Nous ne sommes pas la lumière, Jésus est la lumière

 « Il a semblé naturel, depuis les premiers siècles, a expliqué le pape François, de revêtir les nouveaux baptisés d’un vêtement nouveau, blanc, par analogie avec la splendeur de la vie reçue dans le Christ et dans l’Esprit-Saint. Le vêtement blanc, tandis qu’il exprime symboliquement ce qui s’est réalisé dans le sacrement, annonce la condition de ceux qui ont été transformés dans la gloire divine. »

Le pape François a prononcé sa dernière catéchèse sur le sacrement du baptême.

Quant à « la remise rituelle de la flamme allumée au cierge pascal », a poursuivi le pape, elle « rappelle l’effet du baptême » : « Nous ne sommes pas la lumière », mais « Jésus-Christ est la lumière ». « Comme la flamme du cierge pascal donne la lumière aux bougies, ainsi la charité du Seigneur ressuscité enflamme les cœurs des baptisés, les comblant de lumière et de chaleur. »

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

Aujourd’hui, nous concluons le cycle de catéchèses sur le baptême. Les effets spirituels de ce sacrement, invisibles aux yeux mais efficaces dans le cœur de celui qui est devenu une nouvelle créature, sont explicités par la remise du vêtement blanc et du cierge allumé.

Après le bain de régénération, capable de recréer l’homme selon Dieu dans la véritable sainteté (cf. Ép 4,24), il a semblé naturel, depuis les premiers siècles, de revêtir les nouveaux baptisés d’un vêtement nouveau, blanc, par analogie avec la splendeur de la vie reçue dans le Christ et dans l’Esprit-Saint. Le vêtement blanc, tandis qu’il exprime symboliquement ce qui s’est réalisé dans le sacrement, annonce la condition de ceux qui ont été transformés dans la gloire divine.

Saint Paul rappelle ce que signifie revêtir le Christ en expliquant quelles sont les vertus que les baptisés doivent cultiver : « Puisque vous avez été choisis par Dieu, que vous êtes sanctifiés, aimés par lui, revêtez-vous de tendresse et de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience. Supportez-vous les uns les autres, et pardonnez-vous mutuellement si vous avez des reproches à vous faire. Le Seigneur vous a pardonnés : faites de même. Par-dessus tout cela, ayez l’amour, qui est le lien le plus parfait » (Col 3,12-14).

La remise rituelle de la flamme allumée au cierge pascal rappelle l’effet du baptême : « Recevez la lumière du Christ », dit le prêtre. Ces paroles rappellent que nous ne sommes pas la lumière, mais que Jésus-Christ est la lumière (Jn 1,9 ; 12,46), lui qui, ressuscité d’entre les morts, a vaincu les ténèbres du mal. Nous sommes appelés à recevoir sa splendeur ! Comme la flamme du cierge pascal donne la lumière aux bougies, ainsi la charité du Seigneur ressuscité enflamme les cœurs des baptisés, les comblant de lumière et de chaleur. Et c’est pourquoi, dès les premiers siècles, le baptême s’appelait aussi « illumination » et celui qui était baptisé était dit « l’illuminé ».

Voici en effet la vocation chrétienne : « marcher toujours comme des enfants de la lumière, persévérant dans la foi » (cf. Rite de l’initiation chrétienne des adultes, n.226 ; Jn 12,36). S’il s’agit d’enfants, c’est la tâche des parents, avec les parrains et les marraines, de veiller à alimenter la flamme de la grâce du baptême chez leurs petits, les aidant à persévérer dans la foi (cf. Rite du baptême des enfants, n.73). « L’éducation chrétienne est un droit des enfants ; elle tend à les guider graduellement à connaître le dessein de Dieu dans le Christ : ils pourront ainsi ratifier personnellement la foi dans laquelle ils ont été baptisés » (ibid., Introduction, 3).

