’un autre roi, duquel il n’est que l’annonce et la préfiguration.

Regardons David, pensons à David. Saint et pécheur, poursuivi et persécuteur, victime et criminel, ce qui est une contradiction. David a été tout cela à la fois. Et nous aussi, dans notre vie, nous montrons souvent des visages opposés ; au fil de leur vie, tous les hommes pèchent souvent par incohérence. Il y a un seul fil rouge dans la vie de David, qui fait l’unité de tout ce qui se produit : sa prière. C’est la voix qui ne s’éteint jamais. David saint prie ; David pécheur prie ; David persécuté prie ; David persécuteur prie ; David victime prie. Et même David criminel prie. C’est le fil rouge de sa vie. Un homme de prière. C’est la voix qui ne s’éteint jamais, qui prend un ton de jubilation, ou de plainte, c’est toujours la même prière, seule la mélodie change. Et ce faisant, David nous apprend à tout faire entrer dans le dialogue avec Dieu : la joie comme la faute, l’amour comme la souffrance, l’amitié comme la maladie. Tout peut devenir une parole adressée au « Tu » qui nous écoute toujours.

David, qui a connu la solitude, n’a en réalité jamais été seul ! Et au fond, c’est cela la puissance de la prière, en tous ceux qui lui donne de la place dans leur vie. La prière te donne de la noblesse, et David est noble parce qu’il prie. Mais c’est un criminel qui prie, se repent et il retrouve sa noblesse grâce à la prière. La prière nous donne de la noblesse : elle est en mesure d’assurer notre relation avec Dieu, qui est le véritable compagnon de voyage de l’homme, au milieu des mille difficultés de la vie, bonnes ou mauvaises ; mais toujours la prière. Merci, Seigneur. J’ai peur, Seigneur. Aide-moi, Seigneur. Pardonne-moi, Seigneur. David a une telle confiance que, quand il a été poursuivi et qu’il a dû fuir, il n’a permis à personne de le défendre : « Si mon Dieu m’humilie ainsi, lui, il sait », parce que la noblesse de la prière nous laisse entre les mains de Dieu. Ces mains transpercées par amour : les seules mains sûres que nous ayons.

 

 

 

Pour se laisser transformer

 « Lutter avec Dieu : une métaphore de la prière ». Le pape François a développé ce thème, qui lui est cher. Le patriarche Jacob, a expliqué le pape, « sort changé » d’un combat « qui se prolonge et qui le voit presque succomber ». « Pour une fois », a-t-il souligné, « il n’est plus maître de la situation » et « n’a rien d’autre à présenter à Dieu que sa fragilité et son impuissance, notamment ses péchés » : il est devenu « vulnérable, mais avec un cœur nouveau ».

Le pape François a consacré sa sixième catéchèse sur la prière, à Jacob, un « homme sans scrupules », qui « avait fait de la ruse sa plus grande qualité ». Il a expliqué le changement survenu en Jacob après son fameux combat : « Auparavant, Jacob était sûr de lui, il avait confiance en sa propre habileté. C’était un homme imperméable à la grâce, réfractaire à la miséricorde » ; il ne savait pas « qu’il avait besoin de miséricorde », a souligné le pape, « mais Dieu a sauvé ce qui était perdu ».

« Nous avons tous un rendez-vous dans la nuit avec Dieu, dans la nuit de notre vie, dans toutes les nuits de notre vie : des moments obscurs, des moments de péchés, des moments d’égarement », a poursuivi le pape. « Nous prendrons conscience que nous sommes de pauvres hommes – je me permets de dire « de pauvres types » – mais justement alors, au moment où nous nous sentons de « pauvres types », nous ne devrons pas craindre : parce qu’à ce moment-là, Dieu nous donnera la bénédiction réservée à ceux qui se sont laissé transformer par lui ».

