Chers diocésains,

Chers invités,

C'est la messe d'ouverture du jubilé d'argent de notre diocèse qui nous rassemble en ce jour, dans une ferveur à l'unissons mais aux couleurs de l'arc-en-ciel.

En effet, le peuple de Dieu du diocèse de Yamoussoukro dans toutes ses composantes jubile en ce grand jour; la participation des paroisses à cette célébration en dit long. Que ce jubilé soit donc pour nous tous une année de grâce, une année de bénédictions. Je salue votre mobilisation et les efforts consentis pour l'édification de notre église famille de Dieu qui est à Yamoussoukro.

Oui, l'Apôtre Paul dans sa lettre aux Ephésiens , notre première lecture, nous introduit au coeur de l'église famille de Dieu. Mais de quoi s'agit-il ?

L'être humain, comme Dieu son créateur, se défini toujours par rapport à son appartenance à une communauté avec en premier lieu sa famille biologique. Le dieu Trinité, rappelons-le est communauté. Dieu n'est pas un être solitaire, d'où le caractère sacré des relations familiales particulièrement en terre d'Afrique.

Oui, la famille telle que voulue par Dieu est quelque chose de sacrée. Toutefois, St Paul nous invite aujourd'hui à aller au-delà de notre petite famille biologique fût-elle élargie, car nous sommes membres de la grande famille de Dieu et ce, depuis toujours. Quelle grâce ! Quel bonheur !

Effectivement la parole de Dieu nous saisit quand elle révèle : "Frères, vous n'êtes plus des étrangers, ni des gens de passage. Vous êtes concitoyens des saints, vous êtes membres de la famille de Dieu". Ces frères en Christ d'hier et ceux d'aujourd'hui sont membres de la famille de Dieu car ils ont été intégrés dans la construction qui a pour fondation les apôtres et les prophètes. Et la pierre angulaire d'un tel chef-d'oeuvre c'est le Christ lui-même. Alors en Lui Jésus, que devons-nous faire en cette année jubilaire afin que la construction de notre église diocésaine s'élève harmonieusement pour devenir un temple saint dans le Seigneur ?

Pour rappel, l'église famille de Dieu à bâtir doit s'inspirer du modèle de la Trinité : Dieu Père, Fils et Esprit Saint car ces trois personnes, quoi que distinctes vivent dans l'amour, dans l'unité, la communion, la vérité, la justice, la paix, la bienveillance … aussi devons-nous, à partir de leur exemple, cultiver entre-nous l'amour, l'entente, la communion, la bienveillance, l'unité. Jésus n'a-t-il pas prié pour l'unité des enfants de Dieu : "Que tous soient uns afin que le monde croit que tu m'as envoyé".

Je vous exhorte, à la lumière de la parole de Dieu, à tourner le dos à tout ce qui nous divise ou pourrait nous diviser à savoir l'ethnie, la nationalité, la politique, l'égoïsme, l'amour de l'argent. Nous sommes tous appelés à annoncer dans l'unité Jésus-Christ au monde car c'est Lui qui donne vie.

Oui dans l'évangile de ce jour, St Luc nous le présente au milieu d'un grand nombre de disciples et d'une grande multitudes de gens venus de partout. Qu'est-ce qui peut expliquer la présence d'une telle foule autour de Jésus ? Les raisons sont au nombre de deux. La première, la foule est là avec Jésus et autour de Jésus pour l'entendre, pour l'écouter parce que Jésus est le Méssie Sauveur ; car sa parole donne vie, la santé de l'âme ou la santé spirituelle. La deuxième raison de la présence de la foule autour de Jésus : la foule est là, la multitude est là pour chercher la guérison, pour chercher la santé, la santé du corps ou la santé physique ; chose que l'organisation mondiale de la santé et les industries pharmaceutiques ont du mal à garantir à tous les habitants de la planète.

Chers diocésains, oeuvrons dans le sens du salut intégral en Jésus-Christ. Concrètement, la parole de Dieu, qui a été annoncée hier, par nos devanciers, à qui je rend un vibrant hommage (je salue la présence de notre vieux, le Père Jean Chardin) ; cette parole doit être encore annoncée aujourd'hui, la parole doit être annoncée demain et doit être annoncée toujours dans ce diocèse. Je voudrais donc au nom de l'église du Christ, compter sur l'engagement missionnaire, pastoral et liturgique de tout un chacun de vous sans oublier le défi de la triple autonomie. Mais c'est dans la mesure où nous vivons dans l'unité et la paix que le monde peut croire en Jésus, l'Envoyé de Dieu le Père. Malheureusement, beaucoup de chrétiens restent encore ou vivent encore dans les divisions, dans les querelles; malheureusement, la Côte D'Ivoire notre mère patrie souffre en voyant encore ses enfants divisés, appeurés, craintifs et résignés.

Mes chers diocésains, notre pays a besoin de reconciliation.

Oui, c'est de réconciliation que nous avons prioritairement et urgemment besoin.

En effet, les tentatives de pseudo-reconciliation ont accouché d'une souris. D'où la violence verbale et médiatique à laquelle s'adonnent encore bon nombre de nos concitoyens. Les coeurs restent encore meurtris et chargés de rancoeurs, de haine et d'esprit de vengeance.

L'ivoirien est-il prêt à s'engager sur la voie de la paix par la réconciliation vraie en lieu et place de la paix par les armes, de la paix par les fusils ? Oui, c'est possible, c'est bien possible mais à la seule condition que tous désirent la paix et que la justice dans notre pays ne soit plus sélective.

La célébration des 25 ans de notre diocèse doit être pour nous, un temps favorable ponctué de prières, de recueillements, de reflexions, d'évaluations, d'auto-critique, un temps d'engagement, un temps de bilan, de célébrations liturgiques, d'enseignements, de pèlerinages, d'émissions radio. Et ce nouveau souffle, seul l'Esprit de Saint peut nous le donner.

Bâtissons ce diocèse, notre héritage commun, dans la paix véritable et l'amour sans hypocrisie. Que par l'intercession de la Vierge Marie, Notre Dame de la Paix et de St Augustin le patron de notre diocèse, notre pays retrouve la paix par la réconciliation, maintenant et toujours.

Amen !