La présence vivante du Christ, à protéger, défendre et dilater en nous, est lampe qui éclaire nos pas, lumière qui oriente nos choix, flamme qui réchauffe les cœur pour aller à la rencontre du Seigneur, nous rendant capables d’aider ceux qui suivent ce chemin avec nous, jusqu’à la communion inséparable avec lui. Ce jour-là, dit encore l’Apocalypse, « la nuit aura disparu, ils n’auront plus besoin de la lumière d’une lampe ni de la lumière du soleil, parce que le Seigneur Dieu les illuminera ; ils régneront pour les siècles des siècles » (cf. 22,5).

La célébration du baptême se conclut par la prière du Notre Père, propre à la communauté des enfants de Dieu. En effet, les enfants nés à nouveau dans le baptême recevront la plénitude du don de l’Esprit dans la Confirmation et participeront à l’Eucharistie, apprenant ce que signifie s’adresser à Dieu en l’appelant « Père ».

Au terme de ces catéchèses sur le baptême, je redis à chacun de vous l’invitation que j’ai exprimée ainsi dans l’exhortation apostolique Gaudete et Exsultate : « Laisse la grâce de ton baptême porter du fruit dans un cheminement de sainteté. Permets que tout soit ouvert à Dieu et pour cela choisis-le, choisis Dieu sans relâche. Ne te décourage pas, parce que tu as la force de l’Esprit Saint pour que ce soit possible ; et la sainteté, au fond, c’est le fruit de l’Esprit Saint dans ta vie (Cf. Gal 5,22-23) » (n.15).

 

 

 

Catéchèse sur le baptême, «sceau indélébile»

Au baptême, l’amour infini du Père qui dit à chacun: «Tu es mon fils bien-aimé», explique le pape François.

Le pape François a poursuivi ses catéchèses sur le sacrement du baptême. Il a développé la signification du rite central de « l’immersion ».

C’est pourquoi « le baptême ne se répète pas ». Citant le Catéchisme de l’Église catholique, le pape François a insisté sur ce point, indiquant que « cette marque n’est effacée par aucun péché, même si le péché empêche le baptême de porter des fruits de salut ». « Le sceau du baptême ne se perd jamais », a-t-il dit, parce que « Dieu ne renie jamais ses enfants », a-t-il fait répéter plusieurs fois à la foule.

Se référant au récit du baptême de Jésus dans l’Évangile de saint Marc, le pape a assuré que, « sur chacun de nous aussi, nés à nouveau de l’eau et de l’Esprit Saint, le Père céleste fait résonner avec un amour infini sa voix qui dit : “Tu es mon fils bien-aimé” ». « Cette voix paternelle, a-t-il dit, imperceptible à l’oreille, mais bien audible par le cœur de celui qui croit, nous accompagne pour toute la vie, sans jamais nous abandonner. »

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

La catéchèse sur le sacrement du baptême nous conduit à parler aujourd’hui du bain accompagné de l’invocation de la Sainte Trinité, à savoir le rite central qui, à proprement parler, « baptise » – c’est-à-dire immerge – dans le mystère pascal du Christ (cf. Catéchisme de l’Église catholique, 1239). Saint Paul rappelle le sens de ce geste aux chrétiens de Rome, en demandant tout d’abord : « Ne le savez-vous pas ? Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême », et en répondant ensuite : « Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts » (Rm 6,3-4). Le baptême nous ouvre la porte à une vie de résurrection, et non à une vie mondaine. Une vie selon Jésus.

Les fonts baptismaux sont le lieu où se fait la Pâque avec le Christ ! L’homme ancien est enseveli, avec ses passions trompeuses (cf. Ep 4,22), pour renaître une nouvelle créature ; vraiment, les choses anciennes sont passées et de nouvelles sont nées (cf. 2 Cor 5,17). Dans les « Catéchèses » attribuées à saint Cyrille de Jérusalem, c’est ainsi que l’on explique aux nouveaux baptisés ce qui leur est arrivé dans l’eau du baptême. Cette explication de saint Cyrille est belle : « Vous êtes morts et vous êtes nés en même temps, et la même vague salutaire est devenue pour vous et votre tombeau et votre mère » (n.20, Mystagogique 2,4-6 : PG 33, 1079-1082). La renaissance du nouvel homme exige que soit réduit en poussière l’homme corrompu par le péché. Les images de la tombe et du sein maternel, auxquelles il est fait référence devant les fonts, sont en effet très incisives pour exprimer ce qui se produit de grand à travers les simples gestes du baptême. J’aime citer l’inscription qui se trouve dans l’ancien baptistère romain du Latran où l’on peut lire, en latin, cette expression attribuée au pape Sixte III : « Notre mère l’Église met au monde de façon virginale, à travers l’eau, les fils qu’elle conçoit par le souffle de Dieu. Vous qui êtes nés de nouveau à partir de ces fonts, espérez dans le royaume des cieux » (1). C’est beau : l’Église qui nous fait naître, l’Église qui est le sein, qui est notre mère par le moyen du baptême.