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

Nous poursuivons notre catéchèse sur le thème de la prière. Le livre de la Genèse, à travers les histoires d’hommes et de femmes d’époques lointaines, nous raconte des événements dans lesquelles nous pouvons voir se refléter notre vie. Dans le cycle des patriarches, nous trouvons également celle d’un homme qui avait fait de la ruse sa plus grande qualité : Jacob. Le récit biblique nous parle de la relation difficile qu’avait Jacob avec son frère Esaü. Depuis leur enfance, il y a entre eux une rivalité qui ne sera jamais surmontée par la suite. Jacob est le second – ils étaient jumeaux – mais par la tromperie il parvient à soutirer la bénédiction de son père et le don du droit d’aînesse (cf. Gn 25, 19-34). Ce n’est que la première d’une longue série d’astuces dont est capable cet homme sans scrupules. Le nom même de « Jacob » désigne quelqu’un qui se comporte de manière rusée.

Contraint à fuir loin de son frère, tout semble lui réussir dans la vie. Il est habile en affaires : il s’enrichit beaucoup, devenant propriétaire d’un troupeau énorme. Avec ténacité et patience, il parvient à épouser la plus belle des filles de Laban, dont il était vraiment amoureux. Jacob – dirions-nous en langage moderne – est un homme qui « s’est fait tout seul », avec ingéniosité, avec habileté, il réussit à obtenir tout ce qu’il désire. Mais il lui manque quelque chose. Il lui manque un rapport vivant avec ses racines.

Un jour, il entend l’appel de la maison, de son ancienne patrie, où vivait encore Esaü, le frère avec lequel il avait toujours été en très mauvais termes. Jacob part et fait un long voyage avec une caravane nombreuse de personnes et d’animaux, jusqu’à ce qu’il arrive à la dernière étape, au torrent de Jaboc. Le livre de la Genèse nous offre ici une page mémorable (cf. 32, 23-33). Il raconte qu’après avoir fait traverser le torrent à tous ses gens et tout son bétail – qui était nombreux – le patriarche reste seul sur la rive étrangère. Et il réfléchit : qu’est-ce qui l’attend pour le lendemain ? Quelle sera l’attitude de son frère Esaü, à qui il a volé son droit d’aînesse ? Les pensées se bousculent dans l’esprit de Jacob… Et, tandis que la nuit tombe, un étranger le saisit soudain et commence à se battre avec lui. Le Catéchisme l’explique : « La tradition spirituelle de l’Eglise a vu dans ce récit le symbole de la prière comme le combat de la foi et la victoire de la persévérance » (CCC, 2573).

Jacob lutta toute la nuit, sans jamais lâcher son emprise sur son adversaire. Il est finalement vaincu, frappé au nerf sciatique par son rival et, désormais, il restera boiteux toute sa vie. Ce mystérieux lutteur demande au patriarche son nom et lui dit : « Ton nom ne sera plus Jacob, mais Israël, parce que tu as lutté avec Dieu et avec des hommes et tu l’as emporté ! » (v.29). Comme pour dire : tu ne seras jamais l’homme qui marche ainsi, mais droit. Il lui change son nom, il lui change sa vie, il lui change son comportement ; tu t’appelleras Israël. Alors Jacob demande aussi à l’autre : « Fais-moi connaître ton nom ». Ce dernier ne le lui révèle pas mais, à la place, il le bénit. Et Jacob comprend qu’il a rencontré Dieu « face à face » (cf. vv. 30-31).