Si nos parents nous ont engendrés à la vie terrestre, l’Église nous a régénérés à la vie éternelle dans le baptême. Nous sommes devenus des fils en son Fils Jésus (cf. Rm 8,15 ; Gal 4,5-7). Sur chacun de nous aussi, nés à nouveau de l’eau et de l’Esprit Saint, le Père céleste fait résonner avec un amour infini sa voix qui dit : « Tu es mon fils bien-aimé » (cf. Mt 3,17). Cette voix paternelle, imperceptible à l’oreille, mais bien audible par le cœur de celui qui croit, nous accompagne pour toute la vie, sans jamais nous abandonner. Pendant toute la vie, le Père nous dit : « Tu es mon fils bien-aimé, tu es ma fille bien-aimée ». Dieu nous aime beaucoup, comme un Père, et il ne nous laisse pas seuls. Et cela, depuis le moment du baptême. Nés de nouveau comme enfants de Dieu, nous le sommes pour toujours ! En effet, le baptême ne se répète pas, parce qu’il imprime un sceau spirituel indélébile : « Cette marque n’est effacée par aucun péché, même si le péché empêche le baptême de porter des fruits de salut » (CEC, 1272). Le sceau du baptême ne se perd jamais ! « Père, mais si une personne devient un brigand, de ceux qui sont les plus connus, qu’elle tue les gens, qu’elle commet des injustices, le sceau s’en va ? » Non ! Pour sa propre honte, le fils de Dieu qu’est cet homme fait ces choses, mais le sceau ne s’en va pas. Et il continue d’être le fils de Dieu, qui va contre Dieu, mais Dieu ne renie jamais ses enfants. Avez-vous compris ce dernier point ? Dieu ne renie jamais ses enfants. Redisons-le tous ensemble : « Dieu ne renie jamais ses enfants ». Un peu plus fort, parce que soit je suis sourd soit je n’ai pas compris : [ils répètent plus fort] « Dieu ne renie jamais ses enfants ». Voilà, comme cela, c’est bien.

Incorporés au Christ par le baptême, les baptisés sont donc conformés à lui, « le premier-né de nombreux frères » (Rm 8,29). À travers l’action de l’Esprit-Saint, le baptême purifie, sanctifie, justifie, pour former dans le Christ, un seul corps à partir d’un grand nombre (cf. 1 Cor 6,11 ; 12,13). C’est ce qu’exprime l’onction chrismale, « qui est le signe du sacerdoce royal du baptisé et de son agrégation à la communauté du peuple de Dieu » (Rite du baptême des enfants, Introduction, n.18,3). C’est pourquoi le prêtre bénit avec le saint-chrême la tête de chaque baptisé, après avoir prononcé ces paroles qui en expliquent la signification : « Dieu lui-même vous consacre avec le chrême du salut pour que, insérés dans le Christ, prêtre, roi et prophète, vous soyez toujours membres de son corps pour la vie éternelle » (ibid., n. 71).

Frères et sœurs, la vocation chrétienne est là tout entière : vivre unis au Christ dans la sainte Église, participants de la même consécration pour remplir la même mission, dans ce monde, en portant un fruit qui dure pour toujours. Animé de l’unique Esprit, en effet, le peuple de Dieu tout entier participe aux fonctions de Jésus-Christ, « prêtre, roi et prophète » et porte la responsabilité de la mission et du service qui en découlent (cf. CEC, 783-786). Que signifie participer au sacerdoce royal et prophétique du Christ ? Cela signifie faire de soi une offrande agréable à Dieu (cf. Rm 12,1), en lui rendant témoignage par une vie de foi et de charité (cf. Lumen gentium, 12), en la mettant au service des autres, à l’exemple du Seigneur Jésus (cf. Mt 20,25-28 ; Jn 13,13-17). Merci.

 

 

 

L’on peut « tout vaincre, avec la force qui vient de Jésus »

« Le baptême n’est pas une formule magique mais un don de l’Esprit Saint qui habilite celui qui le reçoit “à lutter contre l’esprit du mal” », déclare le pape François. « Nous devons savoir que toute la vie chrétienne est un combat », a-t-il expliqué. En effet, « nous savons d’expérience que la vie chrétienne est toujours sujette à la tentation, surtout à la tentation de se séparer de Dieu, de sa volonté, de la communion avec lui, pour retomber dans les méandres des séductions mondaines ».

 « Et le baptême nous prépare, nous donne la force pour cette lutte quotidienne », a insisté le pape. Et nous devons aussi « savoir que nous ne sommes pas seuls, que notre Mère l’Église prie afin que ses enfants, régénérés par le baptême, ne succombent pas aux embûches du malin mais qu’ils en soient vainqueurs par la puissance de la Pâque du Christ ». C’est pourquoi nous pouvons « tout vaincre, mais avec la force qui me vient de Jésus », a-t-il conclu.

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

Nous poursuivons notre réflexion sur le baptême, toujours à la lumière de la Parole de Dieu.

C’est l’Évangile qui illumine les candidats et suscite l’adhésion de la foi : « Le baptême est, tout particulièrement, « le sacrement de la foi », puisqu’il marque l’entrée sacramentelle dans la vie de foi » (Catéchisme de l’Église catholique, 1236). Et la foi est la remise de soi au Seigneur Jésus, reconnu comme « source d’eau […] pour la vie éternelle » (Jn 4,14), « lumière du monde » (Jn 9,5), « vie et résurrection » (Jn 11,25), comme l’enseigne l’itinéraire parcouru, encore aujourd’hui, par les catéchumènes désormais près de recevoir l’initiation chrétienne. Éduqués par l’écoute de Jésus, par son enseignement et par ses œuvres, les catéchumènes revivent l’expérience de la femme samaritaine assoiffée d’eau vive, de l’aveugle-né qui ouvre les yeux à la lumière, de Lazare qui sort du tombeau. L’Évangile porte en lui la force de transformer celui qui l’accueille avec foi, l’arrachant à la domination du malin afin qu’il apprenne à servir le Seigneur avec joie et nouveauté de vie.

On ne va jamais seul sur les fonts baptismaux, mais accompagné par la prière de toute l’Église, comme le rappellent les litanies des saints qui précèdent la prière d’exorcisme et l’onction avant le baptême avec l’huile des catéchumènes. Ce sont des gestes qui, depuis l’antiquité, assurent ceux qui s’apprêtent à renaître en tant qu’enfants de Dieu, que la prière de l’Église les assiste dans leur lutte contre le mal, les accompagne sur la voie du bien, les aide à se soustraire au pouvoir du péché pour entrer dans le royaume de la grâce divine. La prière de l’Église. L’Église prie et prie pour tout le monde, pour nous tous ! Nous, l’Église, nous prions pour les autres. C’est beau de prier pour les autres. Si souvent nous n’avons pas de besoin urgent et nous ne prions pas. Nous devons prier, unis à l’Église, pour les autres : « Seigneur, je te demande pour ceux qui sont dans le besoin, pour ceux qui n’ont pas la foi… » N’oubliez pas : la prière de l’Église est toujours en acte. Mais nous devons entrer dans cette prière et prier pour tout le peuple de Dieu et pour ceux qui ont besoin de prières. C’est pourquoi le chemin des catéchumènes adultes est marqué par des exorcismes répétés, prononcés par le prêtre (cf. CEC, 1237), c’est-à-dire par des prières qui invoquent la libération de tout ce qui sépare du Christ et empêche l’union intime avec lui. Même pour les enfants, on demande à Dieu de les libérer du péché originel et de les consacrer demeure de l’Esprit-Saint (cf. Rite du baptême des enfants, n.56). Les enfants. Prier pour les enfants, pour leur santé spirituelle et corporelle. C’est une manière de protéger les enfants par la prière. Comme l’attestent les Évangiles, Jésus lui-même a combattu et chassé les démons pour manifester l’avènement du Royaume de Dieu (cf. Mt 12,28) : sa victoire sur le pouvoir du malin laisse libre champ à la seigneurie de Dieu qui réjouit et réconcilie avec la vie.