Lutter avec Dieu : une métaphore de la prière. D’autres fois, Jacob s’était montré capable de dialoguer avec Dieu, de le sentir comme une présence amie et proche. Mais cette nuit-là, à travers un combat qui se prolonge et qui le voit presque succomber, le patriarche sort changé. Changement de nom, changement de manière de vivre et changement de personnalité : il en sort changé. Pour une fois, il n’est plus maître de la situation – son habileté ne sert à rien -, il n’est plus l’homme stratège et calculateur ; Dieu le ramène à sa vérité de mortel qui tremble et qui a peur, parce que dans la lutte, Jacob avait peur. Pour une fois, Jacob n’a rien d’autre à présenter à Dieu que sa fragilité et son impuissance, notamment ses péchés. Et c’est ce Jacob qui reçoit la bénédiction de Dieu, avec laquelle il entre en boitant dans la terre promise : vulnérable, et rendu vulnérable mais avec un cœur nouveau. J’ai entendu dire une fois d’un homme âgé – un homme bon, un bon chrétien, mais un pécheur qui avait une grande confiance en Dieu – il disait : « Dieu m’aidera ; il ne me laissera pas tout seul. J’entrerai au paradis, en boitant, mais j’entrerai ». Auparavant, Jacob était sûr de lui, il avait confiance en sa propre habileté. C’était un homme imperméable à la grâce, réfractaire à la miséricorde ; il ne savait pas ce qu’était la miséricorde. « Ici, c’est moi, c’est moi qui commande ! », il ne considérait pas qu’il avait besoin de miséricorde. Mais Dieu a sauvé ce qui était perdu. Il lui a fait comprendre qu’il était limité, qu’il était un pécheur qui avait besoin de miséricorde et il l’a sauvé.

Nous avons tous un rendez-vous dans la nuit avec Dieu, dans la nuit de notre vie, dans toutes les nuits de notre vie : des moments obscurs, des moments de péchés, des moments d’égarement. C’est là qu’il y a un rendez-vous avec Dieu, toujours. Il nous surprendra au moment où nous ne y attendons pas, où nous nous retrouverons vraiment tout seuls. En cette nuit-là, luttant contre l’inconnu, nous prendrons conscience que nous sommes de pauvres hommes – je me permets de dire « de pauvres types » – mais justement alors, au moment où nous nous sentons de « pauvres types », nous ne devrons pas craindre : parce qu’à ce moment-là, Dieu nous donnera la bénédiction réservée à ceux qui se sont laissé transformer par lui. C’est une belle invitation à nous laisser transformer par Dieu. Il sait comment le faire, parce qu’il connaît chacun de nous. « Seigneur, tu me connais », nous pouvons tous dire cela. « Seigneur, tu me connais. Change-moi ! ».

 

 

 

« Car le monde appartient à Dieu »

L’Ecriture représente habituellement Moïse « les mains tendues vers le ciel, vers Dieu, comme pour servir de pont avec sa propre personne entre le ciel et la terre », a fait observer le pape François. « Sa foi en Dieu fait un avec le sentiment de paternité qu’il éprouve pour son peuple », avec lequel il entretient « des liens étroits de solidarité ». C’est pourquoi, même « à l’heure de la tentation et du péché », Moïse ne peut « envisager de laisser de côté son peuple » : il est « le pont, il est l’intercesseur ».

Le pape François a consacré sa catéchèse à la prière d’intercession, « la façon de prier la plus propre à Moïse ». Moïse est « un intercesseur : pour son peuple », a insisté le pape avant de s’exclamer : « Quel bel exemple pour les pasteurs qui doivent être des “ponts“ ».

L’intercession est « le propre des saints qui, en imitant Jésus, sont des “ponts“ entre Dieu et son peuple », a affirmé le pape. C’est cela, a-t-il poursuivi, la prière que les véritables croyants cultivent dans leur vie spirituelle. Même s’ils ne font pas eux-mêmes l’expérience des erreurs des personnes et de leur éloignement de Dieu, ces priants ne les condamnent pas, ne les refusent pas ». Et le pape François a conclu en invitant « à intercéder pour le monde, à nous souvenir que, malgré toutes ses fragilités, il appartient toujours à Dieu ».

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

Dans notre parcours sur le thème de la prière, nous nous rendons compte que Dieu n’a jamais aimé avoir affaire à des priants « faciles ». Et Moïse non plus ne sera pas un interlocuteur « mou », dès le premier jour de sa vocation.

Quand Dieu l’appelle, Moïse est humainement « un raté ». Le livre de l’Exode nous le représente sur la terre de Madian comme un fugitif. Jeune, il avait éprouvé de la pitié pour son peuple, et il avait même pris le parti des opprimés. Mais il découvre rapidement que, malgré ses bonnes intentions, la justice ne jaillit pas de ses mains, mais plutôt la violence. Voilà que ses rêves de gloire se brisent : Moïse n’est plus un fonctionnaire prometteur, destiné à une carrière rapide, mais quelqu’un qui a compromis les opportunités et qui fait maintenant paître un troupeau qui ne lui appartient même pas. Et c’est précisément dans le silence du désert de Madian que Dieu convoque Moïse pour se révéler dans le buisson ardent : « “Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob.“ Moïse se voila le visage car il craignait de porter son regard sur Dieu. » (Ex 3,6).

A Dieu qui parle, qui l’invite à s’occuper à nouveau du peuple d’Israël, Moïse oppose ses peurs et ses objections : il n’est pas digne de cette mission, il ne connaît pas le nom de Dieu, il ne sera pas cru par les Israélites, il bégaye… Et ainsi toutes ses objections. La parole qui revient le plus souvent dans la bouche de Moïse, dans toutes les prières qu’il adresse à Dieu, est la question : « pourquoi ? ». Pourquoi m’as-tu envoyé ? Pourquoi veux-tu libérer ce peuple ? Dans le Pentateuque, il y a même un passage dramatique où Dieu renvoie à Moïse son manque de confiance, un manque qui lui interdira l’entrée dans la terre promise (cf. Nb 20,12).

Avec ces craintes, avec ce cœur qui vacille souvent, comment Moïse peut-il prier ? Ou plutôt, Moïse semble être un homme comme nous. Et cela nous arrive à nous aussi : quand nous avons des doutes, mais comment pouvons-nous prier ? La prière ne nous vient pas. Et c’est en raison de sa faiblesse, plus même que de sa force, que nous sommes touchés. Chargé par Dieu de transmettre la Loi à son peuple, fondateur du culte divin, médiateur des mystères les plus élevés, il n’en cessera pas pour autant d’entretenir des liens étroits de solidarité avec son peuple, en particulier à l’heure de la tentation et du péché. Toujours attaché à son peuple. Moïse n’a jamais perdu le souvenir de son peuple. Et cela, c’est une grandeur des pasteurs : ne pas oublier son peuple, ne pas oublier ses racines. C’est ce que dit Paul à son jeune et bienaimé évêque Timothée : « Souviens-toi de ta maman et de ta grand-mère, de tes racines et de ton peuple ». Moïse est tellement ami de Dieu qu’il peut parler avec lui face à face (cf. Ex 33,11) ; et il restera tellement ami des hommes qu’il éprouvera de la miséricorde envers leurs péchés, envers leurs tentations, envers les nostalgies soudaines des exilés à l’égard de leur passé, lorsqu’ils repensent au temps où ils étaient en Egypte.

Moïse ne renie pas Dieu, mais il ne renie pas non plus son peuple. Il est cohérent avec son sang, il est cohérent avec la voix de Dieu. Moïse n’est donc pas un chef autoritaire et despote ; au contraire, le livre des Nombres le définit comme « plus humble et plus doux que tous les hommes sur la terre » (cf. 12,3). En dépit de sa condition privilégiée, Moïse ne cesse pas d’appartenir à cette troupe de pauvres de cœur qui vivent en faisant de la confiance à Dieu le viatique sur leur route. C’est un homme du peuple.