Le baptême n’est pas une formule magique mais un don de l’Esprit Saint qui habilite celui qui le reçoit « à lutter contre l’esprit du mal », croyant que « Dieu a envoyé dans le monde son Fils pour détruire le pouvoir de Satan et transférer l’homme des ténèbres dans son royaume de lumière infinie » (cf. Rite du baptême des enfants, n.56). Nous savons d’expérience que la vie chrétienne est toujours sujette à la tentation, surtout à la tentation de se séparer de Dieu, de sa volonté, de la communion avec lui, pour retomber dans les méandres des séductions mondaines. Et le baptême nous prépare, nous donne la force pour cette lutte quotidienne, y compris la lutte contre le diable qui, comme le dit saint Pierre, cherche comme un lion à nous dévorer et à nous détruire.

Outre la prière, il y a ensuite l’onction sur la poitrine avec l’huile des catéchumènes, qui « en reçoivent la vigueur pour renoncer au diable et au péché, avant de s’approcher des fonts pour renaître à une vie nouvelle » (Bénédiction des huiles, Prémisses, n.3). Par la propriété de l’huile qui pénètre dans les tissus du corps en lui apportant un bienfait, les anciens lutteurs avaient l’habitude de s’enduire d’huile pour tonifier leurs muscles et pour échapper plus facilement à la prise de l’adversaire. À la lumière de ce symbolisme, les chrétiens des premiers siècles ont adopté l’usage d’oindre le corps des candidats au baptême avec l’huile bénie de l’évêque (1), afin de signifier, à travers ce « signe de salut », que la puissance du Christ Sauveur fortifie pour lutter contre le mal et le vaincre (cf. Rite du baptême des enfants, n.105).

C’est dur de lutter contre le mal, de fuir ses ruses, de reprendre force après une lutte épuisante, mais nous devons savoir que toute la vie chrétienne est un combat. Nous devons toutefois aussi savoir que nous ne sommes pas seuls, que notre Mère l’Église prie afin que ses enfants, régénérés par le baptême, ne succombent pas aux embûches du malin mais qu’ils en soient vainqueurs par la puissance de la Pâque du Christ. Fortifiés par le Seigneur ressuscité, qui a vaincu le prince de ce monde (cf. Jn 12,31), nous aussi, nous pouvons redire avec la foi de saint Paul : « Je peux tout en celui qui me rend fort » (Ph 4,13). Nous pouvons tous être vainqueur, tout vaincre, mais avec la force qui me vient de Jésus.

 

 

 

Au baptême, l’Esprit-Saint donne la force de combattre

 « Il n’est pas possible d’adhérer au Christ en mettant des conditions », a déclaré le pape François. « Il faut se détacher de certains liens pour pouvoir en embrasser véritablement d’autres ; ou tu es bien avec Dieu  ou tu es bien avec le diable. (…) Il faut couper des ponts, en les laissant derrière soi, pour emprunter la voie nouvelle qu’est le Christ. »

Le pape François s’est arrêté sur les rites centraux du sacrement du baptême.

Le baptême est « un choix responsable qui exige d’être traduit en gestes concrets de confiance en Dieu », a poursuivi le pape. « L’acte de foi suppose un engagement que le baptême aidera à maintenir avec persévérance dans les diverses situations et épreuves de la vie. » Et, a-t-il conclu, « la présence de l’Esprit-Saint nous donne la force de bien combattre ».

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

Poursuivant la réflexion sur le baptême, je voudrais aujourd’hui m’arrêter sur les rites centraux qui se déroulent devant les fonts baptismaux.