Ainsi, la façon de prier la plus propre à Moïse sera l’intercession (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, 2574). Sa foi en Dieu fait un avec le sentiment de paternité qu’il éprouve pour son peuple. L’Ecriture le représente habituellement les mains tendues vers le ciel, vers Dieu, comme pour servir de pont avec sa propre personne entre le ciel et la terre. Même dans les moments les plus difficiles, même le jour où le peuple répudie Dieu et le répudie lui aussi en tant que guide pour se faire un veau d’or, Moïse ne peut pas envisager de laisser de côté son peuple. C’est mon peuple. C’est ton peuple. C’est mon peuple. Il ne renie ni Dieu ni son peuple. Et il dit à Dieu : « Hélas ! Ce peuple a commis un grand péché : ils se sont fait des dieux en or. Ah, si tu voulais enlever leur péché ! Ou alors, efface-moi de ton livre, celui que tu as écrit. » (Ex 32, 31-32). Moïse ne troque pas son peuple. Il est le pont, il est l’intercesseur. Les deux, le peuple et Dieu, et lui il est au milieu. Il ne vend pas son peuple pour faire carrière. Ce n’est pas un arriviste, c’est un intercesseur : pour son peuple, pour sa chair, pour son histoire, pour son peuple et pour Dieu qui l’a appelé. Il est le pont. Quel bel exemple pour tous les pasteurs qui doivent être des « ponts ». C’est pourquoi on les appelle pontifex, des ponts. Les pasteurs sont des ponts entre le peuple auquel ils appartiennent et Dieu, à qui ils appartiennent par vocation. Moïse est comme cela : « Pardonne leur péché, Seigneur, sinon, si tu ne pardonnes pas, efface-moi de ton livre que tu as écrit. Je ne veux pas faire carrière avec mon peuple ».

Et c’est cela, la prière que les véritables croyants cultivent dans leur vie spirituelle. Même s’ils ne font pas eux-mêmes l’expérience des erreurs des personnes et de leur éloignement de Dieu, ces priants ne les condamnent pas, ne les refusent pas. L’attitude d’intercession est le propre des saints qui, en imitant Jésus, sont des « ponts » entre Dieu et son peuple. En ce sens, Moïse a été le plus grand prophète de Jésus, notre avocat et intercesseur (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, 2577). Et aujourd’hui encore, Jésus est le pontifex, il est le pont entre nous et le Père. Et Jésus intercède pour nous, il montre à son Père ses plaies qui sont le prix de notre salut et il intercède. Et Moïse est la figure de Jésus qui prie aujourd’hui pour nous, qui intercède pour nous.

Moïse nous encourage à prier avec la même ferveur que Jésus, à intercéder pour le monde, à nous souvenir que, malgré toutes ses fragilités, il appartient toujours à Dieu. Tout le monde appartient à Dieu. Les pires des pécheurs, les gens les plus mauvais, les dirigeants les plus corrompus, sont des enfants de Dieu et Jésus sent cela et intercède pour tous. Et le monde vit et prospère grâce à la bénédiction du juste, à la prière de pitié, à cette prière de pitié, que le saint, le juste, l’intercesseur, le prêtre, l’évêque, le pape, le laïc, tout baptisé, élève sans cesse pour les hommes, en tout lieu et en tout temps de l’histoire. Réfléchissons à Moïse, l’intercesseur. Et quand nous avons envie de condamner quelqu’un et que nous sommes intérieurement en colère – cela fait du bien de se mettre en colère, mais condamner ne fait pas de bien -, intercédons pour lui : cela nous aidera beaucoup.

 

 

 

Jusque dans l’épreuve suprême

Lorsqu’Abraham quitte son pays sur la promesse d’un Dieu qu’il ne connaît pas encore, « son départ donne lieu à une nouvelle manière de concevoir la relation avec Dieu ». « La vie du croyant commence à se concevoir », a expliqué le pape, « comme le lieu où se réalise une promesse » : « Le Dieu d’Abraham devient “mon Dieu”, le Dieu de mon histoire personnelle, qui guide mes pas, qui ne m’abandonne pas ».