Considérons avant tout l’eau, sur laquelle est invoquée la puissance de l’Esprit afin qu’elle ait la force de régénérer et de renouveler (cf. Jn 3,5 et Tt 3,5). L’eau est matrice de vie et de bien-être, tandis que son absence fait s’éteindre toute fécondité, comme cela se produit dans le désert ; mais l’eau peut aussi être cause de mort, quand elle submerge par ses flots ou quand, en grande quantité, elle renverse tout ; enfin, l’eau a la capacité de laver, de nettoyer et de purifier.

À partir de ce symbolisme naturel, universellement reconnu, la Bible décrit les interventions et les promesses de Dieu à travers le signe de l’eau. Toutefois, le pouvoir de remettre les péchés ne vient pas de l’eau en elle-même, comme l’expliquait saint Ambroise aux nouveaux-baptisés : « Tu as vu l’eau. Cependant toute eau ne guérit pas, mais l’eau qui a la grâce du Christ guérit. […] L’acte s’accomplit avec de l’eau, mais l’efficacité vient de l’Esprit-Saint » (De Sacramentis 1,15).

C’est pourquoi l’Église invoque l’action de l’Esprit sur l’eau « pour que ceux qui recevront en elle le baptême soient ensevelis dans la mort avec le Christ et qu’il ressuscitent avec lui à la vie immortelle » (Rite du baptême des enfants, n.60). La prière de bénédiction dit que Dieu a préparé l’eau « à être le signe du baptême » et rappelle les principales préfigurations bibliques : sur les eaux des origines planait l’Esprit pour qu’elles deviennent germe de vie (cf. Gen 1,1-2) ; l’eau du déluge a marqué la fin du péché et le commencement de la vie nouvelle (cf. Gen 7,6-8,22) ; à travers l’eau de la Mer Rouge, les fils d’Abraham furent libérés de l’esclavage d’Égypte (cf. Ex 14,15-31). En relation avec Jésus, on rappelle le baptême dans le Jourdain (cf. Mt 3,13-17), le sang et l’eau qui ont coulé de son côté (cf. Jn 19,31-37) et la mission donnée aux disciples de baptiser tous les peuples au nom de la Trinité (cf. Mt 28,19).

Forts d’une telle mémoire, on demande à Dieu d’insuffler à l’eau des fonts baptismaux la grâce du Christ mort et ressuscité (cf. Rite du baptême des enfants, n.60). Et ainsi cette eau est transformée en eau qui porte en elle la force de l’Esprit-Saint. Et avec cette eau, pleine de la force de l’Esprit-Saint, nous baptisons les gens, nous baptisons les adultes, les enfants, tout le monde.

Une fois sanctifiée l’eau des fonts, il faut disposer son cœur pour accéder au baptême. Cela se fait avec la renonciation à Satan et la profession de foi, deux actes étroitement liés entre eux. Dans la mesure où je dis « non » aux suggestions du diable – celui qui divise – je suis en mesure de dire « oui » à Dieu qui m’appelle à me conformer à lui dans mes pensées et dans mes œuvres. Le diable divise ; Dieu unit toujours la communauté, les gens en un seul peuple. Il n’est pas possible d’adhérer au Christ en mettant des conditions. Il faut se détacher de certains liens pour pouvoir en embrasser véritablement d’autres ; ou tu es bien avec Dieu  ou tu es bien avec le diable. C’est pourquoi le renoncement et l’acte de foi vont ensemble. Il faut couper des ponts, en les laissant derrière soi, pour emprunter la voie nouvelle qu’est le Christ.

La réponse aux questions : « Renoncez-vous à Satan, à toutes ses œuvres et à toutes ses séductions ? » est formulée à la première personne du singulier : « Je renonce ». Et de la même manière, on professe la foi de l’Église, en disant : « Je crois ». Je renonce et je crois : c’est à la base du baptême. C’est un choix responsable qui exige d’être traduit en gestes concrets de confiance en Dieu. L’acte de foi suppose un engagement que le baptême aidera à maintenir avec persévérance dans les diverses situations et épreuves de la vie. Souvenons-nous de l’ancienne sagesse d’Israël : « Mon fils, si tu viens te mettre au service du Seigneur, prépare-toi à subir l’épreuve » (Sir 2,1), c’est-à-dire prépare-toi au combat. Et la présence de l’Esprit-Saint nous donne la force de bien combattre.

Chers frères et sœurs, lorsque nous mettons la main dans l’eau bénite – en entrant dans une Église, nous touchons l’eau bénite – et que nous faisons le signe de croix, nous pensons avec joie et gratitude au baptême que nous avons reçu – cette eau bénite nous rappelle le baptême – et nous renouvelons notre « Amen », « Je suis content », pour vivre immergés dans l’amour de la Très Sainte Trinité.

 

 

 

Il faut enseigner aux enfants à bien faire le signe de croix

« Dieu appelle chacun par son nom, en nous aimant personnellement, dans le concret de notre histoire », affirme le pape en expliquant pourquoi « dans le rite d’accueil » du baptême, « on demande le nom du candidat ». Le baptême, poursuit-il, « constitue la vocation personnelle à vivre en chrétiens, qui se développera pendant toute la vie. Et il implique une réponse personnelle et non empruntée, avec un “copier-coller”. La vie chrétienne, en effet, est tissée d’une série d’appels et de réponses ».

Le pape a aussi insisté sur l’importance du signe de croix : « La croix est le signe distinctif qui manifeste qui nous sommes : ce que nous disons, ce que nous pensons, regardons, faisons, est sous le signe de la croix, à savoir sous le signe de l’amour de Jésus jusqu’au bout ». Et le pape est revenu sur un point qui lui est cher : « Nos enfants savent-ils bien faire le signe de croix ? Bien souvent, j’ai vu des enfants qui ne savent pas faire le signe de croix (…) Enseigner aux enfants à bien faire le signe de croix ».

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

Nous continuons, en ce temps de Pâques, les catéchèses sur le baptême. La signification du baptême ressort clairement de sa célébration, c’est pourquoi nous lui portons notre attention. En considérant les gestes et les paroles de la liturgie, nous pouvons saisir la grâce et l’engagement de ce sacrement, qui est toujours à redécouvrir. Nous en faisons mémoire dans l’aspersion avec l’eau bénite qui peut se faire le dimanche au début de la messe, ainsi que lors du renouvellement des promesses du baptême pendant la Vigile pascale. En effet, ce qui se produit lors de la célébration du baptême suscite une dynamique spirituelle qui traverse toute la vie des baptisés ; c’est le commencement d’un processus qui permet de vivre unis au Christ dans l’Église. C’est pourquoi, retourner à la source de la vie chrétienne nous fait mieux comprendre le don reçu le jour de notre baptême et renouveler notre engagement à y correspondre dans la condition où, aujourd’hui, nous nous trouvons. Renouveler notre engagement, mieux comprendre ce don qu’est le baptême et nous souvenir du jour de notre baptême. Mercredi dernier, j’ai demandé de faire un devoir à la maison et à chacun de nous, de se souvenir du jour de son baptême, quel jour j’ai été baptisé. Je sais que certains d’entre vous le savent, d’autres non ; ceux qui ne le savent pas, qu’ils le demandent à leurs parents, à ces personnes, aux parrains, aux marraines… qu’ils le demandent : « Quelle est la date de mon baptême ? » Parce que le baptême, c’est une renaissance et c’est comme si c’était le second anniversaire. Compris ? Faire ce devoir à la maison, demander : « Quelle est la date de mon baptême ? »

Avant tout, dans le rite d’accueil, on demande le nom du candidat, parce que le nom indique l’identité d’une personne. Quand nous nous présentons, nous disons tout de suite notre nom : « Je m’appelle ainsi », pour sortir de l’anonymat, l’anonyme est celui qui n’a pas de nom. Pour sortir de l’anonymat, tout de suite nous disons notre nom. Sans nom, on reste des inconnus, sans droits ni devoirs. Dieu appelle chacun par son nom, en nous aimant personnellement, dans le concret de notre histoire. Le baptême constitue la vocation personnelle à vivre en chrétiens, qui se développera pendant toute la vie. Et il implique une réponse personnelle et non empruntée, avec un « copier-coller ». La vie chrétienne, en effet, est tissée d’une série d’appels et de réponses : Dieu continue de prononcer notre nom au cours des années, en faisant résonner de mille manières son appel à devenir conformes à son Fils Jésus. Le nom est donc important ! C’est très important ! Les parents pensent au nom à donner à leur enfant dès avant sa naissance : cela fait aussi partie de l’attente de l’enfant qui, en son nom propre, aura son identité originale, y compris pour la vie chrétienne liée à Dieu.