Le pape François a poursuivi le cycle de catéchèses sur la prière en évoquant le premier patriarche. « Il a vécu la prière », a-t-il commenté, « dans une fidélité continuelle à cette Parole qui faisait périodiquement surface sur son chemin ». Abraham « a cru, il est parti sans savoir où il allait (…) mais il a fait confiance ». Et ainsi il « devient familier de Dieu, capable même de discuter avec lui, mais toujours fidèle. Il parle avec Dieu et il discute »

À l’heure de l’épreuve suprême du sacrifice d’Isaac, « Abraham vit sa foi comme un drame, comme un chemin à tâtons dans la nuit, sous un ciel cette fois privé d’étoiles ». « Et cela nous arrive aussi bien souvent à nous, de marcher dans la nuit mais avec la foi ». Et le pape de conclure : « Apprenons d’Abraham, apprenons à prier avec foi : écouter le Seigneur, marcher, dialoguer jusqu’à discuter. N’ayons pas peur de discuter avec Dieu ! (…) mais toujours disposés à accueillir la parole de Dieu et à la mettre en pratique ».

 

Chers frères et soeurs, bonjour !

Il y a une voix qui résonne à l’improviste dans la vie d’Abraham. Une voix qui l’invite à entreprendre un chemin qui a un goût d’absurde : une voix qui le pousse à se déraciner de sa patrie, de ses racines familiales, pour aller vers un avenir nouveau, un avenir différent. Et tout cela fondé sur une promesse, à laquelle il faut seulement se fier. Et se fier à une promesse n’est pas facile, il faut du courage. Et Abraham a fait confiance.

La Bible ne dit rien sur le passé du premier patriarche. La logique des choses laisse entendre qu’il adorait d’autres divinités ; peut-être était-il un homme sage, habitué à scruter le ciel et les étoiles. Le Seigneur, en effet, lui promet que sa descendance sera aussi nombreuse que les étoiles parsemées dans le ciel.

Et Abraham part. Il écoute la voix de Dieu et se fie à sa parole. C’est important : il se fie à la parole de Dieu. Et son départ donne lieu à une nouvelle manière de concevoir la relation avec Dieu ; c’est pour cette raison que le patriarche Abraham est présent dans les grandes traditions spirituelles juives, chrétiennes et islamiques comme le parfait homme de Dieu, capable de se soumettre à lui, même lorsque sa volonté se révèle ardue, sinon carrément incompréhensible.

Abraham est donc l’homme de la Parole. Quand Dieu parle, l’homme devient le récepteur de cette Parole et sa vie le lieu où elle demande à s’incarner. C’est une grande nouveauté sur le chemin religieux de l’homme : la vie du croyant commence à se concevoir comme une vocation, c’est-à-dire comme un appel, comme le lieu où se réalise une promesse ; et il se meut dans le monde non pas tant sous le poids d’une énigme mais par la force de cette promesse qui se réalisera un jour. Et Abraham crut à la promesse de Dieu. Il a cru et il est parti, sans savoir où il allait – selon ce que dit la lettre aux Hébreux (cf. 11,8). Mais il a fait confiance.

En lisant le livre de la Genèse, nous découvrons comment Abraham a vécu la prière dans une fidélité continuelle à cette Parole qui faisait périodiquement surface sur son chemin. En résumé, nous pouvons dire que, dans la vie d’Abraham, la foi se fait histoire. La foi se fait histoire. Ou plutôt, par sa vie, par son exemple, Abraham nous enseigne ce chemin, cette route sur laquelle la foi se fait histoire. Dieu n’est plus seulement vu dans les phénomènes cosmiques, comme un Dieu lointain, qui peut inspirer la terreur. Le Dieu d’Abraham devient « mon Dieu », le Dieu de mon histoire personnelle, qui guide mes pas, qui ne m’abandonne pas ; le Dieu de mes jours, le compagnon de mes aventures ; le Dieu Providence. Je me demande et je vous demande : et nous, avons-nous cette expérience de Dieu ? « Mon Dieu », le Dieu qui m’accompagne, le Dieu de mon histoire personnelle, le Dieu qui guide mes pas, qui ne m’abandonne pas, le Dieu de mes jours ? Avons-nous cette expérience ? Réfléchissons-y un peu.