Certes, devenir chrétien est un don qui vient d’en-haut (cf. Jn 3,2-8). La foi ne peut pas s’acheter, mais demander, oui, et recevoir en don, oui. « Seigneur, offre-moi le don de la foi » est une belle prière ! « Que j’aie la foi » est une belle prière. La demander comme un don, mais on ne peut pas l’acheter, elle se demande. En effet, « le baptême est le sacrement de cette foi avec laquelle les hommes, éclairés par la grâce de l’Esprit-Saint, répondent à l’Évangile du Christ » (Rite du baptême des enfants, Introduction générale, n.3). La formation des catéchumènes et la préparation des parents visent à susciter et à réveiller une foi sincère en réponse à l’Évangile, comme l’écoute de la Parole de Dieu au cours de la célébration du baptême.

Si les catéchumènes adultes manifestent en personnes ce qu’ils désirent recevoir en don de la part de l’Église, les enfants sont présentés par leurs parents, avec les parrains et marraines. Le dialogue avec eux leur permet d’exprimer leur volonté que les petits reçoivent le baptême et de dire à l’Église leur intention de le célébrer. « Le signe de croix, que le célébrant et les parents tracent sur le front de leurs enfants, en est l’expression » (Rite du baptême des enfants, Introd. n.16). « Le signe de croix exprime le sceau du Christ sur celui qui va lui appartenir et signifie la grâce de la rédemption que le Christ nous a acquise par le moyen de sa croix » (Catéchisme de l’Église catholique, 1235).

Au cours de la cérémonie, nous faisons sur les enfants le signe de croix. Mais je voudrais revenir sur une question dont je vous ai parlé. Nos enfants savent-ils bien faire le signe de croix ? Bien souvent, j’ai vu des enfants qui ne savent pas faire le signe de croix. Et vous, papas, mamans, grands-parents, parrains et marraines, vous devez enseigner à bien faire le signe de croix parce que c’est refaire ce qui a été fait au baptême. Avez-vous bien compris ? Enseigner aux enfants à bien faire le signe de croix. S’ils l’apprennent enfants, ils le feront bien ensuite, quand ils seront grands.

La croix est le signe distinctif qui manifeste qui nous sommes : ce que nous disons, ce que nous pensons, regardons, faisons, est sous le signe de la croix, à savoir sous le signe de l’amour de Jésus jusqu’au bout. Les enfants sont marqués sur le front. Les catéchumènes adultes sont marqués aussi sur les sens, par ces paroles : « Recevez le signe de croix sur les oreilles pour écouter la voix du Seigneur », « sur les yeux pour voir la splendeur du visage de Dieu », « sur la bouche pour répondre à la parole de Dieu », « sur la poitrine pour que le Christ habite par le moyen de la foi dans vos cœurs », « sur les épaules pour porter le joug aisé du Christ » (Rite de l’initiation chrétienne des adultes, n.85). On devient chrétien dans la mesure où la croix s’imprime en nous comme une marque « pascale » (cf. Ap 14,1 ; 22,4), en rendant visible, même extérieurement, la manière chrétienne d’aborder la vie. Faire le signe de croix quand nous nous réveillons, avant les repas, devant un danger, pour se défendre contre le mal, le soir avant de dormir, signifie se dire à soi-même et dire aux autres à qui nous appartenons, qui nous voulons être. C’est pourquoi il est si important d’enseigner aux enfants à bien faire le signe de la croix. Et, de même que nous le faisons en entrant dans une Église, nous pouvons le faire aussi à la maison, en conservant dans un petit récipient adapté un peu d’eau bénite – certaines familles le font : ainsi, chaque fois que nous entrons ou sortons, en faisant le signe de croix avec cette eau, nous nous rappelons que nous sommes baptisés. N’oubliez pas, je le redis : enseigner aux enfants à faire le signe de croix.