L’un des textes les plus originaux de l’histoire de la spiritualité, le Mémorial de Blaise Pascal, témoigne aussi de cette expérience d’Abraham. Il commence ainsi : « Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, et non des philosophes et des sages. Certitude, certitude. Sentiment. Joie. Paix. Dieu de Jésus-Christ ». Ce mémorial, écrit sur un petit parchemin, et trouvé après sa mort cousu à l’intérieur d’un vêtement du philosophe, exprime non pas une réflexion intellectuelle qu’un homme sage comme lui peut concevoir sur Dieu, mais la sensation vive, expérimentale, de sa présence. Pascal note jusqu’au moment précis où il ressentit cette réalité, l’ayant enfin rencontrée : le soir du 23 novembre 1654. Ce n’est pas un Dieu abstrait ni le Dieu cosmique, non. C’est le Dieu d’une personne, d’un appel, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu qui est une certitude, qui est un sentiment, qui est joie.

« La prière d’Abraham s’exprime avant tout par des actions : homme du silence, à chaque étape il construit un autel au Seigneur » (Catéchisme de l’Église catholique, 2570). Abraham n’édifie pas un temple, mais il dissémine le chemin de pierres qui rappellent le passage de Dieu. Un Dieu surprenant, comme quand il lui rend visite à travers les figures des trois hôtes qu’ils accueillent, avec Sarah, pleins d’attentions, et qui leur annoncent la naissance de leur fils Isaac (cf. Gn 18, 1-15). Abraham avait cent ans et sa femme quatre-vingt-dix, plus ou moins. Et ils crurent, ils firent confiance à Dieu. Et Sarah, sa femme, conçut. À cet âge-là ! Voilà le Dieu d’Abraham, notre Dieu, qui nous accompagne. Ainsi, Abraham devient familier de Dieu, capable même de discuter avec lui, mais toujours fidèle. Il parle avec Dieu et il discute. Jusqu’à l’épreuve suprême, quand Dieu lui demande de sacrifier son propre fils Isaac, l’enfant de sa vieillesse, son unique héritier. Là, Abraham vit sa foi comme un drame, comme un chemin à tâtons dans la nuit, sous un ciel cette fois privé d’étoiles. Et cela nous arrive aussi bien souvent à nous, de marcher dans la nuit mais avec la foi. Dieu lui-même arrêtera la main d’Abraham, déjà prête à frapper, parce qu’il a vu sa disponibilité vraiment totale (cf. Gn 22, 1-19).

Frères et soeurs, apprenons d’Abraham, apprenons à prier avec foi : écouter le Seigneur, marcher, dialoguer jusqu’à discuter. N’ayons pas peur de discuter avec Dieu ! Je vais même dire quelque chose qui peut sembler une hérésie. J’ai très souvent entendu des gens me dire : « Vous savez, il m’est arrivé ceci et je me suis mis en colère contre Dieu. – Tu as eu le courage de te mettre en colère contre Dieu ? – Oui, je me suis mis en colère. – Mais c’est une forme de prière ! ». Parce que seul un fils est capable de se mettre en colère contre son papa et ensuite de le rencontrer à nouveau. Apprenons d’Abraham à prier avec voi, à dialoguer, à discuter, mais toujours disposés à accueillir la parole de Dieu et à la mettre en pratique. Avec Dieu, apprenons à parler comme un fils avec son papa : l’écouter, répondre, discuter. Mais transparent, comme un fils avec son papa. C’est ainsi qu’Abraham nous apprend à prier. Merci.